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Espagne : un sac de granulés fait tomber un réseau crypto franco-espagnol

Le crime parfait, version granulés. Sept escrocs ont ratissé l’Espagne et la France avec de faux sites marchands, puis fait disparaître l’argent dans la crypto. Ils ont trébuché sur un seul client galicien, un sac de pellets et une plainte déposée dans une petite caserne de la Guardia Civil. L’affaire reste bien plus modeste que la fraude crypto à 460 millions d’euros démantelée par la police nationale espagnole. Pourtant, elle s’est dénouée de la même manière, en suivant les wallets.

Les points clés de cet article :

  • Un habitant de Ponteareas (Pontevedra) porte plainte en janvier pour une commande de granulés de chauffage payée par virement et jamais arrivée
  • Neuf mois d’enquête plus tard, la Guardia Civil identifie sept membres d’un réseau de faux sites de vente en ligne, six résidant en Espagne et un ressortissant français
  • Les paiements des acheteurs filaient vers des comptes contrôlés par la bande, puis étaient convertis en cryptoactifs pour brouiller la piste
  • Les ramifications touchent plusieurs provinces espagnoles et la France, sans montant total communiqué le 22 octobre

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Des pellets fantômes à Ponteareas et une plainte qui remonte loin

Imaginez la scène. Nous sommes en janvier et la Galice est sous la pluie. Un habitant de Ponteareas cherche à remplir son silo avant la fin de l’hiver. Il trouve un site qui vend des granulés de chauffage à prix doux, règle par virement et attend le camion. Le camion ne viendra jamais, et le site non plus d’ailleurs.

Alors il fait ce que beaucoup ne font pas pour quelques centaines d’euros, il va au poste. La plainte atterrit à la caserne de la Guardia Civil de Ponteareas, une commune de quelque 23 000 habitants. Personne n’imagine encore que le dossier va traverser les Pyrénées.

Car la boutique fantôme n’était qu’une vitrine parmi d’autres. Les enquêteurs décrivent une galaxie de sites web frauduleux qui encaissaient des paiements d’acheteurs un peu partout. Moncloa.com a relayé ces éléments le 22 octobre. Même modus operandi à chaque fois. Un virement part et le vendeur s’évapore avec un produit qui n’a jamais existé.

Le classique a aussi ses saisons en France. La DGCCRF et l’UFC-Que Choisir alertent régulièrement sur les faux sites de bûches et de pellets qui fleurissent dès que le thermomètre descend. Qu’on en juge : une palette bradée de 30 % sur un site créé le mois dernier, voilà en général le prix d’un virement perdu.

Le blanchiment crypto n’a pas effacé la trace

Côté caisse, le réseau avait un plan. L’argent des victimes arrivait sur des comptes bancaires contrôlés par la bande, puis repartait aussitôt vers des cryptoactifs, « pour compliquer la traçabilité » selon la formule des enquêteurs. L’idée était de convertir les euros volés en jetons, de les faire tourner, puis de les ressortir ailleurs. Sur le papier, c’est le lavage à froid idéal.

Mais une blockchain, c’est un grand livre de comptes public que personne ne peut raturer. Chaque transfert y reste gravé, consultable par n’importe quel enquêteur équipé d’un outil d’analyse de chaîne. Les forces de l’ordre espagnoles ont l’habitude des surprises crypto, à l’image de ces policiers catalans tombés sur des mineurs de cryptos à la place de plants de cannabis lors d’une perquisition. Cette fois, la Guardia Civil a suivi les euros du Galicien jusqu’aux wallets.

Résultat au 22 octobre : sept personnes identifiées, six installées en Espagne et un Français, avec des ramifications dans plusieurs provinces et de l’autre côté de la frontière. La Guardia Civil ne livre ni noms ni montant global, et le chiffre manque cruellement. Elle ne détaille pas non plus la partie française du dossier.

Pour ne pas grossir la liste des prochaines victimes, trois réflexes suffisent. D’abord, vérifiez l’existence légale du vendeur et son numéro d’immatriculation. Ensuite, payez par carte plutôt que par virement, qui n’ouvre aucun recours. Enfin, fuyez le pellet à prix cassé sur un site né le mois dernier. Les blanchisseurs changent de méthode, pas les enquêteurs. En Pologne, la police a ainsi arrêté neuf personnes qui avaient recyclé 337 millions de zlotys d’arnaques crypto en faux lingots d’or, là encore à partir d’une poignée de plaintes.

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Magali

Tombée dans le terrier du lapin blanc en 2017, je suis passée de lectrice assidue à Rédactrice en chef du Journal du Coin. J’aime m'investir dans les coulisses de projets pour porter ma vision d'un futur décentralisé. Amoureuse des belles lettres, je coordonne nos équipes pour transformer la complexité technique en une information humaine, précise et sans jargon inutile. Entre entrepreneuriat et rédaction, ma mission est claire : vulgariser demain, mais le faire aujourd'hui.

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