Polymarket défie Hyperliquid : bientôt un token POLY ?
Faites vos jeux. Shayne Coplan, fondateur de Polymarket, est attendu sur la scène de TOKEN2049 à Singapour. Avant d’y monter, il a relayé une comparaison flatteuse entre les revenus de sa plateforme et ceux d’Hyperliquid.
Le marché y voit déjà un indice sur le token POLY. Nous avons donc confronté ces chiffres aux données de DefiLlama. Ils tiennent, mais ils ne disent pas tout.
- Shayne Coplan, fondateur de Polymarket, a relayé une comparaison de revenus avec Hyperliquid et promet « un petit quelque chose à dire » à TOKEN2049, les 7 et 8 octobre.
- Les données de DefiLlama confirment l’avance de Polymarket sur le week-end cité, mais l’écart se réduit nettement sur un mois et aucun token POLY n’est annoncé.
Coplan, Hyperliquid et TOKEN2049 : ce que dit le message
Dimanche 4 octobre, vers 20 h à Paris, Shayne Coplan a repris sur X un message de Matthew Modabber. Ce dernier est directeur marketing de Polymarket. Coplan y ajoute qu’il pourrait avoir « un petit quelque chose à dire » à TOKEN2049. Il donne rendez-vous à Singapour. L’événement se tient les 7 et 8 octobre, selon son programme.
Le message de Modabber compare les revenus d’un week-end : 9,9 millions de dollars pour Polymarket, 2,64 millions pour Hyperliquid. Le graphique joint porte sur les 26 et 27 septembre. Modabber ajoute que HYPE est un token à 86 milliards de dollars.

Polymarket devant Hyperliquid : ce que montrent les données de DefiLlama
Ces chiffres viennent de Polymarket, pas d’un décompte indépendant. Nous les avons donc recoupés avec DefiLlama. Sur ces deux jours, l’agrégateur compte 9,88 millions de dollars de frais payés par les utilisateurs de Polymarket. En face, Hyperliquid en totalise 2,92 millions, un peu plus que les 2,64 millions cités par Modabber. Ni son message ni son graphique ne précisent la source de ce chiffre. L’ordre de grandeur avancé par Modabber reste toutefois le bon.
Premier bémol, il s’agit de frais bruts, avant toute redistribution. Sur ce total, 8,09 millions de dollars proviennent de Polymarket US, la plateforme américaine du groupe. DefiLlama estime ces frais à partir des transactions publiées par la plateforme. En revanche, l’agrégateur précise qu’il ne peut pas calculer ce que l’entreprise en conserve.
Pour le reste de l’activité, sur Polygon, ce calcul existe. Sur 1,78 million de dollars de frais, Polymarket en garde 0,87 million. Le solde part en remises et en récompenses versées aux utilisateurs.
Second bémol, le week-end est le moment le plus favorable à Polymarket. En semaine, l’écart se resserre nettement. Le lundi 21 septembre, Hyperliquid a même encaissé 4,65 millions de dollars de frais, contre 2,83 millions pour Polymarket. Sur l’ensemble de septembre, Polymarket totalise 93,6 millions de dollars, contre 72,2 millions pour son rival. L’avance existe donc, mais elle tombe à environ 30 %.
Ce n’est d’ailleurs pas une première. En juin, Polymarket avait déjà dépassé Hyperliquid sur 24 heures, avec 1,18 million de dollars contre 815 000, d’après Crypto Briefing. Le média prévenait alors que les revenus d’une plateforme de paris suivent les événements.
Token POLY : pourquoi la comparaison avec HYPE a ses limites
Reste le chiffre de 86 milliards de dollars. Il correspond à la valorisation entièrement diluée de HYPE, qui compte aussi les tokens pas encore en circulation. La capitalisation réelle avoisine 20 milliards de dollars, selon CoinGecko.
Surtout, les deux modèles diffèrent. Selon DefiLlama, 99 % des frais de trading d’Hyperliquid servent à racheter des tokens HYPE. Sur le week-end cité, cela représente 2,24 millions de dollars. Polymarket, lui, n’a pas encore de token. Rien n’indique donc qu’un futur POLY capterait une part de ces revenus.
Le podcasteur Andy, animateur de The Rollup, pense que Coplan pourrait livrer des informations sur le token à Singapour. Ce n’est toutefois qu’une hypothèse.
Polymarket : un token teasé depuis un an, des recrutements qui parlent d’IPO
Coplan avait déjà fait apparaître le ticker POLY parmi les principales cryptomonnaies dans un message d’octobre 2025. Intercontinental Exchange venait alors de s’engager à investir jusqu’à 2 milliards de dollars dans Polymarket.
À l’époque, des sources citées par la presse spécialisée indiquaient que Polymarket attendrait avant de lancer son token. Condition posée : avoir regagné une part substantielle du marché américain. Un an plus tard, les sources consultées ne mentionnent aucun calendrier officiel.
Depuis, Polymarket a recruté d’anciens d’Amazon, d’Uber, du NYSE, de Coinbase et de Robinhood. Ces recrutements visent notamment des postes de directeur financier et de responsable conformité. Des analystes y voient les préparatifs d’une introduction en Bourse plutôt que d’un lancement de token imminent.
Par ailleurs, le succès commercial de la plateforme a son revers : 69 % des comptes particuliers perdent de l’argent sur la plateforme.
Un token et une introduction en Bourse ne s’excluent pas, mais rien ne confirme l’un ou l’autre. Coplan dira peut-être à Singapour ce qu’il en est.