20 dollars par jour contre la pluie : ce glacier paie 43 % de son loyer grâce à Kalshi

Vingt dollars par jour misés contre le beau temps. À Los Angeles, Jason Jiang, 37 ans, cogérant du glacier 28wishes en plein centre-ville, encaisse jusqu’à 1 500 dollars par mois sur Kalshi en pariant sur les coups de froid californiens. Soit 43 % des 3 500 dollars de loyer mensuel de sa boutique, réglés grâce à des contrats météo.

Un ancien banquier reconverti dans la glace maison qui se couvre contre la pluie : la mécanique n’a rien d’une lubie. Elle reproduit, pour 600 dollars par mois, ce que les compagnies d’électricité pratiquent depuis presque trente ans sur le marché des dérivés météo.

Points clés

  • Jason Jiang, cogérant du glacier 28wishes à Los Angeles, mise 20 dollars par jour sur les marchés météo de Kalshi et encaisse jusqu’à 1 500 dollars par mois, soit 43 % de son loyer.
  • Sa boutique perd près de 20 % de chiffre d’affaires sous 21 °C : les contrats binaires réglés sur les relevés de la NOAA compensent ces journées creuses.
  • Les dérivés météo du CME, réservés aux énergéticiens et aux gros industriels, n’ont jamais été accessibles à un commerce payant 3 500 dollars de loyer.
  • Kalshi, valorisée 22 milliards de dollars, affronte l’Arizona et l’Ohio pendant que la CFTC boucle une consultation qui valorise l’utilité de couverture des contrats.
Avec la fermeture de Binance, vous aimeriez déplacer vos cryptos vers une plateforme MiCa et gagner jusqu'à 10% de cashback ?
<strong>Créez votre compte Bybit et obtenez 60€ en BTC dès vos premiers 100€ d'actifs déposés+ 50€ par ami que vous parrainez</strong>
Créez votre compte Bybit et obtenez 60€ en BTC dès vos premiers 100€ d'actifs déposés+ 50€ par ami que vous parrainez

Vingt dollars par jour contre les journées sans clients

L’enseigne collectionne les avis cinq étoiles pour ses glaces maison, mais son activité tient dans un seul chiffre : sous 70 degrés Fahrenheit, environ 21 °C, elle perd près de 20 % de son chiffre d’affaires. Jason Jiang a passé des années dans la banque d’entreprise avant de servir des glaces, et il a traité le problème en banquier.

« La glace est l’un des produits les plus dépendants de la météo au monde. Nous perdons environ 20 % de chiffre d’affaires quand la température descend sous 70 degrés. Nous couvrons donc, pour l’essentiel, cette perte de profit sur l’application. »

Jason Jiang, cogérant du glacier 28wishes, à Los Angeles

Avec son frère cadet James, copropriétaire de l’enseigne, il a commencé au printemps par des mises de 20 dollars par jour sur les marchés climatiques de Kalshi. 600 dollars engagés chaque mois, pour des gains qui grimpent jusqu’à 1 500. Les deux frères s’appuient sur les bulletins de prévision, des sites spécialisés et des scientifiques suivis sur les réseaux sociaux. Jason Jiang juge leurs anticipations « effrayamment précises » et assume la ligne de dépense : « c’est un risque que nous sommes prêts à prendre ».

Sa femme, elle, a d’abord tiqué. « Elle m’a dit : « Tu es sûr ? C’est une bonne idée ? » Les sourcils se sont clairement levés. Mais quand je lui ai montré qu’on pouvait gagner jusqu’à 800 dollars en une seule journée avec une prévision météo, c’est difficile à contester. »

Les frères Jason et James Jiang couvrent près de la moitié de leur loyer mensuel en pariant sur les aléas climatiques – Source

La couverture météo, longtemps réservée aux électriciens

Se couvrir, en finance, consiste à prendre une position qui rapporte précisément quand l’activité perd de l’argent. Les dérivés météo existent depuis la fin des années 1990 et le CME Group en propose une gamme complète : contrats sur les degrés-jours de chauffage (HDD) et de climatisation (CDD), qui mesurent l’écart quotidien à une température de référence, plus des contrats sur températures moyennes cumulées. Chaque unité vaut 20 dollars par point d’indice et se négocie surtout par blocs via ClearPort, le service de compensation de gré à gré du groupe, face à des fonds spéculatifs et des assureurs.

