Économie : Au Paraguay, la chute d’Ueno Bank piège l’épargne de milliers de familles
Une crise à guichets fermés. La Banque centrale du Paraguay (BCP) a engagé une procédure de résolution contre Ueno bank, après avoir constaté un ratio de solvabilité inférieur à la moitié du minimum réglementaire. Annoncée le 3 novembre, la mesure perturbe l’accès aux fonds des clients et provoque une crise politique.
Depuis, le président du BCP, Carlos Carvallo, a démissionné. Les autorités préparent les premiers remboursements, tandis que des parlementaires réclament des investigations. Mais la colère et l’inquiétude sont toujours là.
Points clés
- Le BCP a engagé la résolution d’Ueno après des ajustements comptables révélant une insuffisance de solvabilité.
- Carlos Carvallo a démissionné ; Liana Caballero assure la présidence intérimaire.
- La garantie couvre jusqu’à 228,3 millions de guaranís par déposant et par établissement.
- Les autorités préparent des versements, sans annoncer le remboursement immédiat de tous les dépôts.
Ueno bank : Une insuffisance de capital déclenche l’intervention
Dans son communiqué officiel, la BCP précise que son conseil a décidé à l’unanimité, le 2 novembre, d’ouvrir la procédure. Des corrections apportées aux états financiers pendant une phase de régularisation ont révélé la dégradation du ratio de solvabilité.
Cet indicateur rapporte les fonds propres aux risques supportés par la banque. Son insuffisance traduit un problème de capital ; elle ne permet pas, à elle seule, de calculer les pertes finales des déposants.
Les administrateurs désignés doivent vérifier la situation patrimoniale et préserver les actifs. Le BCP tente de rassurer et présente cette défaillance comme un cas particulier, sans affirmer que l’ensemble du système bancaire paraguayen rencontre les mêmes difficultés.
La crise a également entraîné le départ de Carlos Carvallo, qui dirigeait auparavant Financiera Ueno. Liana Caballero a pris la présidence intérimaire du BCP, rapporte la presse.

Garantie des dépôts et remboursements : Plusieurs dispositifs en préparation
Le plafond légal de garantie atteint 75 salaires minimums, soit 228,3 millions de guaranís (environ 34 000€). Il s’applique par déposant et par établissement, et non séparément à chaque compte. Les montants supérieurs ne bénéficient pas automatiquement de cette couverture.
Le BCP a annoncé un premier versement pouvant atteindre 10 millions de guaranís (1 500€). Parallèlement, le Sénat a adopté un projet prévoyant une avance plus importante sur la garantie. Ce vote ne suffit pas à considérer le dispositif comme définitivement entré en vigueur.
Aujourd’hui 4 novembre, Liana Caballero a également présenté un calendrier visant des premiers paiements rapides, avec vérification des bénéficiaires et priorité aux comptes courants et d’épargne. Ces annonces ne constituent évidemment pas une promesse de restitution intégrale rapide.
Selon l’agence de presse EFE, Horacio Cartes demande une enquête et des sénateurs d’opposition annoncent vouloir engager une procédure de destitution contre Santiago Peña et son vice-président. À ce stade, une demande politique ne vaut ni mise en accusation adoptée ni destitution.
Pour les déposants, l’enjeu immédiat reste l’accès aux sommes garanties. Il n’y a donc pas que dans la crypto que les utilisateurs ont des angoisses. Après le Crédit Mutuel, c’est maintenant cette banque du Paraguay qui fait la une de l’actualité économique avec trois millions de comptes concernés !