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Trump dégaine sa dernière arme contre le marché obligataire : l’armée

La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Interrogé sur une éventuelle nouvelle intervention de Scott Bessent pour faire plier des taux qui refusent de redescendre, Donald Trump n’a pas cherché la nuance. Sa réponse a de quoi surprendre jusque dans les salles de marché habituées à ses saillies. Depuis des semaines, le Trésor multiplie pourtant les rachats d’obligations pour calmer le jeu. Sans grand effet durable.

Les points clés de cet article :
  • Donald Trump a évoqué une intervention militaire pour influencer le marché obligataire, créant un choc dans le monde financier.
  • Malgré les efforts du Trésor et de Scott Bessent pour calmer les taux, le marché obligataire a résisté, soulignant l’inefficacité des rachats d’obligations dans un contexte de dette croissante.

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Le marché obligataire, nouvelle cible de Trump

La phrase mérite d’être citée en entier. En effet, à la question de savoir s’il avait évoqué avec Bessent une « autre forme d’intervention », le président Trump a répondu : « L’intervention ultime, c’est notre armée. Et si on doit l’utiliser, on le fera ».

Personne, pas même à la Maison-Blanche, n’a expliqué comment des chars pourraient faire baisser un rendement à trente ans. La formule tombe alors que les taux longs grimpent de nouveau vers des sommets pluriannuels, sur fond de guerre bien réelle, elle, contre l’Iran.

Trump n’en est pas à sa première sortie contre une institution censée rester hors de sa portée. Il a déjà :

  • multiplié les attaques contre la Fed,
  • réclamé des baisses de taux plus franches,
  • poussé pour un renouvellement de sa direction plus docile.

Le marché obligataire, contrairement à la banque centrale, n’a ni président ni conseil à convoquer. Ce sont des milliers d’acheteurs anonymes, fonds de pension, banques centrales étrangères, gestionnaires d’actifs, qui fixent le prix chaque jour. Aucune déclaration martiale n’y change grand-chose.

Ce n’est pas la première fois également qu’un président américain s’attaque frontalement à la mécanique des marchés. En 1971, Richard Nixon fermait unilatéralement la fenêtre de convertibilité entre l’or et le dollar pour endiguer une autre crise de confiance. Le contexte n’a rien de comparable, mais l’instinct interventionniste, lui, traverse les décennies sans trop s’émousser.

Bessent et ses rachats d’obligations, déjà à court d’effet

Le Trésor n’a pourtant pas attendu cette sortie pour agir. Scott Bessent a doublé son programme de rachat d’obligations longues (10 à 30 ans) le 19 août, portant le plafond de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération, jusqu’au 4 novembre. Las. Le rendement à 30 ans, retombé un temps de 5,34% vers 5,19-5,24%, est reparti à la hausse depuis. Le Trésor achète, le marché encaisse, et les prêteurs continuent d’exiger leur part. Une mécanique qui grince plus qu’elle ne convainc.

Cependant, racheter quelques milliards de dollars d’obligations par opération reste dérisoire face à un marché qui en traite des centaines de milliards chaque semaine. Les créanciers, eux, regardent ailleurs : une dette qui grossit plus vite que l’économie qui la soutient, une inflation qui campe au-dessus de la cible, et maintenant un président qui parle de char d’assaut plutôt que de discipline budgétaire. Difficile de vendre de la confiance dans ces conditions.

Une dette fédérale qui pèse plus lourd que l’armée elle-même

Difficile, dans ce contexte, de ne pas voir la sortie martiale comme un aveu d’impuissance plutôt qu’une menace crédible.

La dette fédérale américaine dépasse désormais 40 000 milliards de dollars, et sa charge d’intérêts a franchi celle du budget de la défense, celui-là même que Trump vient d’invoquer. L’ironie ne manque pas de sel : l’armée qu’il menace de mobiliser coûte déjà moins cher à l’État que les intérêts de sa propre dette. Le marché obligataire, lui, ne cède ni aux rachats ni aux menaces. Il continue simplement de faire ce qu’il fait depuis des mois, réclamer un prix plus élevé pour prêter à un emprunteur de plus en plus endetté.

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Magali

Tombée dans le terrier du lapin blanc en 2017, je suis passée de lectrice assidue à Rédactrice en chef du Journal du Coin. J’aime m'investir dans les coulisses de projets pour porter ma vision d'un futur décentralisé. Amoureuse des belles lettres, je coordonne nos équipes pour transformer la complexité technique en une information humaine, précise et sans jargon inutile. Entre entrepreneuriat et rédaction, ma mission est claire : vulgariser demain, mais le faire aujourd'hui.

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