Bitcoin, Ether, XRP et SOL : Le semestre noir des cryptomonnaies
Le rouge est mis. À mi-parcours de l’année, le relevé publié par l’agrégateur d’actualité Watcher Guru ne laisse aucune ambiguïté : aucune des cinq plus grosses cryptomonnaies du marché n’affiche de performance positive depuis le 1er janvier. Le Bitcoin limite la casse à -29,72 %, quand XRP abandonne près de la moitié de sa valeur. Sous la surface, pourtant, plusieurs indicateurs de cycle viennent de basculer dans une zone que les investisseurs de long terme associent aux creux historiques.
Points clés
- Toutes les grandes cryptos sont dans le rouge en 2026 : BTC -29,72 %, ETH -40,48 %, SOL -44,49 %, XRP -47,43 %
- Les ETF Bitcoin spot américains ont subi 4,06 milliards de dollars de sorties nettes en juin, un record depuis leur lancement
- Le bitcoin a rebondi sur sa moyenne mobile à 200 semaines, support de chaque creux de cycle précédent
- Les flux des ETF sont repassés positifs début juillet, première accalmie après l’hémorragie de juin
Cinq poids lourds, zéro rescapé
Le tableau de bord du premier semestre se lit comme un bulletin de tempête :
- Bitcoin (BTC) : -29,72 %
- BNB : -36,52 %
- Ethereum (ETH) : -40,48 %
- Solana (SOL) : -44,49 %
- XRP : -47,43 %
Parti de près de 90 000 dollars en début d’année, le bitcoin évolue désormais autour de 63 000 dollars.
Ethereum se négocie sous les 1 900 dollars, Solana campe vers 75 dollars et XRP défend pied à pied le seuil psychologique du dollar, à 1,09 dollar.
La hiérarchie des pertes suit un schéma bien connu des marchés baissiers : le capital se replie vers le bitcoin, valeur refuge relative de l’écosystème, pendant que les altcoins amplifient la chute. Écart notable tout de même, BNB s’en tire mieux qu’Ethereum, porté par un écosystème d’exchange qui continue de générer des revenus même par gros temps.

Les ETF, porte d’entrée devenue porte de sortie
Le principal accélérateur de la correction porte un nom : les ETF Bitcoin spot américains. En juin, ces fonds ont enregistré 4,06 milliards de dollars de sorties nettes, le pire mois depuis leur lancement en janvier 2024, loin devant le précédent record de 3,56 milliards établi en février 2025. Une seule séance a vu s’évaporer 696,3 millions de dollars, avec l’IBIT de BlackRock en tête des rachats.
Conséquence mécanique : le bitcoin a perdu plus de 20 % sur le seul mois de juin, jusqu’à un plus bas annuel de 58 190 dollars. Les véhicules présentés il y a deux ans comme le canal d’une demande institutionnelle régulière fonctionnent dans les deux sens. La tuyauterie qui avait aspiré des dizaines de milliards de dollars pendant le bull market les restitue avec la même efficacité, et chaque rachat de parts se traduit par de la vente sur le marché au comptant.
Ce que les vétérans regardent pendant que le marché panique
Début juin, le bitcoin a touché sa moyenne mobile à 200 semaines, située vers 61 300 dollars. Ce niveau a servi de support lors de chaque marché baissier précédent. Au même moment, l’offre de BTC détenue à perte a dépassé l’offre en profit, un croisement on-chain observé à proximité de chacun des grands creux de cycle. Et les flux des ETF sont repassés en territoire positif début juillet, à hauteur de 46,6 millions de dollars, première accalmie après l’hémorragie de juin.
Côté réglementaire, la pression remonte au Sénat américain pour un vote du CLARITY Act, le texte censé fixer le statut juridique des actifs numériques outre-Atlantique et répartir les compétences entre régulateurs. D’ici là, le bitcoin se négocie autour de 63 000 dollars, posé sur la ligne qui a fait office de plancher lors de chacun des cycles précédents. Chez les investisseurs de long terme, ce genre de configuration porte un nom : une fenêtre d’accumulation.