Qu’est-ce qu’un stablecoin ?

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Les stablecoins ne cessent de faire parler d’eux, que ce soit en bien ou en mal, il est impossible de passer à côté de ce type de cryptomonnaie en fréquentant la cryptosphère. Devenus indispensables pour les traders mais encore source de perplexité pour les régulateurs, nous allons tout vous dire sur les stablecoins.

Qu’est-ce qu’un stablecoin ?

Par définition, un stablecoin est un type de cryptomonnaie dont la valeur est stable, car basée sur celle d’un autre actif.

Les actifs sous-jacents des stablecoins sont divers. Classiquement, la plupart sont adossés à une monnaie fiduciaire comme le dollar, l’euro ou le yen. D’autres, plus exotiques, se basent sur des matières premières, des commodités ou encore sur la valeur d’autres cryptomonnaies.

Les stablecoins cherchent à résoudre divers problèmes rencontrés dans la cryptosphère :

  • Réduire la volatilité : comme ces jetons suivent la valeur d’autres actifs, ils sont théoriquement plus stables que les autres cryptomonnaies (d’où leur nom stablecoin). Ils peuvent aussi servir dans certains cas particuliers, par exemple à certains traders pour se protéger des mouvements du marché.
  • Réduire les frais de conversion : ils permettent d’éviter la conversion de crypto vers monnaie fiduciaire parfois coûteuse, pour lui préférer des conversions crypto/crypto engendrant moins de frais.
  • Réduire la taxation : comme il n’y a pas de conversion vers une monnaie fiduciaire, les stablecoins peuvent – selon les pays – permettre d’éviter certaines taxations. Pour un particulier non professionnel en France, les transactions crypto/crypto ne sont pas taxées.

Parmi les stablecoins les plus connus, nous pouvons citer Tether (USDT), l’USD Coin de Circle (USDC), TrueUSD (TUSD) ou encore le stablecoin de MakerDao (DAI).

La demande pour les stablecoins est croissante. Une étude réalisée par Binance montre qu’en une année, les stablecoins ont progressé pour représenter progressivement plus de 60 % du volume total enregistré sur sa plateforme de trading.

Cette évolution est également observable au niveau des volumes échangés : Tether a par exemple connu un pic de volume à 42 milliards de dollars le 27 juin 2019 et au moment de la rédaction n’est pas redescendue en dessous des 10 milliards de dollars échangés quotidiennement.

Comment fonctionne un stablecoin ?

Il existe plusieurs façons de tenter de stabiliser la valeur d’un stablecoin, de manière à ce qu’il puisse garder une valeur constante dans le temps. Le choix de la méthode dépend de la volonté derrière le projet. Chaque méthode présente des avantages et inconvénients en termes de risques et de décentralisation.

Le plus courant est le stablecoin adossé à une monnaie fiduciaire comme l’euro ou le dollar. Dans le cas d’un stablecoin adossé sur le dollar, pour chaque pièce émise l’émetteur dit détenir 1 $ correspondant sur un compte en banque. Cela doit permettre d’assurer que l’entreprise est en mesure d’échanger la monnaie classique correspondante contre des stablecoins, et inversement. Certains projets prévoient ainsi de reposer sur un panier de plusieurs monnaies fiduciaires classiques.

De manière assez similaire, les stablecoins adossés à des matières premières – comme l’or ou encore le pétrole – reposent sur les mêmes principes de fonctionnement : chaque jeton est censé être soutenu par une unité donnée réelle correspondante.

Viennent ensuite les stablecoins dont la valeur est adossée à d’autres cryptomonnaies. Dans ce cas cependant, il est plus compliqué d’assurer la stabilité. Pour y parvenir, une majorité de projets décentralisés utilise une technique de surdimensionnement des réserves. Ainsi, pour chaque stablecoin émis, le collatéral fourni doit dépasser la valeur équivalente en cryptomonnaie, allant parfois jusqu’au double. De cette manière la réserve de crypto est en capacité d’absorber les fluctuations du marché. D’autres projets préfèrent utiliser un panier de plusieurs cryptomonnaies comme collatéral afin de minimiser les fluctuations par la diversification.

Pour finir, nous retrouvons les stablecoins sans collatéral. Dans ce cas, c’est un smart contract qui a la charge de gérer la production monétaire pour assurer que la valeur du stablecoin reste stable. En pratique, le smart contract va racheter des cryptomonnaies en circulation quand le prix est trop bas et en émettre des nouveaux lorsque le prix est trop haut. Certains de ces projets n’ont pas connu de fin heureuse du fait de difficultés liées à la régulation : le défunt projet Basis devait ainsi reposer sur un système de trois jetons (l’un stable, et deux autres servant à équilibrer le prix sur des marchés secondaires).

