Meta encaisse 25 milliards d’amende et s’offre un split que personne n’a voté
Soirée à double détente. Meta a publié mercredi soir 64,60 milliards de dollars de revenus trimestriels, en hausse de 26 %. Il a aussi annoncé une refonte de son capital, qui lui permettra de vendre des actions pour financer son pari IA sans céder une seule voix. Le même jour, un juge du Nouveau-Mexique ordonnait pourtant à Meta de payer 25 milliards de dollars. Le procès en protection du consommateur qui aboutit à cette sanction dépasse largement le seul volet Cambridge Analytica.
Le bénéfice net ressort à 9,86 milliards de dollars, contre 2,71 milliards un an plus tôt. Le titre a clôturé à 697,52 dollars, puis gagné 2 % hors séance.
- Meta a publié des revenus trimestriels de 64,60 milliards de dollars, marquant une hausse de 26 %, et a annoncé une refonte de son capital pour financer son pari IA sans céder de pouvoir de vote.
- Un juge du Nouveau-Mexique a ordonné à Meta de payer 25 milliards de dollars dans le cadre d’un procès en protection du consommateur, une somme soumise à un taux d’intérêt annuel de 15 % jusqu’au règlement.
Le split Meta, une recapitalisation que Zuckerberg s’est approuvée
Le mot « split » recouvre ici une recapitalisation. Sous forme de dividende en actions, Meta distribue une action de classe C sans droit de vote pour chaque action A et B existante. Le nombre de titres double donc, d’où la lecture « deux pour un ». Le certificat amendé prend effet le 19 janvier 2027, et les classe C doivent être cotées au Nasdaq en janvier.
Aucune assemblée générale n’a eu à se prononcer. Des entités liées à Mark Zuckerberg et Priscilla Chan, qui pèsent 56,1 % des droits de vote, ont approuvé la modification mardi. Un comité d’administrateurs indépendants l’avait recommandée au préalable. Pour 13,4 % du capital, le fondateur contrôle 60,6 % des voix.
Meta vendra des classe C de temps en temps pour lever du capital, payer les salariés et financer des acquisitions. La répartition du pouvoir, elle, ne bougera pas. Les dépenses d’investissement ont atteint 34,91 milliards de dollars sur le seul trimestre. En parallèle, la fourchette annuelle se resserre de 130-145 à 135-145 milliards. Le flux de trésorerie disponible est négatif de 2,12 milliards. Alphabet avait d’ailleurs fait exactement la même chose en 2014.
Un verrou personnel encadre l’opération. Zuckerberg ne pourra en effet céder librement que 20 % des classe C qu’il recevra. Au-delà, chaque vente l’obligera à céder une action A ou à convertir une B, donc à rogner son contrôle. Le solde se débloque par tranches de 2,5 % par trimestre, tant qu’il reste dirigeant exécutif ou président exécutif.
Au Nouveau-Mexique, Meta doit 25 milliards et 15 % d’intérêts
Le juge Francis Mathew, du premier district judiciaire siégeant à Santa Fe, a fixé mercredi la sanction à 25 milliards de dollars. Un jury avait donné raison à l’État fin septembre sur 31 des 34 chefs d’accusation, pour près de 44 millions de violations de l’Unfair Practices Act.
À 5 000 dollars par violation, le plafond légal atteignait près de 220 milliards de dollars. Le juge a d’ailleurs écrit que l’État y avait droit, avant de ramener à 25 milliards la pénalité infligée à Meta. Le ministère de la Justice de l’État en réclamait jusqu’à 40. Des intérêts courent à 15 % par an jusqu’au paiement, d’après Source New Mexico. Mathew a retenu la durée des violations, leur répétition, l’implication de la direction de Facebook et « la nature clairement intentionnelle et systématique » de ses déclarations mensongères. Meta n’a pas commenté. Le procureur général Raúl Torrez, lui, s’attend à un appel.
Un autre contentieux pèse déjà sur les comptes du trimestre. Le bénéfice par action de 3,83 dollars inclut en effet une charge juridique de 9,89 milliards. Elle provisionne le règlement conclu en août avec 52 procureurs généraux sur la santé mentale des adolescents. Les versements pourraient atteindre 18,59 milliards. Sans elle, le bénéfice par action ressortait à 7,40 dollars.
Meta revient aux stablecoins, sept ans après Libra
Depuis avril, Meta verse des paiements en USDC à une sélection de créateurs en Colombie et aux Philippines, sur Solana et Polygon. Aucune conversion en monnaie locale n’intervient, puisque le créateur renseigne l’adresse d’un wallet tiers dans la plateforme de paiement de Facebook. Stripe s’occupe du reporting fiscal de ces versements, comme l’a documenté Fortune. Patrick Collison, son patron, siège au conseil de Meta depuis avril 2025.
Libra avait été annoncé en 2019, rebaptisé Diem, puis liquidé en 2022 sous la pression du Congrès américain. Le motif invoqué était la confiance. Le nombre de stablecoins en circulation a depuis été multiplié par plus de cent. Cette fois, Meta y revient en canal de distribution plutôt qu’en émetteur, position beaucoup plus difficile à attaquer au Capitole.
Les classe C arrivent au Nasdaq à partir du 19 janvier 2027. D’ici là, chaque mois d’appel coûtera à Meta des intérêts au taux de 15 % sur une pénalité de 25 milliards de dollars. La facture de l’IA se règle désormais en actions sans droit de vote.