Tatifs douaniers de Donald Trump : 60 pays taxés dès ce vendredi au nom du travail forcé
Chassez le naturel, il revient au galop. On en parlait depuis des semaines, c’est désormais acté. L’administration Trump a confirmé jeudi qu’elle imposerait de nouveaux droits de douane à une soixantaine de partenaires commerciaux, depuis 00h01 heure de l’Est ce vendredi. Le prétexte officiel : la lutte contre le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement. Le vrai mobile, lui, ne surprendra personne : reconstruire, pièce par pièce, l’édifice tarifaire que la Cour suprême avait fait tomber en février.
- L’administration Trump a imposé de nouveaux droits de douane à une soixantaine de pays, justifiés par la lutte contre le travail forcé.
- Ces tarifs remplacent une surtaxe universelle et risquent d’alimenter l’inflation domestique aux États-Unis.
La martingale juridique de la Maison Blanche
Exit l’IEEPA (International Emergency Economic Powers Act), la loi d’urgence économique que les juges avaient jugée hors sujet pour justifier des taxes universelles. Place à la Section 301 du Trade Act de 1974, un texte qui permet, en bref, de sanctionner un partenaire commercial jugé déloyal sans invoquer d’état d’urgence national.
Une quinzaine de pays, dont le Mexique, le Royaume-Uni, le Canada et l’Inde, écopent d’un tarif de 10%, ceux jugés avoir adopté au moins quelques restrictions contre le travail forcé. Les 38 autres, considérés comme n’ayant « pas suffisamment » agi, montent à 12,5%. Comme le détaille Forbes dans son édition du 23 juillet, ces nouveaux tarifs remplacent purement et simplement la surtaxe universelle de 10% qui devait expirer ce même vendredi à minuit.
Vu de loin, la manœuvre a quelque chose d’habile. Vu de près, elle ressemble surtout à un rafistolage juridique. Bloomberg évoque une potentielle résurrection du « mur tarifaire » de Trump, cette fois construit sur des fondations censées mieux résister aux recours devant les tribunaux. Reste que l’argument du travail forcé, aussi légitime soit-il sur le fond, tombe à point nommé pour couvrir une ambition bien plus large : ne jamais laisser un partenaire commercial sans tarif américain au-dessus de la tête.

Une note qui, in fine, atterrit chez le consommateur américain
Le calendrier est serré. Minuit vendredi, sans période de grâce annoncée. Les entreprises américaines qui importent depuis ces 60 pays, du textile à l’électronique en passant par l’agroalimentaire, devront absorber la hausse ou la répercuter sur leurs prix. Et devinez qui, au bout de la chaîne, finit toujours par payer la note ? Les importateurs ne sont pas des œuvres caritatives.
Le contexte politique n’aide pas non plus à faire passer la pilule. À quelques mois des élections de mi-mandat, une nouvelle salve tarifaire risque d’alimenter l’inflation domestique, un boomerang que l’administration a déjà pris en pleine figure avec les précédents tarifs infligés au Canada. Mais chassez le naturel : l’exécutif américain a manifestement décidé qu’aucun revers judiciaire ne l’empêcherait de rebâtir son arsenal commercial, pièce par pièce, texte de loi par texte de loi.