Mark Zuckerberg défend Libra devant le Congrès américain

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Mark Zuckerberg a témoigné face au Comité des services financiers de la Chambre le mercredi 23 octobre. Le CEO de Facebook était convoqué pour répondre aux questions des législateurs concernant le projet de stablecoin de Facebook, Libra. 

En plus des questions concernant Libra, Mark Zuckerberg a également été interrogé sur d’autres aspects du premier réseau social mondial. L’audition de M. Zuckerberg a d’ailleurs par moment plus ressemblé à une large revue des pratiques de Facebook que du seul projet Libra. Les législateurs ont abordé diverses problématiques, parmi lesquelles celles de l’ingérence électorale, de la liberté de parole, des fake news ainsi que de la protection des données.

Facebook pourrait quitter Libra

L’élu républicain du Missouri Blaine Luetkemeyer s’est interrogé sur la réaction de Facebook dans le cas où les régulateurs américains demanderaient à Facebook de l’interrompre. La réponse de M. Zuckerberg a eu le mérite d’être très claire : il a estimé que dans un pareil cas, “si Facebook ne doit pas en faire partie, alors Facebook n’en fera pas partie”. Pour autant, il s’est attaché à rappeler que Facebook n’était pas l’Association Libra, laquelle était indépendante et serait à même de se lancer malgré tout, de son côté.

Concernant les différents partenaires ayant quitté Libra, tels que MasterCard, Visa ou PayPal, Mark Zuckerberg a déclaré que ces entreprises avaient jugé le “projet [trop] risqué”.

Utilisation anonyme

Durant l’audition, les législateurs ont abordé leurs craintes de voir le wallet Calibra utilisé de manière anonyme. À cette question, Mark Zuckerberg a répondu que le wallet ne pourrait être utilisé sans identification préalable.

“Nous voyons toute une gamme de cryptomonnaies. Nous essayons de construire une solution de rechange sûre, sécuritaire et réglementée. En tant que grande entreprise, nous n’allons pas faire quelque chose qui est décentralisé ou non réglementé. Nous voulons appliquer les mêmes normes concernant le blanchiment d’argent et la lutte contre le financement du terrorisme.”

Zuckerberg a également rappelé que Calibra ainsi que l’Association Libra sont prêts à travailler avec tous les régulateurs pour s’assurer du respect des règles en vigueur en matière financière. Notons donc qu’il est donc désormais officiellement reconnu que Libra ne visera pas une quelconque décentralisation, même si l’inverse eut été étonnant.

Mais, le dollar ?

Une des autres principales interrogations des représentants américains a concerné le statut de monnaie de réserve du dollar, qui pourrait se voir menacé par l’introduction d’un stablecoin tel que la libra.

La question de savoir comment seraient décidées les variations de composition du panier de réserve de la libra était donc centrale. M. Luetkemeyer a par exemple questionné M. Zuckerberg sur la réaction de l’Association Libra à un contexte économique qui rendrait attractif l’ajout du yuan au panier de réserve, au détriment du dollar. Mark Zuckerberg a estimé qu’il serait raisonnable d’envisager “des restrictions en terme de composition du panier de réserve, de telle sorte que le dollar y reste majoritaire”.

Pour autant, le PDG de Facebook a tenu à préciser que “l’objectif de la Libra [serait] d’abord de construire un système de paiement mondial, plus qu’une monnaie”.

Une réception mitigée

Les différentes et différents élus ont été pour le moins vindicatifs face au représentant de l’ogre Facebook. Le ton était de toute façon donné dès l’ouverture des débats, lorsque Maxine Waters, présidente de la commission des services financiers de la Chambre des représentants des États-Unis, a estimé que “Facebook devrait sans doute d’abord régler les multiples [problèmes] auxquels il est associé avant de se lancer [dans l’émission de la libra].”

La palme de l’intervention la plus virulente revient incontestablement au représentant démocrate de Californie Brad Sherman. L’élu a profité des cinq minutes qui lui étaient accordées pour fustiger les cryptomonnaies dans leur ensemble, et la libra en particulier. Il s’est attaché à présenter le dollar comme une “excellente monnaie”, tandis qu’à contratio la libra serait utilisée pour “financer le terrorisme” et n’aurait “aucune utilité pour aider les populations non-bancarisées”. L’élu s’est également demandé “combien de morts” une adoption de la libra pourrait causer, dans la juste résonance de propos qu’il avait tenus en juillet dernier où il jugeait que la libra ferait “plus de morts que le 11 septembre”.

Certains membres du congrès ont tout de même rappelé qu’il était important d’encourager l’innovation. C’est le cas de Timothy McHenry, qui a déclaré :

“Ne vous méprenez pas, pour ceux d’entre nous qui sont ici en tant que décideurs politiques, nous devrions avoir une compréhension commune que l’innovation arrive, avec nous ou sans nous.”

Les déboires réglementaires de Libra sont loin d’être terminés. Plus qu’une discussion à proprement parler sur Libra, cette audition aura ressemblé à un procès parfois brouillon tant de Facebook que des cryptomonnaies en général. M. Zuckerberg n’est clairement pas au bout de ses peines.

Renaud H.
Étudiant ingénieur en software et en systèmes distribués, crypto-enthousiaste depuis 2013. Touche à tout, entre mining et développement, je cherche toujours à en apprendre plus sur l’univers des cryptomonnaies et à partager le fruit de mes recherches à travers mes articles.

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