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Génération Z : 46 ans devant elle pour investir, l’argument crypto de Grayscale

Dix-neuf ans. C’est l’âge moyen auquel la génération Z américaine a placé son premier dollar, selon une note de recherche publiée le 28 septembre par Grayscale.

Plus vous commencez tôt, plus vous pouvez vous permettre de détenir des actifs qui secouent comme le bitcoin. L’argument tombe à pic pour une génération déjà en tête de l’adoption crypto dans le monde. Et il arrive au moment où le bitcoin a perdu près d’un tiers de sa valeur depuis son record d’octobre 2025.

Les points clés de cet article :
  • La génération Z américaine a commencé à investir en moyenne à l’âge de 19 ans, bien plus tôt que les générations précédentes.
  • Avec un horizon d’investissement de 46 ans, la génération Z pourrait potentiellement tirer parti des actifs numériques, malgré leur volatilité.

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Génération Z : 46 ans d’horizon d’investissement, contre 30 pour les boomers

La note est signée Zach Pandl, directeur de la recherche chez Grayscale. Ses chiffres viennent du Modern Wealth Survey 2024 de Charles Schwab, réalisé en mars 2024 auprès de 1 000 Américains de 21 à 75 ans et complété par un échantillon de 200 membres de la génération Z. Âge moyen du premier investissement : 19 ans pour la génération Z, contre 25 ans pour les millennials, 32 pour la génération X et 35 pour les baby-boomers.

Le reste tient du calcul d’écolier. Avec une retraite fixée à 65 ans, un membre de la génération Z dispose de 46 ans d’horizon d’investissement. Les millennials en ont 40, la génération X 33 et les boomers 30 seulement. Soit un horizon supérieur de plus de 50 % à celui des boomers à leurs débuts, comme le détaille la note de Grayscale publiée sur The Stack.

Graphique de Grayscale montrant l'horizon d'investissement par génération aux États-Unis : la génération Z commence à investir à 19 ans et dispose de 46 ans avant la retraite, les millennials à 25 ans (40 ans), la génération X à 32 ans (33 ans) et les baby-boomers à 35 ans (30 ans).
Horizon d’investissement par génération aux États-Unis, avec une retraite à 65 ans. Source : Grayscale, d’après le Modern Wealth Survey 2024 de Charles Schwab.

Schwab avance aussi une explication. Les jeunes sondés citent l’apprentissage précoce de l’investissement et un accès facilité aux marchés pour justifier leur aplomb. Ils sont 71 % à se dire confiants dans leur stratégie, le score le plus élevé de toutes les générations.

Capital travail : la vieille théorie derrière l’argument crypto de Grayscale

Pour suivre Pandl, imaginez votre patrimoine en deux poches. La première contient ce que vous avez déjà mis de côté, le capital financier. La seconde regroupe tous les salaires que vous toucherez jusqu’à la retraite, ce qu’il appelle le capital travail. À 20 ans, c’est de très loin la plus grosse.

Rien de neuf sous le soleil. Roger Ibbotson, professeur émérite à Yale, et ses coauteurs en avaient fait la colonne vertébrale de Lifetime Financial Advice, publié en 2007 par la fondation de recherche du CFA Institute. Selon eux, les revenus futurs d’un salarié se comportent souvent comme une obligation, stable et prévisible. Tant que cette « obligation » pèse lourd, la poche financière peut encaisser davantage d’actifs risqués.

Les épargnants français appliquent la mécanique sans forcément le savoir. Depuis la loi Pacte de 2019, le plan d’épargne retraite (PER) fonctionne par défaut en gestion pilotée à horizon : beaucoup d’actifs dynamiques quand la retraite est lointaine, puis une sécurisation progressive à l’approche de l’échéance.

Grayscale ajoute un étage à la fusée. Puisqu’un horizon long élargit le budget de risque sur toute une vie, les actifs numériques y trouveraient une place de choix, leur profil de rendement étant « à la fois volatil et potentiellement asymétrique ». En clair, vous pouvez perdre votre mise, mais le gain possible peut la multiplier plusieurs fois. Pour un investisseur qui démarre tôt, conclut Pandl, la volatilité de court terme coûte moins cher qu’une exposition trop faible à des actifs au fort potentiel de long terme.

