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Euro numérique, Pontes, Appia : les 3 projets que la BCE fait avancer en même temps

Cette semaine à Francfort, trois horloges tournent en même temps. Mardi, la Banque centrale européenne a ouvert son appel à candidatures aux commerçants du e-commerce pour tester l’euro numérique. Dans cinq jours, le 21 septembre, son autre projet, Pontes, passe en production. Et en toile de fond, un troisième chantier, Appia, dessine déjà l’architecture de 2028. Rien de tout cela n’est un hasard de calendrier : c’est la réponse coordonnée de Francfort à la percée des stablecoins en dollars.

Les points clés de cet article :
  • La Banque centrale européenne a ouvert un appel à candidatures pour tester l’euro numérique avec les commerçants du e-commerce.
  • Pontes, un projet de la BCE reliant les plateformes blockchain aux infrastructures existantes, est entré en production le 21 septembre.

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L’euro numérique version commerçants : la BCE recrute pour 2027

Mardi 15 septembre, l’Eurosystème a ouvert un appel à manifestation d’intérêt pour les commerçants en ligne et mobile de la zone euro, invités à rejoindre le pilote de l’euro numérique prévu pour le second semestre 2027, selon le communiqué officiel de la BCE.

Les candidatures sont attendues avant le 27 octobre à 17h CET, une session d’information est programmée le 6 octobre. Ce pilote de 12 mois testera une version bêta sans cours légal, aux côtés des 36 prestataires de paiement déjà sélectionnés en juillet, Deutsche Bank, UniCredit, BPCE ou encore Revolut et Stripe parmi eux, pour valider les parcours de paiement avant une éventuelle émission en 2029.

Pontes : la BCE passe en production le 21 septembre, sans filet

Pontes, lui, ne se contente pas d’un pilote. Selon la page officielle du projet, ce pont entre les plateformes blockchain des marchés et l’infrastructure TARGET de l’Eurosystème entre en production le 21 septembre. Le mot « pilote », employé dans les documents techniques diffusés au printemps, a discrètement disparu de la communication de la BCE à l’approche du lancement.

Banques et dépositaires centraux pourront y régler des dépôts tokenisés, du papier commercial et des obligations directement en monnaie de banque centrale, via un mécanisme de verrouillage cryptographique qui synchronise la livraison du titre et son paiement. La finalité du règlement suivra, dans un premier temps, celle de T2, le système existant. Nous racontions le virage on-chain de la BCE fin août : cinq mois après l’annonce d’Isabel Schnabel, le projet est déjà en production.

Appia, le troisième front que personne ne voit venir

Reste Appia, plus discret mais pas moins ambitieux, dans la continuité de la stratégie à deux volets actée par le Conseil des gouverneurs dès juillet 2025. Ce programme doit dessiner d’ici 2028 l’architecture cible d’un marché européen unifié des actifs tokenisés, avec ses standards techniques et son cadre juridique.

Pris ensemble, ces trois projets répondent à un même problème : les stablecoins en euros conformes à MiCA pèsent moins de 700 millions de dollars cumulés, contre plus de 300 milliards pour leurs équivalents en dollars, USDT et USDC en tête. Le consortium bancaire Qivalis, une dizaine de banques européennes dont BNP Paribas et ING, vise de son côté un stablecoin euro privé pour le second semestre 2026, sous réserve d’obtenir sa licence auprès de la banque centrale néerlandaise. Pendant que Francfort peaufine sa plomberie publique, le secteur privé, lui, n’attend personne.

Trois calendriers, un seul mois de septembre : c’est suffisamment rare pour être souligné. La BCE ne mise plus sur un seul projet face aux stablecoins américains, elle en aligne trois à la fois, du paiement grand public au règlement interbancaire en passant par l’architecture de marché de demain. Le volet réglementaire, lui, doit suivre le même rythme : le règlement sur l’euro numérique doit encore être adopté avant fin 2026 pour que le calendrier de 2029 tienne debout. Qui trop embrasse mal étreint, disait le proverbe. La BCE, elle, a visiblement décidé de vérifier si la règle souffre des exceptions.

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Magali

Tombée dans le terrier du lapin blanc en 2017, je suis passée de lectrice assidue à Rédactrice en chef du Journal du Coin. J’aime m'investir dans les coulisses de projets pour porter ma vision d'un futur décentralisé. Amoureuse des belles lettres, je coordonne nos équipes pour transformer la complexité technique en une information humaine, précise et sans jargon inutile. Entre entrepreneuriat et rédaction, ma mission est claire : vulgariser demain, mais le faire aujourd'hui.

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