Revolut de nouveau en panne : connexion bloquée 8 jours après le crash Google Cloud
Rebelote chez Revolut. L’application de la néobanque a refusé ce mercredi 28 octobre les connexions d’une partie de ses clients, huit jours seulement après la panne Google Cloud qui avait gelé ses cartes bancaires.
Revolut parle d’un incident bref et déjà réglé. Pour les cryptos laissées dans l’appli, la question posée la semaine dernière revient pourtant intacte : qui tient vraiment les clés ?
Les points clés de cet article :
- Le service client de Revolut a reconnu sur X une coupure des connexions à partir de 16h27.
- La banque évoque un souci technique court, sans en donner la cause.
- Le 20 octobre, un incident électrique chez Google à Londres avait déjà bloqué paiements et virements.
- Spread et frais de retrait : chez Revolut, la crypto reste avant tout une source de revenus.
Revolut en panne de connexion ce mercredi après-midi
Les premiers signalements tombent peu après 16 heures. Sur Reddit, des clients britanniques, allemands, espagnols ou portugais décrivent le même scénario. Leur code d’accès est rejeté, puis l’appli affiche « trop de tentatives » et ferme la porte.
Downdetector attribue 57 % des plaintes à la connexion et 38 % à l’application elle-même.
Le compte officiel @revolutsupport reconnaît sur X à 16h27 « une interruption de service qui affecte la connexion de quelques-uns de nos utilisateurs ». Neuf minutes plus tard, sa réponse en français promet de « rétablir la situation dans les plus brefs délais ». Et précise qu’il n’y a « aucune raison de s’inquiéter ».

Un porte-parole a ensuite décrit au média irlandais The Journal un « court problème technique », vite identifié puis corrigé. « La plupart de nos clients n’ont pas été affectés, et l’argent comme les données de tous nos clients sont en sécurité », assure-t-il. Aucune cause n’a été avancée.
La page de statut officielle de Revolut est repassée au vert dans la foulée. À 17h57, elle affichait « All systems are operational » pour l’ensemble des services, connexion comprise.

Deuxième panne Revolut en huit jours
La coupure du 20 octobre avait une tout autre ampleur. À 8h08, un incident électrique frappe la zone europe-west2-b de Google Cloud, à Londres. Paiements par carte refusés en caisse et virements bloqués se sont enchaînés une bonne partie de la journée.
Google n’a clos son incident qu’à 16 heures, près de huit heures plus tard. Revolut, elle, n’a jamais communiqué d’heure de rétablissement. Certains clients ont même vu leur portefeuille crypto afficher 0 euro pendant la panne, un bug d’affichage selon les médias qui l’ont relevé.
L’incident de ce mercredi est plus court et plus ciblé. Mais pour un client qui voulait vendre ses bitcoins à 16h30, la nuance reste mince. Sans connexion, aucun ordre ne part.
Revolut et la crypto, un business de frais
Revolut n’a rien d’une start-up fragile. La néobanque a encaissé 6 milliards de dollars de revenus en 2025 et dégagé 2,3 milliards de bénéfice avant impôts, selon ses résultats annuels. Elle comptait alors 68,3 millions de clients particuliers.
Sa branche Wealth, qui regroupe actions et cryptos, a rapporté 876 millions de dollars. Les abonnements payants ont pesé 936 millions de plus.
La grille tarifaire crypto suit la même logique. Revolut prélève un spread, l’écart ajouté au prix de marché, généralement compris entre 0 et 3 % du montant échangé. Les clients de l’offre gratuite paient en plus 1 % au-delà de 1 000 livres échangées.
Envoyer ses bitcoins vers son propre wallet coûte enfin 3 livres de frais de service, hors frais de réseau.
Soyons justes, Revolut autorise ce retrait vers un portefeuille externe, ce que plusieurs applis de courtage ont longtemps refusé. Encore faut-il pouvoir se connecter pour le déclencher.
Une banque reste un tiers de confiance
Satoshi Nakamoto avait mis le doigt dessus dès le 11 février 2009, sur le forum P2P Foundation.
« Le problème fondamental de la monnaie conventionnelle, c’est toute la confiance qu’il faut pour la faire fonctionner. »
Une néobanque reste une banque, et elle obéit à ses régulateurs. Sa filiale crypto européenne opère sous licence MiCA, accordée par le gendarme chypriote CySEC. La directive DAC8 oblige aussi depuis le 1er janvier 2026 chaque prestataire crypto à collecter les transactions de ses clients pour le fisc.
Revolut applique la loi comme Coinbase ou Kraken, et il n’y a rien de scandaleux là-dedans.
Le client dépend de chaque maillon de la chaîne. Un régulateur peut exiger un gel de compte, un bug peut bloquer un ordre et un serveur londonien peut fermer l’appli. Pendant les deux pannes, le réseau Bitcoin a continué à produire un bloc toutes les dix minutes environ, sans page de statut ni porte-parole.
Revolut a décroché sa licence MiCA à Chypre il y a un an presque jour pour jour et vise désormais 100 millions de clients. Leurs cryptos laissées dans l’appli resteront accessibles tant que la connexion tient.