Crypto : La Russie restreint les wallets personnels, mais préserve les paiements internationaux
Deux usages, deux traitements. Les restrictions russes sur les portefeuilles crypto non-dépositaires ne concernent pas les règlements internationaux, a déclaré Vladimir Chistioukhine, premier vice-président de la Banque de Russie, le 29 octobre. Selon ses propos rapportés par TASS, l’institution écarte en revanche leur utilisation directe pour l’investissement dans le cadre réglementé russe, au nom de la lutte contre le blanchiment et du contrôle des opérations.
Points clés
- La Banque de Russie confirme une exception pour l’utilisation des portefeuilles non-dépositaires dans les règlements internationaux.
- Les restrictions visent leur utilisation directe pour l’investissement, sans équivaloir à une confiscation des clés privées.
- Un transfert vers un dépositaire étranger, puis vers un portefeuille personnel, reste possible selon le responsable.
- Le rouble numérique se déploie parallèlement, mais son utilisation reste volontaire pour les particuliers.
La Russie encadre l’accès aux portefeuilles personnels
Un portefeuille non dépositaire, ou non-custodial, permet à l’utilisateur de contrôler ses clés privées sans en confier la garde à une plateforme. À l’inverse, un service dépositaire conserve ces éléments pour le compte de ses clients et intervient dans l’exécution de leurs opérations.
Vladimir Chistioukhine indique que l’utilisation de portefeuilles personnels par les investisseurs russes a fait l’objet de discussions lors de la préparation du texte. Les autorités ont finalement écarté leur usage direct pour investir, en invoquant notamment la prévention du blanchiment et le maintien du contrôle étatique.
La mesure concerne donc les modalités d’accès à ces portefeuilles depuis l’infrastructure encadrée par la Russie. Elle ne signifie pas que la banque centrale récupère les clés privées déjà détenues par les utilisateurs.
Le responsable précise d’ailleurs qu’un transfert depuis un portefeuille dépositaire russe vers un portefeuille dépositaire étranger reste possible. Les fonds peuvent ensuite rejoindre un portefeuille non-dépositaire. Cette possibilité distingue nettement le dispositif d’une interdiction générale de conserver soi-même ses cryptomonnaies.
La réglementation privilégie ainsi les intermédiaires identifiés aux points d’entrée et de sortie du système russe. Le 29 octobre, la Banque de Russie a également annoncé l’inscription de la première organisation d’autorégulation regroupant les dépositaires numériques et les opérateurs de change de cryptomonnaies.

Les règlements internationaux bénéficient d’une exception
Pour les paiements transfrontaliers, la position est explicite : l’utilisation des portefeuilles non-dépositaires est autorisée, affirme Vladimir Chistioukhine. La banque centrale distingue donc l’investissement des résidents et les opérations de règlement international.
Cette distinction laisse aux acteurs concernés davantage de latitude pour organiser leurs paiements. Elle ne permet toutefois pas de conclure que toute opération internationale échappe aux autres obligations réglementaires, ni que tous les investisseurs disposent du même accès direct aux portefeuilles personnels.
En parallèle, Moscou développe le rouble numérique, une autre forme de monnaie qui repose sur la plateforme de la Banque de Russie. Depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, les plus grandes banques doivent en permettre l’utilisation. L’obligation d’acceptation concerne également leurs entreprises clientes réalisant plus de 120 millions de roubles de chiffre d’affaires annuel, sous réserve des exceptions prévues.
Ce dispositif ne constitue pas pour autant un remplacement obligatoire des portefeuilles crypto. La banque centrale précise que les particuliers restent libres d’ouvrir ou non un compte en roubles numériques et de choisir entre les différentes formes de monnaie nationale.
La politique russe organise ainsi des accès différents selon les usages : des intermédiaires encadrés pour l’investissement et une exception pour les règlements internationaux. Le contrôle porte sur les circuits autorisés et leurs opérateurs, sans donner à l’État la maîtrise technique de toutes les clés privées.