Bull run de Bitcoin : Arthur Hayes voit le marché crypto encore plus haut
« Le prochain bull market vient de commencer. » Arthur Hayes ne s’embarrasse pas de précautions dans son nouvel essai. Pour le cofondateur de BitMEX, les rachats d’obligations annoncés par le Trésor américain marquent le retour d’une politique favorable à la liquidité mondiale. Bitcoin, qui vient de dépasser 80 000 dollars, serait le premier actif à avoir compris le message.
- Arthur Hayes a affirmé que le prochain bull market a commencé, soutenu par les rachats d’obligations du Trésor américain.
- Le Bitcoin a dépassé 80 000 dollars, reflétant une anticipation d’intervention plus importante du marché.
Scott Bessent rejoue-t-il la stratégie de Janet Yellen ?
Dans son essai « Same Same But Different », Arthur Hayes compare Scott Bessent à Janet Yellen, sa prédécesseure au Trésor. Selon lui, tous deux cherchent à empêcher le rendement des obligations américaines à dix ans de franchir durablement le seuil des 5 %.
Ce niveau est particulièrement sensible, car il influence les taux des crédits immobiliers, des obligations d’entreprises et de nombreux prêts accordés aux ménages. Une envolée prolongée renchérirait le coût du financement et pèserait sur l’activité économique.
Arthur Hayes rappelle qu’en 2023, Janet Yellen avait privilégié l’émission de bons du Trésor à court terme. Les fonds monétaires avaient alors déplacé une partie de leurs liquidités placées dans le mécanisme de reverse repo de la Fed vers ces titres. Le solde du dispositif était ensuite passé d’environ 2 500 à 100 milliards de dollars, libérant selon lui un puissant carburant pour les marchés.
Scott Bessent utiliserait aujourd’hui une autre méthode. Le 19 août, le Trésor a annoncé qu’il allait au moins doubler ses rachats d’anciennes obligations comprises entre 10 et 30 ans. Leur plafond passera de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération à partir du 9 septembre.

Bitcoin et crypto : Arthur Hayes place son portefeuille en « risque maximal »
Officiellement, ces rachats servent à améliorer la liquidité des anciennes émissions obligataires. Ils ne constituent pas un assouplissement quantitatif : la Fed ne crée pas directement de nouvelles réserves pour financer les opérations.
Mais Arthur Hayes y voit néanmoins une forme indirecte d’assouplissement. En retirant des obligations longues du marché et en les remplaçant potentiellement par des titres courts, le Trésor réduirait la pression sur les rendements tout en redistribuant des dollars aux investisseurs.
L’annonce a coïncidé avec le réveil de Bitcoin, passé d’environ 65 000 à plus de 80 000 dollars en quelques jours. Il surnomme le BTC « l’alarme incendie de la liquidité mondiale » : selon lui, son envolée signale que les traders anticipent déjà une intervention plus importante.
Si les taux longs repartent à la hausse, Scott Bessent pourrait progressivement amplifier les rachats, puiser dans le Treasury General Account – doté d’environ 950 milliards de dollars – ou instaurer un contrôle de fait de la courbe des taux. Ce dernier scénario, particulièrement favorable au Bitcoin, reste toutefois entièrement hypothétique.
Convaincu que le mouvement ne fait que commencer, Arthur Hayes affirme avoir placé Maelstrom en mode « risque maximal », avec des positions importantes sur Bitcoin, Ethereum, Ethena et Ether.fi. Il prévient néanmoins que la hausse s’accompagnera probablement de corrections violentes et déconseille l’utilisation du levier.
La thèse d’Arthur Hayes est clairement haussière, mais elle repose encore sur une interprétation : les rachats élargis n’ont pas commencé et restent modestes face aux 40 000 milliards de dollars de dette américaine. Bitcoin parie donc moins sur les opérations déjà annoncées que sur celles que Washington pourrait être contraint de lancer dans les semaines à venir.