Bitcoin sous 84 000 $ : taux à 5 %, pétrole à 98 $, la crypto prise en étau
Entre deux maux, il faut choisir le moindre. Le bitcoin (BTC), lui, n’a pas ce luxe : il encaisse les deux maux à la fois. Ce lundi matin, le cours est repassé sous les 84 000 dollars, à 83 248 dollars très précisément, en repli de 1,34 % sur 24 heures. Sur sept jours, il progresse pourtant encore de 2,30 %, et de 7,32 % sur un mois : la baisse du jour n’efface pas la remontée récente, elle la freine. Le même double étau des taux et du pétrole tenait déjà le marché en respect ce week-end. La capitalisation retombe autour de 1,67 billion de dollars, pour un volume d’échanges agrégé qui tourne entre 20 et 22 milliards sur 24 heures selon les agrégats du marché.
- Le bitcoin a subi une baisse, son cours étant descendu sous les 84 000 dollars, malgré une progression sur le mois précédent.
- Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a atteint 5,17 %, son niveau le plus élevé depuis 2007, influençant les choix d’investissement au détriment du bitcoin.
Le 10 ans a clôturé vendredi à 5,17 %, son plus haut niveau depuis 2007
Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, référence du coût de l’argent sans risque, a fini la semaine à 5,17 % vendredi. Un niveau plus revu depuis 2007, et nettement au-dessus du précédent pic d’octobre 2023, qui plafonnait autour de 5,00-5,02 %. La séance de cash de ce lundi n’a pas encore livré son verdict à cette heure matinale. Impossible donc d’annoncer un mouvement précis pour aujourd’hui, seulement de constater que le terrain de départ est déjà tendu.
Chaque dixième de point supplémentaire rend un peu plus attractive une dette souveraine jugée sûre, face à un actif volatil qui ne verse toujours rien à ses détenteurs. Les grands gérants font leurs calculs sur cette base, pas sur l’espoir d’un rebond.
Le Brent grimpe à 98,34 $, Ormuz reste sous tension maximale
Deuxième front, il ne s’apaise pas davantage. Le contrat à terme ICE Brent pour échéance décembre s’échange ce matin à 98,34 dollars le baril, en hausse de 0,92 % par rapport à la clôture précédente de 97,44 dollars, d’après Investing.com. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, n’est pas un verrou totalement fermé : le trafic y est sévèrement restreint, les routes imposées par Téhéran et les assurances de guerre y sont devenues prohibitives. Trump a rejeté dimanche une proposition iranienne, et l’Iran conditionne toujours la réouverture à la fin du blocus américain.
Cette combinaison rend le calcul des grands portefeuilles limpide, dans le mauvais sens pour le bitcoin. Un rendement obligataire au plus haut depuis 2007 et une facture énergétique sous tension forment un duo redoutable pour siphonner l’appétit spéculatif. Nul besoin d’un graphique compliqué pour le comprendre : l’argent va où il est le mieux rémunéré, et en ce moment, ce n’est pas vers un actif qui ne paie pas de coupon.
Le marché n’a donc pas retrouvé son calme depuis vendredi. Le plus haut de 87 250-87 400 dollars touché lundi 21 septembre, le plus haut de la remontée entamée depuis le creux de l’été, paraît déjà loin une semaine plus tard. Deux chiffres décideront de la suite dans les prochains jours : la clôture du 10 ans en fin de semaine, et l’issue des négociations sur Ormuz si elles reprennent.