Crypto : X Pay lève 1 million de dollars pour faire payer les agents IA
Un million de dollars pour apprendre aux machines à sortir la carte bleue. La jeune pousse X Pay a levé un million de dollars pour bâtir une couche de paiement destinée aux agents IA et aux API. Le montant ne fera trembler personne, mais le chantier mobilise depuis plus d’un an les équipes produit de Coinbase, Google, Visa et Stripe.
Un agent autonome ne remplit pas de formulaire bancaire et n’attend pas la validation de son propriétaire. Or il appelle parfois une API trois fois dans la seconde. X Pay veut lui permettre de payer chaque requête en stablecoin, à la volée.
Points clés
- X Pay lève un million de dollars pour relier agents autonomes et fournisseurs d’API
- Le principe retenu : un règlement en USDC sur Base déclenché à chaque requête, via le standard x402
- X Pay s’appuie sur le x402 de Coinbase, face à l’AP2 de Google, Visa, Mastercard et Stripe
- Les 0,30 dollar de frais fixes par débit carte interdisent la facturation au millième de dollar
X Pay fait payer chaque requête d’API en stablecoin
Concrètement, le modèle tient en quelques lignes de code. Le serveur annonce un prix, l’agent signe un paiement et chaque appel d’API déclenche ainsi un micro-paiement en USDC sur Base, réglé dans le même aller-retour. Le fournisseur de données encaisse à la requête plutôt qu’au forfait, sans clé API à distribuer ni compte à ouvrir au préalable. La plomberie s’appuie d’ailleurs sur un code de statut HTTP longtemps resté lettre morte, le 402. Il figure pourtant dans la spécification du web depuis 1997, sous l’intitulé « Payment Required ». Ce code restait toutefois réservé à un usage futur que personne n’avait jamais implémenté. L’entreprise n’a aucun lien avec X Money, le service de paiement du réseau d’Elon Musk.
L’économie de l’affaire se joue sur des fractions de centime. Un agent qui interroge un flux de prix puis une base documentaire enchaîne des milliers de requêtes par heure, parfois facturées 0,001 dollar l’unité. Avec 0,30 dollar de frais fixes et 2,9 % de commission par transaction, le réseau cartes rend l’opération absurde.
Un million de dollars reste un ticket modeste sur ce créneau. Skyfire a réuni 9,5 millions de dollars dès 2024 avec le soutien d’a16z et de Coinbase Ventures. Catena Labs, lancée par le cofondateur de Circle Sean Neville, a bouclé 18 millions de dollars menés par a16z crypto.
Crypto : la bataille des rails de paiement pour agents IA
X Pay ne part pas de zéro : il s’adosse à un standard existant. Coinbase a publié x402 en mai 2025, un standard ouvert qui exhume le fameux code 402. Ainsi, le serveur répond « paiement requis », l’agent règle en USDC sur Base, puis le serveur délivre la ressource. L’échange se boucle en quelques secondes, sans inscription préalable.
Google a embrayé en septembre 2025 avec AP2 (Agent Payments Protocol), annoncé aux côtés de plus de 60 partenaires, dont Mastercard, PayPal, American Express et Coinbase. Une extension bâtie avec Coinbase et l’Ethereum Foundation y branche x402 et les règlements en stablecoins. Visa et Mastercard avaient dégainé leurs propres briques dès avril 2025, Intelligent Commerce pour l’une, Agent Pay pour l’autre. Stripe, qui avait racheté l’émetteur de stablecoins Bridge pour 1,1 milliard de dollars, a dévoilé avec Paradigm une blockchain maison taillée pour les paiements, Tempo.
Les réseaux de cartes partent pourtant avec un handicap de structure. Leur barème a été pensé pour un humain qui achète une paire de chaussures à 80 euros. Il impose donc un plancher de frais incompressible et un règlement final qui prend plusieurs jours. Une machine qui consomme 40 000 requêtes facturées 0,002 dollar l’unité n’entre dans aucune de ces cases.
Le pari de X Pay tient dans un écart de coût. En effet, un transfert d’USDC sur Base se règle pour moins d’un dixième de centime. À l’inverse, le moindre débit par carte en coûte trente. Tant que cet écart tiendra, la facturation à l’appel d’API restera une affaire de stablecoins.