Le Kenya met 30 millions de diplômes sur la blockchain Avalanche
Nul n’est censé ignorer la loi, encore faut-il pouvoir prouver ce qu’on sait. Le Conseil national des examens du Kenya (KNEC) a annoncé lundi le placement de plus de 30 millions de dossiers académiques sur le réseau Avalanche. L’objectif affiché ne pourrait pas être plus concret : mettre fin aux milliers de faux diplômes signalés chaque année dans le pays. Employeurs, universités et administrations pourront désormais vérifier un certificat en quelques secondes, sans attendre des semaines de vérifications manuelles.
- Le Kenya a placé plus de 30 millions de dossiers académiques sur le réseau Avalanche pour lutter contre les faux diplômes.
- Ce projet ambitieux vise à garantir l’authenticité des certificats, couvrant des archives remontant jusqu’à 1989.
Un problème vieux comme les diplômes eux-mêmes
Le faux diplôme n’est pas une nouveauté kényane, loin s’en faut, mais son ampleur là-bas justifie une réponse à la hauteur. En effet, le pays recense chaque année des milliers de certificats falsifiés, un phénomène qui mine la confiance des employeurs comme des établissements d’accueil pour les étudiants qui souhaitent poursuivre leurs études à l’étranger.
Le système couvre les certificats du KCPE et du KCSE (les deux grands examens nationaux kényans, équivalents locaux du brevet et du bac), les diplômes universitaires ainsi que les qualifications d’enseignants, avec des dossiers remontant jusqu’à 1989. KNEC vise à terme 35 millions de dossiers vérifiés, un volume qui donne la mesure du chantier entrepris. Le déploiement s’appuie sur un prestataire technologique local, une manière de garder la maîtrise opérationnelle du projet plutôt que de la sous-traiter entièrement à un partenaire étranger.
« Le gouvernement kényan sécurise plus de 30 millions de diplômes universitaires grâce à Avalanche (….) les relevés de notes sont désormais vérifiables et infalsifiables, la plateforme Avalanche assurant la vérification nationale. »
Objectif 30 millions
Techniquement, le principe reste d’une simplicité presque déroutante. Chaque certificat émis est enregistré sur la blockchain sous une forme infalsifiable, consultable instantanément par n’importe quel tiers autorisé, sans passer par un intermédiaire administratif supplémentaire.
Fini le fax du service des diplômes qui met trois semaines à répondre, fini le coup de fil désespéré à un établissement qui a changé de nom entre-temps. Ni KNEC ni Avalanche n’ont pour l’instant précisé combien d’étudiants ou d’employeurs utilisent déjà la plateforme au quotidien, ce qui laisse planer une incertitude sur son adoption réelle à court terme. À l’heure d’écrire ces quelques lignes, plus de 15 millions de diplômes sont déjà ancrés, avec un objectif de 30-35 millions.
L’adoption réelle par les employeurs et les établissements kényans déterminera si le pari tient sur la durée, un détail que ni KNEC ni Avalanche n’ont encore chiffré publiquement. Un employeur sans accès fiable à internet ou méfiant vis-à-vis d’une blockchain continuera, pour l’instant, à demander le tampon en papier. La transition prendra donc plus de temps que l’annonce ne le suggère, mais le Kenya vient de poser, à l’échelle d’un pays entier, un précédent que la lutte mondiale contre la fraude documentaire regardait jusqu’ici surtout à l’échelle d’une université ou d’une entreprise isolée.