Stablecoin en yen : JPYC loin de ses objectifs après un an
Un anniversaire au bilan contrasté. Un an après son lancement le 27 octobre 2025, le stablecoin japonais JPYC reste loin des ambitions de son émetteur. Sa circulation représente environ un quart de l’objectif interne, malgré une multiplication des partenariats. Dans un entretien à NADA NEWS, son dirigeant Noritaka Okabe pointe notamment le plafond d’un million de yens par opération d’émission ou de remboursement, qui complique son utilisation par les entreprises.
Points clés
- JPYC atteint environ un quart de son objectif de circulation après un an, malgré plus de 12 milliards de yens d’émissions cumulées.
- Le plafond d’un million de yens par opération d’émission ou de remboursement freine les usages professionnels, selon son dirigeant.
- MUFG, Mizuho et SMBC préparent un stablecoin commun sous une structure de fiducie, avec des transactions commerciales visées d’ici mars 2027.
JPYC : Les émissions progressent, la circulation reste limitée
JPYC avait annoncé dès septembre avoir dépassé 10 milliards de yens d’émissions cumulées. Mais cet indicateur additionne les montants émis depuis le lancement, y compris les jetons ensuite remboursés. Il ne mesure donc pas les sommes encore détenues par les utilisateurs.
Selon le tableau de bord indépendant de Kirifuda, la circulation atteint environ 3,08 milliards de yens (17,5 millions d’euros) au 27 octobre, contre 12,16 milliards d’émissions cumulées vers les utilisateurs. La différence reflète notamment les remboursements intervenus depuis le lancement. L’enjeu consiste ainsi à développer des usages qui maintiennent durablement les jetons en circulation.
Le statut réglementaire de JPYC pèse d’ailleurs sur cette dynamique. L’entreprise exerce comme prestataire de transfert de fonds de type II, avec une limite d’un million de yens par opération d’émission ou de remboursement. Ce plafond ne constitue toutefois pas une limite générale applicable à tous les transferts ultérieurs entre portefeuilles sur la blockchain.
En mai, JPYC a assoupli ses propres modalités : l’émission, auparavant limitée à un million de yens par jour, est désormais possible à hauteur d’un million par demande. Cette évolution facilite les opérations, sans supprimer le fractionnement des montants importants.
L’éditeur de logiciels Asteria illustre cette contrainte. Il prévoit de détenir un milliard de yens en JPYC pendant l’exercice se terminant en mars 2027. Dans sa communication financière, l’entreprise confirme cet objectif et souligne le passage du plafond quotidien au plafond par opération.

Des usages à développer face aux banques japonaises
Les difficultés de circulation n’empêchent pas les expérimentations. NADA NEWS rapporte des tests de paiement chez Lawson, un projet destiné aux partenaires du logisticien AZ-COM Maruwa et des collaborations avec des acteurs bancaires et technologiques. Ces initiatives témoignent d’un intérêt commercial, sans démontrer encore une adoption massive.
Parallèlement, MUFG, Mizuho et SMBC préparent un stablecoin commun reposant sur une structure de fiducie. Les trois banques visent des transactions commerciales pendant l’exercice japonais 2026, qui s’achève en mars 2027. Leur projet suit donc une autre voie réglementaire que celle retenue par JPYC.
Pour se différencier, les stablecoins peuvent notamment miser sur l’intégration aux applications blockchain et l’automatisation des paiements. La disponibilité permanente ne suffit cependant pas : le réseau interbancaire Zengin permet déjà des virements 24 heures sur 24 et 365 jours par an, grâce au système More Time lancé en 2018, selon les établissements participants.
Un assouplissement réglementaire pourrait faciliter les opérations importantes, mais ne garantit pas leur adoption. Pour JPYC, le défi reste de transformer les partenariats en paiements récurrents et de convaincre les entreprises de conserver des yens sur blockchain.