Facebook : Zuckerberg savait que le lancement de Libra serait « difficile »

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Des discussions internes à Facebook ont fuité cette semaine, rendant compte d’échanges sans filtre entre Mark Zuckerberg et ses employés. S’il est possible d’avoir ainsi une idée de la perception réelle du géant californien s’agissant des menaces qui pèsent sur lui, le projet Libra a également été largement évoqué.

Si Zuckerberg semble affirmer qu’il savait très tôt que le chemin serait semé d’embûches, cela ne l’empêche pas de rester déterminé sur l’aboutissement du projet de stablecoin du réseau social. 

Facebook et le ZuckerLeak

C’est un peu la boulette de la semaine dans une phase de communication déjà peu évidente. Des conversations entre Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, et certain de ses employés ont fuité (on dit leaké pour faire cool) et leur transcription a été reprise dans la presse.

Alors ? ça fait quoi de perdre le contrôle de ses data ?

Et que nous apprennent ces indiscrétions ? Sans surprise, d’abord que la régulation, « ça craint ». Mais surtout, que dans le cadre des menaces de démantèlement qui planent sur l’empire, même si « ça l’ennuierait de poursuivre son propre gouvernement », Mark n’a pas d’état d’âme : « Si votre existence est menacée, vous devez envoyer votre adversaire au tapis ».

Des sorties bien loin des discours d’apaisement habituellement calibrés par des agences de communication, et qui ont particulièrement fait plaisir à Elisabeth Warren, la parlementaire américaine qui mène la fronde contre le géant social.

« Ce qui “craint” vraiment, c’est que nous ne corrigeons pas un système corrompu qui permet à des entreprises géantes comme Facebook de se livrer à des pratiques anticoncurrentielles illégales, de bafouer le droit à la vie privée des consommateurs et de ne pas prendre leur responsabilité d’agissant de protéger notre démocratie. » Elisabeth Warren.

Libra compliqué ? Vous verrez quand on parlera chirurgie du cerveau !

Sur ces bandes, le patron de Facebook évoque également son projet de cryptomonnaie Libra et – comme pour le reste – il ne se dit pas inquiet. Selon lui, les discussions avec les régulateurs se révéleraient en réalité beaucoup plus apaisées que la dramatisation des auditions publiques ne le laissent supposer.

Pour autant, Zuckerberg convient que la phase de discussion pourrait se révéler plus longue que prévu, ajoutant avoir anticipé « dès juillet » ces difficultés.

« Nous voulons nous assurer que tout est sécurisé. Nous comprenons qu’il y a de vrais problèmes. La finance est un espace très fortement réglementé. Il y a beaucoup de questions importantes à régler pour prévenir le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et des gens avec lesquels les différents gouvernements disent qu’on ne peut pas faire affaire. Il y a beaucoup d’exigences pour savoir qui sont vos clients. »

S’agissant du lancement, après avoir lui même récemment reconnu à demi-mot des difficultés possibles pour un lancement en 2020, l’échéance de « la fin de l’année » est bizarrement évoquée, ainsi que des tests en cours « en Inde et au Mexique ».

Quoi qu’il en soit, Mark Zuckerberg semble convaincu que la Libra finira par sortir. Il en profite d’ailleurs pour nous laisser entrevoir un avenir des plus sympathiques en plaisantant sur le fait que le monde n’aurait encore rien vu :

« Vous trouvez que Libra est difficile à lancer ? Attendez qu’il faille expliquer au Congrès que Facebook compte se lancer dans la chirurgie du cerveau ! »

Une bien bonne boutade. Sauf que Mark ne plaisante pas et fait de manière très concrète référence aux recherches de l’entreprise s’agissant de la connexion neuronale homme-machine, désignée comme l’un des prochains continents à explorer. L’acquisition récente de CTRL-Lab, une start-up spécialisée sur le sujet s’inscrit clairement dans cette dynamique.

Difficile de déterminer jusqu’à quel point la confiance de Mark Zuckerberg face à ses collaborateurs est feinte concernant les chances de lancement de la Libra.  En revanche, ce qui semble évident, c’est bien que les ambitions de Facebook se projettent déjà sur l’après-demain d’un monde où le géant du numérique aimerait se voir lié à ses utilisateurs de manière infiniment plus intime qu’aujourd’hui. Facebook, un ami qui vous veut du bien ?

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