« J’ai fait une erreur » : Warren Buffett achète enfin Google et explique pourquoi
Changement de stratégie. Longtemps réfractaire aux valeurs technologiques, Warren Buffett admet aujourd’hui avoir laissé passer une opportunité historique. L’investisseur de 95 ans revendique personnellement le pari de 31 milliards de dollars de Berkshire Hathaway sur Alphabet, expliquant que Google est devenu une entreprise bien différente de celle qu’il observait il y a vingt ans. Pour lui, la révolution de l’intelligence artificielle a transformé les géants du cloud en sociétés fortement capitalistiques, un modèle qu’il connaît par cœur.
Points clés
- Warren Buffett affirme avoir personnellement initié la position de 31 milliards de dollars de Berkshire Hathaway dans Alphabet, et non Greg Abel
- L’investisseur admet « une erreur » pour avoir boudé Google et compare désormais les hyperscalers aux chemins de fer qu’il détient depuis des décennies
- Alphabet prévoit jusqu’à 190 milliards de dollars de capex pour l’IA en 2026, pendant qu’IBM plonge de 25 %, sa pire séance depuis 1968
- Berkshire reste assis sur un record de 397,4 milliards de dollars de cash, sans un seul bitcoin au bilan malgré 850 millions de dollars de gains BTC manqués
Warren Buffett assume son pari sur Alphabet
Interrogé par CNBC, Warren Buffett a tenu à mettre les choses au clair : la participation de 31 milliards de dollars de Berkshire Hathaway dans Alphabet est bien son initiative, et non celle de Greg Abel, directeur général du conglomérat.
« C’est moi qui l’ai initiée. Il ne fait rien que je n’approuve pas. Nous nous parlons tout le temps », a-t-il déclaré, avant de reconnaître avoir longtemps sous-estimé Google : « J’ai fait une erreur ».
Berkshire a commencé à constituer sa position au troisième trimestre 2025 avant de la renforcer ces derniers mois. Alphabet représente désormais la cinquième ou sixième plus importante ligne du portefeuille du groupe.
Les investisseurs ont salué cette prise de position : l’action Alphabet a progressé de près de 4 %, propulsant à nouveau la fortune du cofondateur Larry Page au-dessus des 300 milliards de dollars.
M. Buffett ne cache d’ailleurs pas son optimisme sur la solidité du groupe, qu’il considère « plus susceptible d’être un gagnant que probablement 90 % ou 95 % de ce qui est vendu à Wall Street ».

Pourquoi l’IA a finalement convaincu Buffett
Le changement de regard de Buffett ne traduit pas un enthousiasme débordant pour l’intelligence artificielle. Au contraire, il estime que les géants du cloud sont engagés dans une course aux investissements dont ils ne peuvent plus s’extraire :
« La vraie question avec Google et tous ses concurrents désormais, c’est qu’ils déboursent tous des centaines de milliards de dollars. (…) C’est le jeu auquel ils jouent maintenant. Ils ne jouaient pas à ce jeu avec les logiciels. »
Warren Buffet à propos des géants de l’IA – Source : CNBC
Selon lui, Alphabet, Microsoft, Amazon ou encore Meta ressemblent désormais davantage aux compagnies ferroviaires et aux services publics que Berkshire détient depuis des décennies : des entreprises contraintes d’investir massivement dans leurs infrastructures pour préserver leur position dominante. Alphabet prévoit ainsi jusqu’à 185 milliards de dollars de dépenses d’investissement liées à l’IA en 2026.
Il décrit même cette course comme « un jeu qu’ils ne veulent pas jouer », estimant que ces dépenses sont devenues incontournables pour rester compétitif. Il cite notamment IBM, récemment sanctionnée en Bourse après avoir déçu les investisseurs, comme illustration des risques auxquels s’exposent les entreprises incapables de suivre ce rythme.
Enfin, nuance essentielle : Berkshire ne mise pas sur Alphabet parce que l’IA est à la mode, mais parce que Google dispose d’un modèle économique suffisamment solide pour financer cette course.
Au fond, Warren Buffett ne change pas de philosophie d’investissement. Il continue de privilégier les entreprises capables de générer d’importants flux de trésorerie et de conserver un avantage concurrentiel durable. Si l’intelligence artificielle bouleverse aujourd’hui le secteur technologique, c’est avant tout la capacité d’Alphabet à absorber ces investissements colossaux qui justifie, selon lui, un pari de 31 milliards de dollars.