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Stablecoin en yuan : La Chine veut garder le contrôle et mise sur sa monnaie numérique

Keep control. Le stablecoin en yuan revient régulièrement dans les déclarations d’intention, mais Pékin continue de fermer la porte. En février, huit autorités chinoises ont interdit toute émission non autorisée de stablecoins adossés au renminbi, y compris depuis l’étranger. Pendant ce temps, la Chine accélère le développement de l’e-CNY, une monnaie numérique contrôlée par sa banque centrale.

Points clés

  • Le 6 février, Pékin a interdit l’émission offshore non autorisée de stablecoins adossés au yuan
  • Hong Kong a délivré ses deux premières licences d’émetteur, toutes deux pour des jetons en dollar de Hong Kong
  • Tether a stoppé l’émission de nouveaux CNH₮ le 20 février, refermant la seule tentative privée sérieuse
  • La stratégie chinoise reste centrée sur l’e-CNY, MNBC permissionnée et traçable, pas sur les blockchains publiques

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Pékin verrouille le yuan offshore

Le 6 février, la Banque populaire de Chine et sept autres autorités ont renforcé l’interdiction des activités liées aux cryptomonnaies. Le texte vise explicitement les stablecoins adossés au renminbi : aucune entreprise chinoise ou étrangère ne peut en émettre hors du pays sans l’accord des autorités. Les filiales internationales des groupes chinois sont également concernées.

Cette décision referme une période d’incertitude ouverte durant l’été 2025. Pékin aurait alors étudié une feuille de route permettant l’émission de stablecoins en yuan depuis Hong Kong ou Shanghai. Mais les signaux se sont rapidement inversés : les courtiers ont cessé de promouvoir ces produits et Ant Group comme JD.com ont suspendu leurs projets hongkongais.

La distinction entre CNY et CNH explique cette prudence. Le CNY circule en Chine continentale sous le contrôle strict de la banque centrale. Le CNH constitue sa version offshore, principalement négociée à Hong Kong. Un stablecoin privé permettrait de transférer cette monnaie sur une blockchain publique sans passer systématiquement par les circuits contrôlés par Pékin.

Or les particuliers chinois restent soumis à un quota annuel de conversion de 50 000 dollars. Un jeton librement transférable créerait donc une brèche dans le contrôle des capitaux, élément central de la politique monétaire chinoise.

Hong Kong n’a d’ailleurs pas contourné ce veto. Son régime sur les stablecoins, en vigueur depuis août 2025, autorise en théorie différentes devises. Pourtant, sur 36 candidatures, la HKMA n’a accordé que deux licences : HSBC et Anchorpoint, coentreprise réunissant notamment Standard Chartered, Animoca Brands et HKT. Toutes deux concernent d’abord des stablecoins en dollar hongkongais. Aucun jeton en yuan offshore n’a été approuvé.

 Le stablecoin en yuan revient régulièrement dans les déclarations d'intention, mais Pékin continue de fermer la porte. En février, huit autorités chinoises ont interdit toute émission non autorisée de stablecoins adossés au renminbi, y compris depuis l’étranger. Pendant ce temps, la Chine accélère le développement de l’e-CNY, une monnaie numérique contrôlée par sa banque centrale.
La Chine et sa monnaie cherchent à s’imposer au niveau international, mais en gardant le contrôle

L’e-CNY reste la réponse choisie par la Chine

L’échec du CNH₮ confirme également la faiblesse de la demande privée. Tether avait lancé ce stablecoin en yuan offshore en 2019. En février 2026, l’entreprise a arrêté toute nouvelle émission et annoncé la fin des remboursements un an plus tard. Sa capitalisation ne dépassait pas 3 millions de dollars.

Pékin ne renonce pourtant pas à l’internationalisation numérique du yuan. La Chine privilégie l’e-CNY, émis par la banque centrale et distribué par des établissements identifiés. Contrairement à un stablecoin privé circulant librement sur Ethereum ou Tron, cette infrastructure reste soumise à permission et permet donc aux autorités de contrôler les participants et les règlements.

En juin, le centre international de l’e-CNY à Shanghai a signé des accords avec 26 institutions financières pour rejoindre CBETS, sa plateforme de transferts transfrontaliers. Standard Chartered fait notamment partie des premiers participants étrangers.

La Chine cherche donc le même résultat que les stablecoins en dollars : des paiements internationaux plus rapides et moins coûteux, sans abandonner son contrôle sur les sorties de capitaux. Un stablecoin en yuan reste envisageable dans un réseau fermé et réservé à des institutions agréées. Sur une blockchain publique, il contredirait précisément l’architecture monétaire que Pékin entend préserver. Dur de trouver l’équilibre entre conquête du monde et contrôle total des échanges.

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Ben Canton

Avec une formation en littérature et en langues, j’aime mêler l’analyse rigoureuse au goût des idées pour décrypter les grands enjeux économiques et (géo)politiques liés aux cryptomonnaies. Depuis 2021, j’écris pour le Journal du Coin où je me concentre sur des sujets comme le Bitcoin, les MNBC, la tokenisation des RWA et plus largement les mutations stratégiques du Web3. Lecteur passionné, curieux du monde et des rapports de pouvoir qui le structurent, je m’efforce de rendre ces thématiques accessibles à tous, avec une attention particulière pour les projets pensés pour le grand public.

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