MNBC : Le rouble numérique sera lancé le 1ᵉʳ septembre en Russie
Un rouble numérique fin prêt. La Banque centrale de Russie assure que sa monnaie numérique de banque centrale (MNBC) sera déployée à l’échelle nationale dès le 1ᵉʳ septembre. Après plusieurs années d’expérimentation, le projet entre dans une nouvelle phase, même si la population russe reste largement sceptique quant à son utilité.
Points clés
- Le rouble numérique sera déployé à l’échelle nationale le 1er septembre en Russie
- Les 12 banques systémiques et les grands détaillants devront accepter cette MNBC
- Seuls 10 % des Russes actifs accepteraient de percevoir l’intégralité de leur salaire en roubles numériques
- Les transactions seront enregistrées directement par la Banque centrale, qui pourra en retracer l’historique complet
Le rouble numérique prêt pour le 1er septembre
La Banque centrale de Russie a confirmé que toutes les préparations techniques étaient terminées en vue du lancement national du rouble numérique le 1er septembre. À partir de cette date, les 12 banques d’importance systémique du pays devront permettre à leurs clients d’effectuer des transactions en roubles numériques, tandis que les grandes enseignes auront l’obligation d’accepter cette nouvelle forme de paiement.
« Sur le plan technologique, tout est prêt. Nous avons effectué un important travail préparatoire pour cette étape. »
Elvira Nabioullina, gouverneure de la Banque centrale de Russie – Source : The Moscow Times
La plateforme serait donc opérationnelle, même si un détail intrigue tout de même. La Banque centrale a récemment retiré de son site la liste des établissements connectés à son infrastructure numérique, laissant ainsi planer le doute sur les banques réellement raccordées au système.

Russie : Un accueil glacial du public concernant cette MNBC
Malgré les efforts des autorités, l’engouement pour le rouble numérique peine à décoller. Selon un sondage de VTsIOM, la majorité des Russes ne voient pas l’utilité d’une troisième forme de monnaie aux côtés des espèces et des dépôts bancaires. Une enquête de SuperJob va dans le même sens : seuls 10 % des actifs se disent prêts à toucher leur salaire en roubles numériques.
La Banque centrale, elle, avance plusieurs arguments. Contrairement aux espèces ou aux dépôts classiques, les roubles numériques sont émis directement par l’institution et conservés dans des portefeuilles numériques hébergés sur sa plateforme. De quoi tracer l’historique complet des transactions et resserrer le contrôle sur les dépenses publiques.
Cette traçabilité intégrale, vantée comme un atout par Moscou, ressemble surtout à l’exact opposé de ce que recherchent les utilisateurs de cryptomonnaies. Là où le Bitcoin repose sur l’autonomie de chacun face à ses fonds, la MNBC russe place chaque paiement sous l’œil de la banque centrale.
La Banque centrale prévoit malgré tout de poursuivre le développement de sa plateforme après le lancement, notamment pour autoriser les banques commerciales à ouvrir des portefeuilles numériques pour leurs clients. Reste que 90 % des actifs russes refusent pour l’instant d’y voir passer leur salaire, un obstacle bien plus concret que les questions techniques déjà réglées. Comme quoi, de Moscou à Washington en passant par Paris, les populations ne s’emballent pas vraiment pour ces cryptos d’État.