Arnaques crypto : La Birmanie pourrait aller jusqu’à la peine capitale

Peine capitale contre les geôliers des fermes à scam. Le Parlement birman, dominé par les militaires, a adopté mardi l’« Anti-Online Scam Bill », une loi pouvant conduire à la peine de mort lorsque des personnes sont séquestrées, torturées ou contraintes par la violence à participer à des escroqueries en ligne. L’exploitation d’un centre frauduleux et les « escroqueries crypto » pourraient, elles, être punies de la réclusion à perpétuité. La version définitive n’a toutefois pas encore été publiée. Le député Aye Chan a confirmé à l’AFP que la peine capitale figurait toujours dans le texte adopté et que ses « parties importantes » étaient restées inchangées.

Points clés

  • La peine de mort devient possible pour les violences servant à contraindre des victimes à travailler dans les centres d’arnaques.
  • Elle serait obligatoire lorsque ces sévices entraînent la mort.
  • Les exploitants de centres frauduleux et les auteurs de « crypto scams » risquent jusqu’à la perpétuité.
  • L’ONU évalue les pertes régionales liées aux arnaques à 88,3–114,1 milliards de dollars en 2025.

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Peine de mort et perpétuité contre les fermes à arnaques crypto

D’après le projet publié en mai, le « recours à la violence, à la torture, à la détention illégale ou à des traitements cruels pour forcer une personne à commettre des escroqueries serait passible de dix ans de prison à la perpétuité, voire de la peine capitale ». Si la victime meurt, « la peine de mort sera prononcée ».

Selon l’Agence France Presse (AFP) reprise par la presse, le texte prévoit également jusqu’à la prison à vie pour quiconque dirige un centre d’escroquerie en ligne ou commet des fraudes impliquant des monnaies numériques (crypto). Il doit permettre le gel des transactions financières, la confiscation des équipements et des profits criminels, ainsi que le partage d’informations entre banques, opérateurs télécoms et administrations.

Cette loi est la première adoptée sous le nouveau gouvernement de Min Aung Hlaing. L’ancien chef de la junte, auteur du coup d’État de 2021, est devenu président civil en avril après des élections dont Aung San Suu Kyi et son parti avaient été exclus.

Et le revirement est d’ailleurs spectaculaire : en avril, Min Aung Hlaing avait commué toutes les condamnations à mort en peines de prison à vie. Trois mois plus tard, le premier texte adopté sous sa présidence ouvre de nouveau la voie à la peine capitale. La Birmanie avait repris les exécutions judiciaires en 2022 avec la pendaison de quatre militants et opposants, les premières mises à mort depuis 1976.

Le Parlement birman, dominé par les militaires, a adopté mardi l’« Anti-Online Scam Bill », une loi pouvant conduire à la peine de mort lorsque des personnes sont séquestrées, torturées ou contraintes par la violence à participer à des escroqueries en ligne. L’exploitation d’un centre frauduleux et les « escroqueries crypto » pourraient, elles, être punies de la réclusion à perpétuité. La version définitive n’a toutefois pas encore été publiée. Le député Aye Chan a confirmé à l’AFP que la peine capitale figurait toujours dans le texte adopté et que ses « parties importantes » étaient restées inchangées.
La Birmanie pourrati voter la peine de mort pour les organisateurs de ces fermes à arnaques – Source : Compte X

Une industrie criminelle qui résiste aux opérations policières

La Birmanie est devenue l’un des principaux foyers asiatiques des « scam compounds », ces complexes dans lesquels des travailleurs, parfois victimes de traite, mènent des arnaques sentimentales (les fameux Pig Butchering) ou de faux investissements en cryptomonnaies.

Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, les escroqueries commises en Asie de l’Est, en Asie du Sud-Est, en Australie et en Nouvelle-Zélande ont provoqué entre 88,3 et 114,1 milliards de dollars de pertes en 2025. Des personnes originaires d’au moins 80 pays ont été identifiées dans ces centres.

La répression montre pourtant ses limites. L’ONUDC observe que les interventions policières déplacent souvent les réseaux au lieu de les démanteler. Après les opérations menées autour de KK Park et Shwe Kokko, près de la frontière thaïlandaise, certains groupes auraient ainsi transféré leurs activités vers le Cambodge ou d’autres zones moins surveillées.

La Birmanie durcit donc radicalement son arsenal pénal. Mais dans un pays où les complexes frauduleux prospèrent au cœur de territoires contrôlés par des groupes armés, la sévérité des peines ne suffira pas : tout dépendra de leur application contre les véritables dirigeants de ces réseaux.

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