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Budget 2027 : 56 % des Français le rejettent, 89 % veulent une règle d’or, le sondage Odoxa qui embarrasse tout le monde

Un budget que personne ne voterait. Si les Français siégeaient à l’Assemblée, ils rejetteraient le budget 2027 à 56 %. C’est le résultat du sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro publié jeudi 15 octobre auprès de 1 005 personnes. Le même échantillon approuve pourtant presque chaque mesure prise une par une : les pensions revalorisées sous l’inflation (55 %), le gel de l’allocation de rentrée scolaire (59 %), la hausse du budget de l’Éducation nationale (81 %). Et 89 % réclament une règle d’or sur l’équilibre des comptes publics. Les députés ont pendant ce temps repoussé sans date le vote des recettes qui porte la taxe sur les stablecoins.

Les points clés de cet article :
  • Le budget 2027 a été rejeté par 56 % des Français sondés, malgré l’approbation de plusieurs mesures individuelles.
  • Un consensus extraordinaire, à 89 %, a émergé en faveur d’une règle d’or pour équilibrer les comptes publics, bien que le budget actuel ne soit pas accepté.

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Sondage Odoxa : un budget 2027 rejeté à 56 %, sauf chez les macronistes

La question était simple. « Vous-même, si vous étiez député(e), voteriez-vous en faveur de l’adoption du budget 2027 ? » Oui pour 44 % des sondés (9 % « certainement », 35 % « probablement »), non pour 56 %. Le détail par sympathie partisane ressemble à l’hémicycle. Les proches de Renaissance votent pour à 87 %, ceux de LR à 64 %. Tout le reste refuse, avec 57 % de non au PS, 58 % chez les Écologistes, 67 % au RN et 69 % chez les Insoumis. Gaël Sliman, le président d’Odoxa, a fait le calcul pour rire. Si chaque député votait comme ses sympathisants, « le budget serait voté par près de 300 députés ». Il qualifie lui-même l’exercice de « jeu artificiel et de pure politique fiction ».

Le chiffre n’est pas si mauvais pour Sébastien Lecornu. La première copie de François Bayrou pour 2026 avait récolté 71 % de rejet en juillet 2025, et le budget Barnier 56 % en octobre 2024. Le budget 2027 fait donc jeu égal avec celui qui a coûté son poste à Michel Barnier. Le vote solennel sur les recettes prévu ce mardi n’a pas eu lieu. Il restait 2 828 amendements à examiner et la Constitution impose de passer au budget de la Sécurité sociale, qui doit sortir de l’Assemblée avant le 27 octobre.

Retraités, étudiants, APL : les Français sont prêts aux sacrifices (des autres)

Odoxa a titré son étude « les Français sont prêts aux sacrifices (surtout pour les autres) », et les tableaux lui donnent raison. Revaloriser la plupart des pensions moins vite que l’inflation, sauf les plus petites, recueille 55 % de oui. Le score grimpe à 70 % chez les 25-34 ans et à 61 % chez les actifs. Les retraités, eux, s’y opposent à 58 %. Et 70 % des Français refusaient encore le gel des pensions en octobre 2024.

L’autre mesure visant les retraités passe moins bien. Abaisser le plafond de l’abattement de 10 % sur les pensions recueille 43 % d’avis favorables contre 57 % d’opposés. La mesure augmenterait l’impôt des foyers touchant plus de 30 000 euros de retraite par an. Le refus atteint 77 % chez les retraités. Les députés avaient tranché avant même la publication du sondage. L’article 3 du projet de loi de finances a été supprimé jeudi 15 octobre par 116 voix contre 30, et les 1,4 milliard d’euros attendus avec lui. Le gel de l’allocation de rentrée scolaire recueille 59 % d’approbation. Celui des APL divise (48 % pour, 52 % contre), avec 83 % d’opposition chez les étudiants et 52 % d’approbation chez les plus de 65 ans. Seule la hausse de 1,1 à 1,2 milliard d’euros du budget de l’Éducation nationale met tout le monde d’accord, à 81 %.

Règle d’or et contribution européenne : 89 % pour l’équilibre des comptes

Le consensus le plus large du sondage porte sur une règle que la France n’a jamais respectée. Imposer une règle d’or d’équilibre des comptes publics par référendum recueille 70 % de oui, et 50 % contre 49 % par un vote du Parlement réuni en Congrès. Les deux voies cumulées donnent 89 % d’approbation, de 80 % chez les Insoumis à 96 % chez LR et au RN. Les mêmes électeurs qui refusent le budget veulent donc inscrire son équilibre dans la Constitution.

Autre ligne de fracture, la contribution au budget de l’Union européenne. Odoxa rappelle dans sa question qu’elle atteindra près de 31 milliards d’euros cette année contre 21,6 milliards en 2024. 65 % des sondés pensent que la France peut en négocier une réduction, et le RN propose de l’amputer de 11 milliards. Les partis de gouvernement y voient « un Brexit en version sous-titrée », écrit Odoxa. Backbone a compté 208 000 messages sur le budget publiés sur les réseaux sociaux entre le 8 et le 14 octobre. Un internaute cité par l’institut parle de politiques qui « font leur tambouille quand nous on va se serrer la ceinture ».

Le marché obligataire ne répond pas aux sondages. L’OAT à dix ans frôle 5 % et Moody’s rend son verdict sur la note de la France vendredi, sans qu’aucune date ne figure plus à l’agenda de l’Assemblée pour le vote des recettes. 89 % des Français veulent une règle d’or, 56 % refuseraient le budget censé s’en rapprocher, et les 54 milliards d’euros d’effort annoncés par Bercy attendent toujours un vote.

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Magali

Tombée dans le terrier du lapin blanc en 2017, je suis passée de lectrice assidue à Rédactrice en chef du Journal du Coin. J’aime m'investir dans les coulisses de projets pour porter ma vision d'un futur décentralisé. Amoureuse des belles lettres, je coordonne nos équipes pour transformer la complexité technique en une information humaine, précise et sans jargon inutile. Entre entrepreneuriat et rédaction, ma mission est claire : vulgariser demain, mais le faire aujourd'hui.

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