Stablecoins et tokenisation : Tom Lee met les banques face au risque de retard
Le futur est pour bientôt. Le cofondateur de Fundstrat et président de BitMine estime qu’environ 99 % de l’activité financière repose toujours sur les infrastructures traditionnelles. Dans une interview relayée le 25 octobre, il avertit que cette domination peut conduire les banques à sous-estimer la vitesse d’adoption des stablecoins et des actifs tokenisés. Son message : les établissements sans stratégie crypto risquent de prendre du retard.
Points clés
- Tom Lee estime que la domination des systèmes traditionnels masque le potentiel de transformation de la finance.
- Les banques sans services ni stratégie crypto pourraient perdre du terrain face à leurs concurrentes.
- JPMorgan et SWIFT développent déjà des infrastructures utilisant la blockchain.
- Ces initiatives ne prouvent toutefois pas qu’une migration rapide de l’ensemble des activités financières est acquise.
Tom Lee invite les banques à regarder au-delà des « anciens rails »
Le raisonnement de Tom Lee repose sur un biais courant : considérer que la situation récente se prolongera. Puisque l’essentiel des paiements, des titres et de leur conservation passe encore par les circuits traditionnels, les services crypto peuvent sembler durablement secondaires.
Selon lui, cette lecture néglige la possibilité d’une accélération. Une banque qui attend une adoption massive avant de développer ses compétences pourrait rencontrer des difficultés à suivre ses concurrents déjà équipés. Les activités concernées dépassent l’achat de cryptomonnaies : elles comprennent les paiements en stablecoins, la conservation d’actifs numériques et les titres représentés sur une blockchain.
Le chiffre de 99 % reste une estimation avancée par M. Lee. Les comptes rendus disponibles ne précisent pas son périmètre de calcul. Paiements, encours de titres et volumes de négociation constituent en effet des mesures différentes, difficiles à réunir dans un indicateur unique.
L’intérêt des nouvelles infrastructures tient notamment à leur disponibilité continue et à la possibilité d’automatiser certaines opérations. Toutefois, un transfert rapide sur une blockchain ne supprime pas toutes les contraintes. Les conversions en monnaie bancaire, les contrôles de conformité et l’accès aux fonds dépendent aussi des intermédiaires.
La question ne se résume donc pas à remplacer une technologie ancienne. Les banques doivent intégrer ces services à leurs obligations de sécurité, de gestion des risques et de protection des clients.

JPMorgan et SWIFT adaptent déjà leurs infrastructures
Chez JPMorgan, cette adaptation prend notamment la forme de JPM Coin, dont le symbole est JPMD. Après une expérimentation lancée en juin 2025, la banque a ouvert ce jeton de dépôt à ses clients institutionnels sur Base en novembre de la même année.
Il représente un dépôt bancaire sous forme numérique et permet des transferts presque instantanés, disponibles en continu. Il se distingue ainsi d’un stablecoin classique : son détenteur possède une créance sur la banque émettrice.
SWIFT suit une autre approche. En septembre 2025, le réseau a annoncé un projet de registre partagé avec Consensys et plus de trente institutions financières, destiné notamment aux paiements internationaux disponibles 24 heures sur 24. L’objectif associe modernisation des infrastructures existantes et développement de nouveaux services.
Ces exemples montrent que les acteurs traditionnels peuvent intégrer la blockchain sans abandonner leur rôle d’intermédiaire. La concurrence porte alors sur les services proposés, leur coût et leur accessibilité.
Tom Lee défend aussi cette transformation en tant que président de BitMine, une entreprise dont la stratégie repose sur l’accumulation d’ETH. Son analyse s’inscrit donc dans une conviction d’investissement affirmée. Les projets bancaires donnent corps à cette thèse, mais leur existence ne fixe ni le rythme de l’adoption ni la place finale des différents réseaux.