Libra : Facebook ne lancera pas sa cryptomonnaie sans accord du législateur US

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La cryptomonnaie de Facebook, la Libra, peine à trouver une traction quelconque face à des régulateurs avertis et qui craignent pour la souveraineté de leurs Etats respectifs. Mark Zuckerberg doit témoigner aujourd’hui devant le Sénat américain pour répondre aux questions que soulève son projet de stablecoin.

Ces déclarations sont issues d’une transcription des propos préparatoires à l’audition de Mark Zuckerberg, prévue aujourd’hui devant le Sénat américain. Cette transcription a été transmise à la chambre financière compétente avant l’audition en question. M. Zuckerberg y défendra son projet de cryptomonnaie fédérative.

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Selon le document transmis au Sénat, Mark Zuckerberg tenterait d’adopter une attitude de conciliation vis-à-vis des législateurs. Ainsi, selon lui, Facebook ne lancera pas la libra sans un contexte réglementaire apaisé.

“Nous voulons être clairs : [Facebook ne soutiendra pas] un lancement mondial du système de paiement Libra tant que toutes les inquiétudes des régulateurs américains n’auront pas trouvé de réponse satisfaisante.”, témoignage de Mark Zuckerberg.

Il y a tout de même une nuance, à nos yeux : dire que Facebook ne lancera pas la libra sans feu vert ne signifie pas que la libra ne sera pas lancée – possiblement par un autre acteur – même en contexte difficile.

Chacun ses données

M. Zuckerberg abordera visiblement également le sujet épineux de la gestion des données personnelles, notamment des responsabilités partagées en Facebook, l’Association Libra et sa filiale Calibra chargée de gérer ces flux financiers.

“Nous avons créé Calibra en tant que filiale réglementée, de sorte a créer une séparation claire entre les données sociales de Facebook et les données financières de Calibra. Calibra ne partagera pas les informations de compte ou les données financières des clients avec Facebook.”

Cette prise de position de M. Zuckerberg est également l’occasion de rappeler l’engagement de Facebook en matière de protection des données financières de ses utilisateurs, données qui ne seraient supposément ni vendues ni partagées avec des tiers. 

Souveraineté monétaire

Nombreux sont les pays à avoir exprimé leur crainte de voir leur souveraineté monétaire mise en danger. C’est notamment le cas de la France, dont le ministre des finances Bruno Le Maire avait déclaré :

« Je ne peux accepter que la politique monétaire, l’un des outils les plus puissants d’un État souverain, relève de la compétence d’entités non soumises au contrôle démocratique »Bruno Le Maire.

À ce sujet, Mark Zuckerberg prévoit de se défendre de toute visée belliqueuse vis-à-vis de la souveraineté des Etats :

“Il ne s’agit pas d’une tentative de créer une monnaie souveraine. Tout comme les autres systèmes de paiement en ligne existants, ils ne sont qu’une façon pour les gens de transférer de l’argent.”

Il va maintenant falloir attendre l’audience de Mark Zuckerberg face au Congrès américain pour savoir si ses arguments sauront convaincre les régulateurs. S’ils ne suffisaient pas, il semblerait que M. Zuckerberg ait plus d’un tour dans son sac : il pourrait présenter la libra comme un outil au service de la force de frappe monétaire du dollar, puisque son panier de réserve serait “majoritairement soutenu par du dollar”.

Renaud H.
Étudiant ingénieur en software et en systèmes distribués, crypto-enthousiaste depuis 2013. Touche à tout, entre mining et développement, je cherche toujours à en apprendre plus sur l’univers des cryptomonnaies et à partager le fruit de mes recherches à travers mes articles.

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