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Bitcoin : le gouverneur de la Banque de France alerte sur l’IA financée à crédit

Sonnette d’alarme à Barcelone. Le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin s’inquiète d’une course à l’IA de plus en plus payée avec de l’argent emprunté. Et si la mer de Buffett se retire, les mineurs de bitcoin font partie des baigneurs les plus exposés.

Le moment est mal choisi pour le marché. Le bitcoin glisse sous les 77 000 dollars ce mardi matin, entraîné par un Nasdaq 100 tombé en correction.

Points clés

  • Lundi en Espagne, le patron de la Banque de France a décrit une IA qui passe du financement par actions à l’endettement.
  • Il craint qu’une chute des valeurs IA américaines se propage aux marchés européens.
  • Pour devenir hébergeurs de serveurs IA, les mineurs cotés ont empilé des milliards d’obligations.
  • Le BTC recule au rythme des valeurs technologiques.
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Ce que le gouverneur de la Banque de France a dit sur l’IA

La scène se passe lundi 2 novembre au forum World in Progress, organisé à Barcelone par le groupe de médias espagnol Prisa. La table ronde s’intitule « Banques centrales : indépendance, stabilité et croissance », comme l’indique la page officielle de la Banque d’Espagne. Autour de la table, Emmanuel Moulin, son homologue espagnol José Luis Escrivá et l’ancien vice-président de la BCE Luis de Guindos.

Moulin se garde bien de prononcer le mot « bulle ». D’après l’agence EFE, il a même esquivé la question des valorisations boursières de la tech.

Sa crainte porte sur la tuyauterie. Ces investissements « sont aujourd’hui de plus en plus financés par de la dette », a-t-il expliqué selon l’AFP. Ils reposent aussi sur des perspectives de profit « très élevées ». Il redoute également qu’une remontée des taux d’intérêt rende ces rendements hors d’atteinte.

Puis vient la phrase qui concerne directement les épargnants européens. « On peut donc avoir un effet de contagion en Europe en cas de chute des valorisations des entreprises liées à l’IA aux États-Unis », a prévenu le gouverneur. Les Européens détiendraient entre 15 et 20 % des titres américains, selon les estimations citées par l’AFP.

José Luis Escrivá apporte un contre-point. Pour le gouverneur espagnol, « il est évident que les valorisations sont élevées », mais l’essentiel de ces investissements reste financé en fonds propres.

Les deux hommes s’accordent sur un point d’histoire. Le volume investi dans l’IA dépasserait déjà celui de la construction des chemins de fer américains au XIXe siècle. Comparaison flatteuse, à un détail près. La fièvre ferroviaire s’est fracassée sur la panique de 1873, déclenchée par la faillite de la banque Jay Cooke, qui finançait la Northern Pacific à crédit.

Les mineurs de bitcoin ont pris l’IA à crédit

Si vous cherchez l’endroit où la dette de l’IA croise la crypto, regardez du côté des mineurs cotés. Leur revenu par unité de puissance de calcul, le hash price, a touché un plancher historique début 2026. Ils ont donc transformé leurs hangars en centres de données pour Microsoft, Meta ou CoreWeave. Et ils ont payé la transformation avec de la dette.

Le mouvement ne date pas d’hier. Selon VanEck, la dette des mineurs est passée de 2,1 à 12,7 milliards de dollars entre mi-2024 et mi-2025, soit une hausse de 500 % en douze mois.

Depuis, la facture a encore grossi. IREN a levé 3,7 milliards de dollars en obligations convertibles, des titres de dette remboursables en actions, réparties en cinq séries arrivant à échéance entre 2029 et 2033. La dette totale de TeraWulf atteint 5,7 milliards de dollars. Cipher a émis 1,73 milliard de dollars d’obligations à 7,125 %, et sa charge d’intérêts a bondi à 33,4 millions de dollars au seul quatrième trimestre 2025, contre 3,2 millions sur les neuf mois précédents.

En face, les contrats sont colossaux. IREN a signé 9,7 milliards de dollars sur cinq ans avec Microsoft, Core Scientific 10,2 milliards avec CoreWeave, Hut 8 un bail de 7 milliards sur quinze ans avec Fluidstack. Selon le rapport de CoinShares sur le premier trimestre 2026, le secteur cumule plus de 70 milliards de dollars de contrats IA et HPC (calcul haute performance).

Pour tenir pendant les travaux, il a fallu vendre des bitcoins. Toujours selon CoinShares, les mineurs cotés ont réduit leurs réserves de plus de 15 000 BTC depuis leur pic. MARA, longtemps champion du HODL, laisse désormais filer son trésor.

Pourquoi le bitcoin est exposé à une bulle IA

Reprenez le scénario de Moulin et appliquez-le aux mineurs. Les valeurs IA américaines chutent, les clients hyperscalers freinent leurs commandes, les actions des mineurs plongent et refinancer des milliards de dette devient hors de prix. La variable d’ajustement la plus liquide de leur bilan reste le bitcoin.

Le film a déjà eu sa bande-annonce. En mars 2025, des informations sur l’abandon de projets de centres de données par Microsoft avaient suffi à faire plonger les actions des mineurs.

Le lien passe aussi par la corrélation pure. Ce mardi matin, le bitcoin évolue autour de 76 800 dollars. Le Nasdaq 100 a perdu plus de 10 % depuis son sommet d’octobre et les fabricants de puces ont cédé environ 12 % en trois séances.

Il faut être honnête sur l’autre plateau de la balance. Le bail de Hut 8 court sur quinze ans. Et Google garantit les loyers de Fluidstack chez TeraWulf, Cipher et Hut 8. Le parachute existe. Il est simplement plié par les mêmes géants dont Moulin surveille les valorisations.

À Barcelone, Moulin a aussi chiffré l’inflation de la zone euro à 3,8 %, tirée par une hausse de 18 % des prix de l’énergie. La BCE a déjà relevé ses taux pour la contenir, et des taux plus hauts sont justement ce qui menace, selon lui, les rendements promis par l’IA.

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Magali

Tombée dans le terrier du lapin blanc en 2017, je suis passée de lectrice assidue à Rédactrice en chef du Journal du Coin. J’aime m'investir dans les coulisses de projets pour porter ma vision d'un futur décentralisé. Amoureuse des belles lettres, je coordonne nos équipes pour transformer la complexité technique en une information humaine, précise et sans jargon inutile. Entre entrepreneuriat et rédaction, ma mission est claire : vulgariser demain, mais le faire aujourd'hui.

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