SpaceX veut racheter Boost Mobile pour créer le quatrième opérateur américain
Musk redescend sur Terre. SpaceX négocie le rachat de Boost Mobile ou l’accès à son réseau, une information révélée lundi 2 novembre par le Washington Post. Après avoir contracté 40 milliards de dollars de dette, l’entreprise d’Elon Musk vise un nouveau relais de croissance : devenir le quatrième opérateur mobile des USA.
Les points clés de cet article :
- SpaceX discute avec EchoStar du rachat de Boost Mobile ou de l’accès à son réseau, selon le Washington Post.
- Musk vise un marché américain du mobile estimé à 235 milliards de dollars par MoffettNathanson.
- AT&T, Verizon et T-Mobile refusent d’ouvrir leurs réseaux à ce futur concurrent.
- La maison-mère de Boost a déjà cédé des fréquences pour 17 milliards de dollars à SpaceX.
Un quatrième opérateur dans le viseur de Musk
Le 2 novembre, le Washington Post citait deux personnes familières des négociations. Elon Musk aurait rencontré Charlie Ergen, président d’EchoStar, en octobre.
Boost Mobile est un opérateur à bas prix, qui ne dispose pas d’antennes. L’entreprise loue le réseau d’AT&T et de T-Mobile et revend des forfaits sous sa marque, un modèle d’opérateur virtuel avec des clients mais sans réseau.
Le marché visé est immense. Le cabinet MoffettNathanson évalue le marché la téléphonie mobile américaine à 235 milliards de dollars. Une combinaison réussie de satellites et d’antennes pourrait y prélever une belle part.
L’ambition dépasse la téléphonie. Musk a fixé à SpaceX un objectif de 1 000 milliards de dollars de revenus en 2027, un cap que la téléphonie mobile aiderait à franchir.
Pour aller vite, Musk aurait d’abord demandé un accès réseau à AT&T, Verizon et T-Mobile, que les trois géants ont refusé d’accorder à un futur concurrent. La porte de Boost offrirait une entrée par l’arrière.
Les géants avancent aussi. Début octobre, ils ont fondé une joint venture pour accélérer la connexion directe entre satellites et téléphones.
En bourse, la réaction a été immédiate. L’action EchoStar bondissait de 7,3% en matinée vers 104 dollars, tandis que les trois géants reculaient d’environ 2% et que SpaceX reprenait 1,7%. Le titre de SpaceX, introduit en bourse cet été, avait touché la veille son plus bas niveau en deux mois.
Les deux entreprises se connaissent bien. En 2025, EchoStar a cédé à SpaceX une grande partie de ses fréquences pour 17 milliards de dollars, dont la moitié en espèces, rapporte Dow Jones. EchoStar conserve une petite participation dans SpaceX.
Pourquoi les satellites ne suffisent pas ?
Starlink fait déjà tourner plus de 12 000 satellites et relie les zones rurales à internet, mais la téléphonie est plus exigeante que le haut débit. Le signal venu de l’espace traverse mal les murs.
Starlink propose d’ailleurs déjà, avec T-Mobile, une connexion satellite directe pour les téléphones. Ce service cible les zones blanches, où aucune antenne ne passe.
Par exemple, un appel passé au sous-sol d’un immeuble réclame une antenne terrestre à proximité, ce qu’aucune constellation ne fournit aujourd’hui. Les villes denses restent le terrain des réseaux terrestres.
Construire ce réseau en partant de zéro prendrait quatre à six ans à en croire des dirigeants de Verizon, un délai que Musk juge trop long. S’offrir Boost Mobile revient à acheter un raccourci.
Le raccourci a son péage, car les contrats qui relient Boost aux réseaux d’AT&T et de T-Mobile ne passent pas automatiquement à un nouvel acquéreur. Les deux opérateurs devront donner leur feu vert. Verizon a déjà averti que ses propres contrats de location ne se transfèrent pas.
Quoi qu’il en soit, Musk empile les terrains de jeu. Sur X, son réseau social, il envisage de rémunérer les créateurs en stablecoins, et la boucle entre satellites, téléphones et crypto se resserre.