Laboratoire de drogue démantelé dans le Tarn : 28 kg de méthamphétamine et des cryptomonnaies saisies
Breaking Bad. Près d’Albi, dans le Tarn, la gendarmerie vient de démanteler un laboratoire clandestin de fabrication de drogue de synthèse. Au milieu des produits chimiques et du matériel de production, les militaires ont aussi saisi de l’argent liquide et des cryptomonnaies, indice probable d’un réseau qui s’en servait pour ses transactions illégales. Retour sur cette affaire.
Points clés
- Un laboratoire clandestin de drogue de synthèse découvert à Fréjairolles, dans le Tarn, le 11 juin
- 28 kilos de poudre d’amphétamine, de l’argent liquide et des cryptomonnaies saisis par les gendarmes
- Cinq hommes mis en examen, dont quatre en détention provisoire, encourant jusqu’à 30 ans de réclusion
- L’enquête se poursuit pour identifier d’éventuelles ramifications du réseau en France
Le démantèlement du laboratoire clandestin par les forces de l’ordre
Selon le Tarn Libre, le 11 juin dernier, une vaste opération de gendarmerie a permis de découvrir un laboratoire clandestin de drogues de synthèse à Fréjairolles, petit village au sud d’Albi dans le Tarn. Près d’une centaine de militaires ont été mobilisés, dont l’antenne GIGN de Bordeaux, la cellule NRBC et des experts de l’IRCGN.
L’habitation, une ancienne ferme rénovée isolée, abritait une installation professionnelle de production de méthamphétamine. Les enquêteurs y ont saisi 28 kg de poudre d’amphétamine (conditionnés en sacs d’1 kg et dissimulés dans une table recouverte d’époxy), du matériel complet (cuves, masques, etc.), un véhicule haut de gamme et plusieurs téléphones cryptés.
38 396 € en espèces ainsi que des « clés de cryptomonnaies » ont également été trouvés, témoignant de l’usage d’actifs numériques pour les transactions du réseau. Une saisie complémentaire a eu lieu au domicile d’un suspect à Monestiés : 22 kg d’herbe de cannabis, 342 g de résine, 81 g de cocaïne et une installation de culture sophistiquée (cinq pièces, dont trois cachées derrière une porte dérobée).

Cryptomonnaies et drogues : Cinq hommes mis en examen et suites de l’enquête
Cinq hommes âgés de 30 à 52 ans ont été interpellés et placés en garde à vue pendant 96 heures. Le 15 juin dernier, ils ont été mis en examen par un juge d’instruction de la JIRS de Bordeaux pour production/fabrication de stupéfiants en bande organisée, blanchiment, association de malfaiteurs et infractions liées aux stupéfiants.
Quatre d’entre eux ont ensuite été placés en détention provisoire, le cinquième sous contrôle judiciaire. Ils encourent jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle. On apprend aussi qu’un seul avait un antécédent judiciaire en lien avec les stupéfiants. Les auditions ont enfin révélé des reconnaissances partielles et des rémunérations importantes selon les rôles occupés.
L’enquête, pilotée par la JIRS de Bordeaux, se poursuit pour identifier d’éventuelles ramifications du réseau en France ou à l’étranger. Il s’agit de la première affaire de ce type traitée par cette juridiction.
Cette opération marque un coup de filet important contre la production de drogues de synthèse en France. La présence de cryptomonnaies aux côtés des amphétamines confirme l’évolution des réseaux criminels vers des outils de paiement plus discrets, même si la blockchain reste traçable pour les enquêteurs. L’affaire reste en cours d’instruction.