Clientèle habituelle : énergéticiens, groupes agricoles, brasseries, parcs d’attractions. Un glacier indépendant à 3 500 dollars de loyer n’a jamais franchi cette porte, faute de taille de contrat adaptée et de compte de courtage professionnel.

Avec la fermeture de Binance, vous aimeriez déplacer vos cryptos vers une plateforme MiCa et gagner jusqu'à 10% de cashback ?
<strong>Créez votre compte Bybit et obtenez 60€ en BTC dès vos premiers 100€ d'actifs déposés+ 50€ par ami que vous parrainez</strong>
Créez votre compte Bybit et obtenez 60€ en BTC dès vos premiers 100€ d'actifs déposés+ 50€ par ami que vous parrainez

Kalshi a fait sauter le ticket d’entrée. Ses marchés météo fonctionnent en contrats binaires, par tranches de 2 °F sur le maximum du jour dans une ville donnée, avec des déclinaisons pluie, neige et ouragans. Le contrat paie 1 dollar si l’événement se produit, zéro sinon, et le règlement s’appuie sur les relevés officiels de la NOAA, l’agence météorologique fédérale américaine, et du National Weather Service. Une position achetée à 4 cents rapporte donc 25 fois la mise. Aucun dépôt minimum n’est exigé, aucun courtier à démarcher. Cette absence de seuil inquiète d’ailleurs l’American Farm Bureau Federation, qui a pointé l’arrivée massive de spéculateurs sur les contrats agricoles listés par la plateforme.

Kalshi pèse 22 milliards de dollars et affronte la fronde des États

Lancée en 2021 par deux anciens du MIT, Tarek Mansour et Luana Lopes Lara, la plateforme revendique plus de 5 millions d’utilisateurs actifs mensuels. En mars, elle a traité 13,1 milliards de dollars de volume sur les 25,7 milliards de l’ensemble des marchés prédictifs, devant les 10,6 milliards de Polymarket, son concurrent on-chain qui règle ses positions en USDC. En juin, son volume a dépassé 20 milliards, dont environ 7 milliards sur les perpetual futures crypto lancés fin mai sur bitcoin, ether, XRP et Solana. Ces contrats à terme sans échéance sont les premiers autorisés par la CFTC, le régulateur fédéral des marchés dérivés américains. Une série F d’un milliard de dollars menée par Coatue a valorisé l’ensemble 22 milliards.

Les régulateurs locaux, eux, ne désarment pas. En Arizona, la procureure générale Kris Mayes a déposé vingt chefs d’accusation pénaux contre Kalshi, avant qu’un juge fédéral n’interdise temporairement à l’État d’appliquer ses lois sur les jeux d’argent et ne suspende les poursuites. L’Ohio Casino Control Commission, elle, réclame 5 millions de dollars d’amende. La CFTC a riposté en attaquant l’Arizona, le Connecticut et l’Illinois, au motif que ces contrats relèvent du droit fédéral des dérivés, au même titre que la couverture d’un agriculteur sur ses récoltes.

Le régulateur américain a publié le 10 juin un projet de règles dont la consultation publique se referme le 27 juillet. Parmi les critères retenus pour autoriser un contrat : son utilité de couverture, sa capacité à offrir aux entreprises une protection plus fine que les instruments existants, et le risque de pousser les volumes vers des plateformes offshore moins surveillées. L’ancien financier, lui, assume l’ironie d’un bas de laine alimenté par les jours de pluie : « Mais même dans la banque, vous savez, tout est un pari. Même dans la vie. Il faut faire son propre truc pour être heureux. »

Avec la fermeture de Binance, vous aimeriez déplacer vos cryptos vers une plateforme MiCa et gagner jusqu'à 10% de cashback ?
<strong>Créez votre compte Bybit et obtenez 60€ en BTC dès vos premiers 100€ d'actifs déposés+ 50€ par ami que vous parrainez</strong>
Créez votre compte Bybit et obtenez 60€ en BTC dès vos premiers 100€ d'actifs déposés+ 50€ par ami que vous parrainez

Le Journal Du Coin

Un article de la rédaction. Le Journal du Coin, premier média d’actualités francophone sur la cryptomonnaie, Bitcoin, et les protocoles blockchain.

Journal du Coin
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.