Qui émet les stablecoins ?

Jusqu’ici le marché des stablecoins a vu entrer en jeu des acteurs de tous horizons.

D’une part existent les initiatives lancées par des entreprises privées. C’est le cas du JPM Coin émis par la banque JP Morgan, qui a pour objectif d’accélérer les transactions réalisé à l’international, se présentant comme un concurrent au système SWIFT actuellement utilisé. L’actualité florissante a également fait entrer le projet Libra dans les discussions du quotidien, ce stablecoin développé par Facebook devant être adossé à un panier de monnaies fiduciaires (dollar, euro, yen, livre sterling et dollars de Singapour).

Jusqu’à présent les stablecoins utilisés proviennent majoritairement des initiatives d’entreprises issues de l’industrie crypto, comme la création du BUSD par Binance ou de l’USD Coin de Coinbase et Circle.

Cependant ces stablecoins émis par le privé entrent peu en résonance avec certains idéaux de décentralisation étroitement liés aux cryptomonnaies. Pour pallier à ce problème, des stablecoins visant une plus grande décentralisation mais conservant leur indexation sur le dollar ont vu le jour. Nous pouvons citer le projet MakerDAO qui utilise un système de “positions de dettes collatéralisées” pour assurer que la valeur du jeton DAI reste stable.

Enfin nous voyons depuis peu se multiplier les projets étatiques de cryptomonnaies. Plusieurs raisons poussent les États à se tourner vers la création d’une cryptomonnaie étatique, certains souhaitent tirer parti des avantages qu’offrent ces dernières comme c’est le cas pour la Chine ou les États Unis. D’autres craignent de voir leur souveraineté monétaire challengée par des entreprises du privé, comme l’ont exprimé certains représentants des gouvernements de l’Allemagne ou de la France. A l’échelle supranationale, l’Europe réfléchit aussi à une forme d’euro tokénisé.

Controverses autour des stablecoins

Depuis leur apparition, les stablecoins ont souvent été au cœur de la tourmente. Cela est d’autant plus vrai dans le cas du stablecoin le plus connu : Tether. Le stablecoin avait été accusé d’être à l’origine de larges manipulations du marché de Bitcoin, notamment à l’époque de la bulle spéculative de 2017. D’autres études plus récentes sont cependant venues nuancer ce point de vue.

L’autre problème rencontré par les stablecoins centralisés reposant sur des réserves fiduciaires est tout simplement l’existence (ou non) de ces réserves : Tether a été obligé de mettre à jour ses conditions d’utilisation, pour annoncer ne pas détenir exactement un dollar réel pour chaque USDT émis, mais plutôt l’équivalent d’un dollar sous la forme de divers produits financiers. Les quelques affaires ci-dessus démontrent le principal problème rencontré par les stablecoins, notamment centralisés : le manque de transparence.

La décentralisation dans tout ça ?

Qui dit cryptomonnaie dit décentralisation, malheureusement les stablecoins ne sont pas les meilleurs élèves dans le domaine.

La majorité sont des stablecoins adossés à une monnaie fiduciaire dont le collatéral est stocké dans des comptes en banque. De ce fait, ces stablecoins sont étroitement liés au système bancaire et sont dépendants d’une infrastructure centralisée gestionnaire et de ses règles.

Heureusement, il existe des alternatives visant une plus grande décentralisation comme le DAI de MakerDAO qui fonctionnent sur Ethereum et dont les règles sont fixées par la communauté à travers un système de gouvernance décentralisée.

Comme toujours dans l’univers des cryptomonnaies, tout est une question d’objectif et d’équilibre. Les stablecoins comme Tether sont plus centralisés, mais en contrepartie leur utilisation semble plus simple et directe ; tandis qu’à l’inverse, MakerDAO paraît plus décentralisé, mais au prix d’une plus grande complexité. C’est en fonction de cet équilibre et de votre positionnement personnel que vous choisirez l’un plutôt que l’autre, mais aussi en fonction de votre utilisation (ou non) des services liées à la finance décentralisée (DeFi).

Renaud H.
Étudiant ingénieur en software et en systèmes distribués, crypto-enthousiaste depuis 2013. Touche à tout, entre mining et développement, je cherche toujours à en apprendre plus sur l’univers des cryptomonnaies et à partager le fruit de mes recherches à travers mes articles.

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