Bitcoin et volatilité : ce que 46 ans d’horizon changent vraiment

La volatilité, le bitcoin connaît. Il a perdu environ 84 % entre décembre 2017 et décembre 2018, puis 77 % entre novembre 2021 et novembre 2022. Les deux fois, il a fini par repasser au-dessus de son ancien sommet, la seconde dès mars 2024.

Le cycle actuel joue la même partition. Après un record à 126 080 dollars le 6 octobre 2025, le bitcoin s’échange autour de 86 700 dollars début octobre 2026 d’après CoinGecko, soit un repli d’environ 31 %. Grayscale avait d’ailleurs consacré en juin une note entière à deux scénarios de marché baissier.

À 22 ans, ce genre de repli se rattrape avec quelques années de salaire et d’achats réguliers. Un futur retraité de 62 ans le subit au pire moment, quand il faut commencer à puiser dans l’épargne. Les spécialistes parlent de risque de séquence : l’ordre dans lequel arrivent les mauvaises années compte autant que leur ampleur.

Génération Z et cryptos : les angles morts de la thèse Grayscale

Gardez quand même la tête froide. Grayscale gère des ETF bitcoin et ether cotés à Wall Street, et a tout intérêt à voir les jeunes épargnants gonfler leur poche crypto. Le cabinet précise lui-même que son graphique est fourni « à titre illustratif uniquement ».

Deuxième angle mort, la théorie d’Ibbotson suppose un salaire stable. Si vous travaillez dans la crypto, votre capital travail ressemble moins à une obligation qu’à un token, car un bear market peut emporter à la fois votre portefeuille et votre emploi. Dans ce cas précis, la même logique plaide pour alléger la poche crypto.

Reste le comportement. Selon une étude de la FINRA Foundation et du CFA Institute publiée en mai 2023, 55 % des investisseurs de la génération Z aux États-Unis détiennent des cryptos, et la moitié reconnaissent avoir investi par peur de rater le coche. Un horizon de 46 ans ne protège ni des achats impulsifs ni des milliers de tokens lancés en 2017 ou en 2021 qui ne valent plus rien aujourd’hui.

Commencer tôt ne garantit pas non plus d’investir longtemps. L’âge moyen du premier placement ne dit rien de la régularité des versements, ni du nombre de jeunes qui ont tout revendu au premier krach.

En France, la génération Z crypto est déjà là

Le profil existe aussi de ce côté de l’Atlantique. Selon l’étude publiée en mars 2024 par l’Adan, KPMG et Ipsos, 12 % des Français détiennent des crypto-actifs, et les 18-34 ans forment la tranche d’âge la plus représentée. Bonne nouvelle pour les prudents, 54 % des détenteurs y consacrent au plus 10 % de leur épargne totale.

Le regard du grand public se dégèle aussi. D’après le baromètre de l’AMF publié en décembre 2025, 48 % des Français jugent désormais le risque crypto important, contre deux tiers un an plus tôt. Ils sont 46 % à estimer leur potentiel de performance élevé, presque autant que pour les actions (48 %). Chez les moins de 25 ans, seuls 16 % passent encore par un conseiller avant d’investir, contre 24 % en 2024.

Le temps reste le seul actif que la génération Z possède en abondance, et Grayscale propose de le convertir en exposition crypto. Une génération qui préfère déjà le bitcoin aux placements traditionnels n’attendait sans doute pas cette permission. Un étudiant qui a acheté du bitcoin à 19 ans, au sommet de novembre 2021, a vu son placement fondre de 77 % en douze mois. Il a 24 ans aujourd’hui, et encore 41 ans devant lui avant la retraite.

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Magali

Tombée dans le terrier du lapin blanc en 2017, je suis passée de lectrice assidue à Rédactrice en chef du Journal du Coin. J’aime m'investir dans les coulisses de projets pour porter ma vision d'un futur décentralisé. Amoureuse des belles lettres, je coordonne nos équipes pour transformer la complexité technique en une information humaine, précise et sans jargon inutile. Entre entrepreneuriat et rédaction, ma mission est claire : vulgariser demain, mais le faire aujourd'hui.

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