Clarity Act : Circle grand gagnant du compromis sur les stablecoins ?
Le 18 mai 2026, le cabinet Bernstein a publié une note sur les conséquences du compromis sénatorial lié à la loi CLARITY. Alors que l’offre globale de stablecoins dépasse les 300 milliards de dollars, ce texte cible spécifiquement les rendements passifs, créant un déséquilibre technique qui favorise directement Circle. S’il est adopté, le projet de loi sanctuarisera les revenus de l’émetteur américain tout en excluant le grand public des gains générés par ces réserves.

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Circle encaisse les intérêts du Trésor américain, la loi interdit de les reverser aux clients
Le 14 mai, la commission bancaire du Sénat a validé le compromis sur la loi CLARITY par 15 voix contre 9. Quatre jours plus tard, Bernstein livrait son verdict : ce texte met fin à la guerre des taux d’intérêt et fige les positions au profit de Circle.
En effet, la section 404 interdit aux plateformes et aux émetteurs de verser un rendement équivalent à un dépôt bancaire sur des soldes passifs de stablecoins. Circle n’est pas concernée, elle n’a jamais rémunéré la simple détention d’USDC.
La société gagne de l’argent d’une autre manière : elle place les milliards de dollars déposés par ses clients dans des bons du Trésor américain à court terme.
Circle encaisse 100 % des intérêts payés par l’État américain, mais la loi lui interdit de partager cette manne avec ses utilisateurs. Ce cadre légal élimine d’office les émetteurs concurrents qui espéraient séduire le marché en reversant une partie de leurs rendements aux clients.
En définissant le stablecoin comme un instrument de paiement, les sénateurs interdisent aux émetteurs de se battre sur les taux pour attirer des clients.
L’USDC capte 60 % des volumes réels sans rémunérer la détention
Si l’on regarde uniquement la masse monétaire en circulation, Tether domine encore largement avec 189 milliards de dollars de l’USDT contre 77 milliards pour l’USDC de Circle. Mais cette métrique est trompeuse, car elle intègre les positions dormantes et l’activité des robots de trading.
L’analyse des volumes réels et ajustés montre une réalité bien différente. Sur un marché global de 15 000 milliards de dollars de transactions mensuelles, la part de l’USDC s’est envolée, passant de 41 % à 60 % en l’espace d’un an.
Circle traite désormais près de 100 000 milliards de dollars de transactions en rythme annualisé, démontrant que l’USDC n’a pas besoin d’offrir de taux d’intérêt pour attirer les flux de capitaux de la planète crypto.
99 % des paiements entre intelligences artificielles s’effectuent déjà en USDC
Bernstein identifie les paiements automatisés entre intelligences artificielles (agentic payments) comme le prochain moteur de croissance du secteur. Ce commerce de machine à machine repose sur le protocole x402, un standard open-source qui permet à des programmes informatiques de se facturer et de se régler instantanément entre eux.
Déployée en mai 2025, cette infrastructure totalise déjà 112 millions de micro-transactions pour un montant de 16 millions de dollars. Sur ce marché naissant mais stratégique, l’USDC traite aujourd’hui plus de 99 % des échanges algorithmiques mondiaux.
Une législation toujours en attente de validation finale
Bien que le vote du 14 mai franchisse une étape clé, la loi CLARITY n’est pas encore adoptée. Pour entrer en vigueur, le texte doit fusionner avec le projet de la commission de l’Agriculture, réunir 60 voix au Sénat, puis être validé par la Chambre des représentants. Les parieurs de Polymarket estiment les chances d’une adoption définitive en 2026 à 62 %.
Ce flou politique épargnerait la finance décentralisée (DeFi), qui resterait hors du champ d’application direct du texte. Le compromis maintient une distinction claire : les récompenses liées à une contribution active, comme l’apport de liquidités dans un protocole, restent autorisées.
La section 404 vise les émetteurs et plateformes centralisées. Les protocoles décentralisés comme Aave, où le rendement vient de l’activité des utilisateurs, ne sont pas dans son collimateur.
Les émetteurs captent le rendement passif, la DeFi s’impose au particulier
Si le texte est adopté, le particulier qui détient des stablecoins sur un exchange ne toucherait plus d’intérêts passifs, et la DeFi resterait le seul endroit où ce capital peut générer un rendement.
Encore faut-il savoir où placer ce capital. Auditer un protocole DeFi, comprendre d’où vient le rendement et évaluer les risques techniques prend du temps et exige des compétences spécifiques.
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Le modèle de Circle repose sur un principe simple : encaisser les intérêts des bons du Trésor sans les redistribuer. Si la loi CLARITY est adoptée, ce principe deviendra la norme. Le rendement sur stablecoins, lui, continuera d’exister à travers la DeFi.