1 Américain sur 4 détient des cryptos : Brian Armstrong relance la bataille du CLARITY Act
Crypto is politic. Un Américain sur quatre détiendrait des cryptos et ces électeurs seraient deux fois plus susceptibles de soutenir un candidat favorable au CLARITY Act. Brian Armstrong remet la pression sur le Sénat avec deux chiffres destinés à transformer la régulation crypto en enjeu électoral. Le patron de Coinbase ne s’adresse plus seulement aux législateurs. À trois mois des élections de mi-mandat, il leur rappelle que l’industrie dispose d’un électorat nombreux et d’une puissance financière considérable. Le message est clair : retarder encore le texte pourrait désormais coûter des voix.
Points clés
- Brian Armstrong affirme qu’un Américain sur quatre détient des cryptomonnaies
- La Chambre a adopté le CLARITY Act par 294 voix contre 134 en juillet 2025
- La commission bancaire du Sénat a approuvé sa version par 15 voix contre 9 en mai 2026
- Les textes des commissions bancaire et agricole doivent encore être réunis avant un vote en séance plénière
Coinbase transforme les détenteurs de cryptos en électorat
« Les électeurs américains sont deux fois plus susceptibles de soutenir un candidat qui appuie le CLARITY Act », affirme Brian Armstrong. Ce résultat doit être traité comme un argument de campagne porté par Coinbase tant que la méthodologie complète de l’enquête n’est pas précisée.
L’estimation d’un détenteur sur quatre reste néanmoins cohérente avec plusieurs études situant l’adoption américaine entre 20 et 28 % des adultes. Coinbase évoquait auparavant environ 52 millions de propriétaires, tandis que d’autres enquêtes dépassaient 60 millions.
Cette population constitue désormais une cible électorale. Stand With Crypto attribue des notes aux candidats en fonction de leurs positions, tandis que Fairshake et ses organisations affiliées ont abordé le cycle électoral de 2026 avec environ 193 millions de dollars. Le réseau est principalement financé par Coinbase, Ripple et Andreessen Horowitz.
Brian Armstrong élargit aussi son argument au-delà du secteur. Selon lui, le CLARITY Act permettrait aux États-Unis de préserver leur avance dans la finance, l’innovation et la sécurité nationale. Une manière habile de présenter la régulation crypto comme un sujet de souveraineté économique plutôt que comme une faveur accordée à Coinbase.

Le CLARITY Act avance, mais le Sénat doit encore fusionner ses textes
La Chambre des représentants a adopté le texte en juillet 2025 par 294 voix contre 134, avec un important soutien démocrate. Contrairement à ce qu’indiquait l’ébauche, le Sénat ne l’a pas totalement laissé dormir : sa commission bancaire a approuvé une version remaniée par 15 voix contre 9 le 14 mai 2026.
Le chantier reste toutefois inachevé. La commission bancaire traite principalement des compétences de la SEC, tandis que la commission de l’agriculture supervise le volet relevant de la CFTC. Les deux versions doivent être réunies dans un texte commun avant un éventuel vote du Sénat.
Le dispositif cherche à clarifier la frontière entre titres financiers et actifs numériques assimilés à des matières premières. Il confierait notamment à la CFTC la surveillance des marchés au comptant des « digital commodities », tout en maintenant la SEC sur les levées de fonds relevant d’un contrat d’investissement. Il prévoit également des protections pour l’auto-conservation des cryptos et des règles adaptées aux développeurs ne contrôlant pas les fonds des utilisateurs.
Pour franchir l’obstacle procédural des 60 voix, les républicains auront besoin de soutiens démocrates, mais pas nécessairement de sept exactement : ce calcul suppose que leurs 53 sénateurs votent tous pour le texte.
Brian Armstrong dispose donc d’un projet déjà avancé, mais pas encore d’une loi. À l’approche des élections de novembre, Coinbase tente de faire du calendrier sénatorial un risque politique personnel pour chaque élu hésitant. Et le temps presse pour le secteur crypto US.