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IA et puces : Washington resserre l’étau sur les investissements américains en Chine

Fin de la récré pour le capital-risque américain. Le Trésor des États-Unis a publié jeudi 22 octobre un projet de règle qui interdit ou soumet à déclaration une partie des investissements américains dans l’IA, les semi-conducteurs et quatre autres familles de technologies en Chine, en Russie, en Iran, en Corée du Nord et à Cuba.

Le Congrès avait inscrit le Venezuela dans la loi, le Trésor l’en retire. Le texte arrive aussi quelques jours après un désengagement record des hedge funds sur la tech, mesuré par Goldman Sachs. Les fonds crypto américains sont aussi concernés. Beaucoup misent sur des projets qui mêlent IA et blockchain, et devront désormais vérifier qu’aucune société chinoise ne se cache derrière.

Points clés

  • Six secteurs visés, la biotechnologie s’ajoutant aux cinq prévus par les élus
  • Caracas sort du périmètre, Moscou et Pékin y restent
  • Titres cotés, fonds indiciels et petits tickets de commanditaires épargnés
  • Consultation ouverte jusqu’au 7 décembre avant une version définitive

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Le Trésor place six secteurs d’investissement en Chine sous surveillance

Le projet met en œuvre le COINS Act (Comprehensive Outbound Investment National Security Act), glissé dans la loi de programmation militaire de l’exercice 2026 que Donald Trump a promulguée le 18 décembre 2025. Ce texte grave dans le marbre un programme né d’un décret de Joe Biden en août 2023. Jusqu’ici, il ne visait que la Chine, Hong Kong et Macao. Sa règle d’application, finalisée en 2024, tourne depuis le 2 janvier 2025.

Le Congrès a désigné les semi-conducteurs et la microélectronique, l’IA, les technologies quantiques, le calcul haute performance et les systèmes hypersoniques. Scott Bessent y ajoute la biotechnologie, comme la loi l’y autorise. Le projet rebaptise au passage l’intelligence artificielle « superintelligence », en application d’un décret présidentiel du 29 septembre qui impose ce vocabulaire aux agences fédérales.

La version Trump durcit nettement celle de 2024 sur l’IA. Tout investissement dans une entité d’un pays visé qui développe un tel système devient interdit, et la simple obligation de déclaration disparaît pour ces opérations. Même tour de vis sur les puces. Aux interdictions existantes (logiciels de conception, équipements de fabrication, processeurs avancés) s’ajoutent entre autres les composants durcis aux radiations, les puces photoniques et la mémoire à haute bande passante qui équipe les accélérateurs d’IA.

Dans le communiqué du Trésor, Scott Bessent dit vouloir empêcher « nos adversaires d’utiliser l’investissement américain pour développer des technologies critiques qui menacent la sécurité nationale des États-Unis ».

Fonds de capital-risque et LP en première ligne

La règle s’applique aux citoyens et résidents permanents américains, aux entités de droit américain et à leurs succursales étrangères, à toute personne présente sur le sol des États-Unis et aux sociétés étrangères qu’ils contrôlent. Sont visées les prises de participation, certaines dettes convertibles, les coentreprises, les implantations nouvelles et une partie des engagements de LP (les commanditaires qui confient leur argent à un fonds) dans des véhicules non américains.

Les actions cotées, les fonds communs de placement et les ETF échappent à la règle. Le particulier qui détient un tracker sur les valeurs chinoises peut dormir tranquille. Un LP qui engage 2 millions de dollars ou moins dans un fonds est également exempté. Quant aux opérations qui cumulent 50 000 dollars au plus sur douze mois, elles restent soumises aux interdictions mais échappent à la déclaration.

Personne ne filtre les dossiers en amont. Chaque investisseur doit établir seul si son opération est interdite, à notifier ou hors champ, et Washington ne publiera aucune liste des entreprises étrangères concernées.

Le Trésor a déjà sorti le bâton. Amidi, maison mère de l’accélérateur Plug and Play, a écopé en juillet d’une amende de 200 000 dollars rendue publique le 7 octobre. Son tort ? Ne pas avoir déclaré une participation de 92 478 dollars prise par une filiale dans Noematrix, une start-up chinoise d’IA et de robotique.

Le Venezuela sort de la liste, la Russie y reste

La loi visait le « Venezuela sous le régime de Nicolás Maduro ». Ce régime n’existe plus depuis que Maduro a été capturé et extradé vers les États-Unis le 3 janvier 2026. Caracas ne répond donc plus à la définition de pays préoccupant. Le Trésor prévient que certains investissements liés à des entités vénézuéliennes pourraient encore tomber sous le coup de la loi, sans donner d’exemple.

Moscou reste en revanche dans le viseur. Selon AP, la Russie figure dans le projet quelques jours après que Donald Trump a levé certaines sanctions contre elle à la suite d’un accord sur le diesel avec Vladimir Poutine. La trêve commerciale conclue l’an dernier avec Xi Jinping court jusqu’en janvier.

Les commentaires sont ouverts sur regulations.gov jusqu’au 7 décembre. La loi laisse au Trésor 450 jours après sa promulgation pour boucler ses règlements, soit jusqu’au 13 mars 2027. Les règles de l’ère Biden restent applicables d’ici là, pendant que Donald Trump refuse de ralentir la course à l’IA.

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Magali

Tombée dans le terrier du lapin blanc en 2017, je suis passée de lectrice assidue à Rédactrice en chef du Journal du Coin. J’aime m'investir dans les coulisses de projets pour porter ma vision d'un futur décentralisé. Amoureuse des belles lettres, je coordonne nos équipes pour transformer la complexité technique en une information humaine, précise et sans jargon inutile. Entre entrepreneuriat et rédaction, ma mission est claire : vulgariser demain, mais le faire aujourd'hui.

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