Marchés prédictifs et délits d’initié : Kalshi mène l’enquête aux USA
Des paris gagnants sous surveillance. Kalshi enquête sur des transactions qui anticipaient la nomination de Katie Zacharia comme nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche. Trois mises, totalisant environ 173 dollars, précèdent les premières informations publiées par la presse et pourraient donner lieu à près de 9 600 dollars de versements. Leur chronologie soulève des questions, sans établir à ce stade l’utilisation d’informations confidentielles.
Points clés
- Kalshi a confirmé l’ouverture d’une enquête sur des paris liés à la nomination de Katie Zacharia.
- Trois mises précèdent les premières annonces médiatiques du vendredi 9 octobre.
- Les versements attendus totalisent environ 9 600 dollars, pour 173 dollars engagés.
- La plateforme connaît l’identité de ses utilisateurs, même si celle-ci n’apparaît pas dans les données publiques.
Kalshi examine trois paris placés avant l’annonce de la nomination
Selon le Wall Street Journal, les premières informations sur le choix de Donald Trump ont commencé à circuler vendredi vers 14 heures à New York. Auparavant, Katie Zacharia ne recueillait qu’environ 1 % de probabilité sur Kalshi. La plateforme a confirmé au quotidien qu’elle examinait des transactions sur ce marché.
Un premier pari d’environ 19 dollars date du jeudi soir, vers 22 h 42. Son versement attendu atteint 1 896 dollars. Deux autres positions, d’environ 74 et 80 dollars, ont été prises vendredi vers 13 h 41, soit une vingtaine de minutes avant les premières publications. Elles pourraient rapporter respectivement 3 689 et 4 023 dollars.
Ces montants représentent les versements attendus, et non les bénéfices nets après déduction des mises et des éventuels frais. Ils ne doivent donc pas être présentés comme des gains déjà encaissés.
Donald Trump a ensuite confirmé sur Truth Social le choix de Katie Zacharia pour succéder à Karoline Leavitt. Conseillère en communication chez Trump Media & Technology Group, elle avait également exercé au département de la Sécurité intérieure.
La proximité des transactions avec l’annonce justifie leur examen. Elle ne prouve toutefois ni que les parieurs connaissaient la décision à l’avance, ni que les trois positions appartiennent à une même personne.

Informations privilégiées : Des contrôles renforcés après plusieurs affaires
Kalshi a déjà contribué à une enquête portant sur l’utilisation d’informations non publiques. Le 28 août, la CFTC, le régulateur américain des marchés dérivés, a annoncé un accord avec Gabriel Perez, ancien opérateur de téléprompteur à la Maison-Blanche.
Selon les conclusions de l’agence, il utilisait les discours préparés du président pour négocier des contrats portant sur les mots qu’il allait prononcer. L’accord prévoit la restitution de 107 539 dollars de profits, une sanction civile de 65 000 dollars et une interdiction de négocier pendant trois ans. La CFTC a salué l’assistance de Kalshi.
Par ailleurs, la plateforme a renforcé ses contrôles en juin. Sur certains marchés sensibles, elle demande désormais des informations sur l’employeur des participants afin de repérer les personnes susceptibles de disposer d’informations privilégiées. Elle déclarait alors plus de 150 enquêtes internes et plus de 20 signalements aux forces de l’ordre au premier trimestre.
Les données publiques permettent de repérer des horaires, des prix et des volumes inhabituels. En revanche, déterminer l’origine des informations exige d’autres éléments, notamment sur les identités et les liens entre participants.
L’affaire Zacharia illustre cette distinction : un pari particulièrement bien placé constitue un signal à examiner, pas une preuve de fraude. L’enquête doit précisément départager anticipation réussie et avantage informationnel interdit.