Tech et IA : Les hedge funds réduisent leur exposition à un rythme inédit depuis dix ans
Les fonds réduisent leurs paris sur la tech. Les hedge funds ont diminué leur exposition aux actions technologiques au rythme le plus rapide depuis au moins dix ans, selon les données de Goldman Sachs portant sur les cinq séances terminées le 15 octobre. Ce mouvement accompagne une baisse hebdomadaire de 5,5 % du Nasdaq 100, sur fond d’inquiétudes concernant les valorisations et le financement des infrastructures d’intelligence artificielle.
Points clés
- Goldman Sachs relève la plus forte réduction en pourcentage de l’exposition technologique sur cinq séances depuis le début de ses données, en 2016.
- Les semi-conducteurs concentrent les pertes les plus importantes en dollars parmi les fonds suivis.
- Malgré les ventes, la technologie représente encore 23,5 % de leur allocation nette mondiale.
Les hedge funds réduisent une exposition encore élevée à la tech
Les chiffres proviennent de l’activité de prime brokerage de Goldman Sachs, qui fournit notamment des services de financement et d’exécution aux fonds. Ils décrivent les positions suivies par la banque, plutôt que l’ensemble des hedge funds mondiaux.
Sur la période étudiée, les technologies de l’information dominent les ventes nettes, loin devant les autres secteurs. Les semi-conducteurs enregistrent également les pertes les plus lourdes en dollars. Le recul du Nasdaq 100 sur la semaine constitue, quant à lui, sa plus mauvaise performance depuis avril 2025.
Cette correction touche des portefeuilles fortement exposés à l’IA. Lorsque plusieurs gérants réduisent simultanément des positions similaires, leurs ventes peuvent accentuer la pression sur les mêmes titres.
Cependant, les fonds n’ont pas quitté le secteur. La technologie pèse encore 23,5 % de leur allocation nette mondiale, un niveau situé dans le dixième supérieur des observations des cinq dernières années.
Il s’agit donc d’un désengagement rapide à partir d’une exposition historiquement élevée. Les données ne permettent pas de conclure à un abandon durable de l’intelligence artificielle. Elles montrent surtout que les gérants réduisent leurs risques après avoir largement participé à la hausse.

CoreWeave cristallise les inquiétudes sur le financement de l’IA
Les tensions autour de CoreWeave illustrent les préoccupations du marché. Le 14 octobre, l’action du fournisseur de capacités de calcul a perdu environ 15 %, tandis que les rendements de certaines de ses obligations ont atteint, voire dépassé, 15 % sur le marché secondaire.
Ces rendements augmentent lorsque le prix des obligations baisse. Ils traduisent une rémunération exigée plus importante par les investisseurs, mais ne correspondent pas automatiquement au taux payé sur l’ensemble de la dette existante.
CoreWeave finance une partie importante de son développement par l’emprunt. Le marché s’interroge donc sur sa capacité à convertir la demande de calcul en revenus suffisants pour couvrir ses investissements et ses engagements financiers. Sa direction met en avant son carnet de commandes pour défendre la solidité de ce modèle.
Les analyses restent néanmoins partagées. Goldman Sachs a relevé sa recommandation sur CoreWeave à l’achat le 19 octobre, en soulignant notamment les tensions sur l’offre de capacités informatiques. Cette position concerne l’analyse du titre et se distingue des données de la banque sur les ventes réalisées par ses clients hedge funds.
La correction révèle ainsi une sélection plus exigeante des investissements liés à l’IA. La croissance de la demande demeure un argument, mais les valorisations, le coût du financement et la rentabilité occupent désormais une place centrale dans l’évaluation des entreprises. Alors, bulle ou pas bulle ?