ETH, BNB, SOL… mais pas Bitcoin : Ces géants de Wall Street lancent l’indice crypto des fondamentaux
Les absents ont toujours tort. Wall Street sort la calculatrice. S&P Dow Jones Indices, la maison mère du S&P 500, s’associe au fonds Pantera Capital pour lancer le S&P Pantera Digital Asset Index. Ce nouvel indice réunit 18 cryptomonnaies sélectionnées non pas sur leur popularité, mais sur leurs revenus réels. Ethereum, BNB et Solana occupent le haut du panier. Bitcoin, lui, n’a même pas été invité.
Points clés
- S&P Dow Jones Indices et Pantera Capital lancent le S&P Pantera Digital Asset Index, un panier de 18 cryptomonnaies sélectionnées sur leurs fondamentaux.
- ETH, BNB, SOL, TRX et HYPE forment le top 5 ; Bitcoin, XRP et les memecoins sont exclus de la méthodologie.
- Les actifs retenus génèrent plus de 3 milliards de dollars de revenus annualisés selon Pantera.
- Des discussions sont déjà engagées avec des gestionnaires d’actifs pour créer des ETF adossés à l’indice.
La méthode S&P 500 appliquée aux cryptomonnaies
Le principe tient en une phrase : trier les tokens comme des actions. Pour entrer dans l’indice, annoncé ce 21 juillet, un actif doit générer des revenus mesurables au niveau de son protocole, présenter une liquidité suffisante, une capitalisation significative et un historique de marché établi. Les paris purement spéculatifs sont donc écartés d’office.
La pondération reprend les recettes maison de S&P :
- capitalisation plafonnée à 35 % pour la première position,
- 20 % pour chacune des suivantes, rééquilibrage trimestriel.
Rien d’inédit dans la mécanique, ce sont les mêmes garde-fous qui encadrent déjà les indices actions du groupe.
Résultat : un panier de 18 actifs qui, selon Pantera, génèrent ensemble plus de 3 milliards de dollars de revenus annualisés. Le top 5 aligne Ethereum (ETH), BNB, Solana (SOL), Tron (TRX) et Hyperliquid (HYPE). Aave figure parmi les projets cités, même si la liste complète des constituants n’a pas été publiée.
« Nous apportons cette même discipline aux actifs numériques, avec un cadre fondé sur l’économie et les fondamentaux, pensé pour des portefeuilles diversifiés. »
Cathy Clay, directrice générale de S&P Dow Jones Indices
Bitcoin, XRP et memecoins restent à la porte
L’absent le plus commenté s’appelle Bitcoin. Le roi des cryptos ne produit pas de revenus de protocole au sens strict de la méthodologie retenue, et dispose déjà de ses propres indices mono-actifs, un format que S&P et Pantera excluent volontairement ici. XRP manque aussi à l’appel. Les memecoins, eux, sont bannis par construction : pas de revenus vérifiables, pas de ticket d’entrée.
Ce choix inverse la composition habituelle des paniers crypto, où Bitcoin pèse souvent 60 % ou davantage. L’indice vise les investisseurs institutionnels en quête d’une exposition structurée au reste du marché : les blockchains et applications qui encaissent réellement des frais, à la manière d’entreprises générant un chiffre d’affaires plutôt que de simples réserves de valeur.
Dan Morehead, qui parle d’un moment charnière pour les actifs numériques, résume l’enjeu pour les allocataires :
« Pour les investisseurs mondiaux, le principal point de friction dans la crypto n’a pas changé : c’est de savoir comment allouer. »
Dan Morehead, fondateur et associé gérant de Pantera Capital
Ne soyons pas naifs pour autant. Pantera Capital a mené, dès septembre 2025, une levée visant à transformer une société cotée au Nasdaq en véhicule de trésorerie dédié à Solana (SOL), à hauteur de 1,25 milliard de dollars. Voir SOL trôner dans le top 5 d’un indice coconstruit par ce même Pantera ne relève sans doute pas que du hasard méthodologique.
Un benchmark aujourd’hui, des ETF en discussion demain
Pour l’heure, le S&P Pantera Digital Asset Index n’est qu’un indice de référence : aucun produit financier ne le réplique encore. Pantera a toutefois engagé des discussions avec plusieurs gestionnaires d’actifs pour créer des ETF et d’autres véhicules adossés à sa composition.
S&P avance méthodiquement sur le terrain des actifs numériques. Le groupe avait déjà dévoilé le Digital Markets 50, un indice hybride mêlant 15 cryptomonnaies et 35 entreprises cotées exposées à ces actifs. La nouvelle collaboration avec Pantera resserre l’angle : uniquement des tokens, uniquement des revenus vérifiables.
Chez S&P, l’ordre des opérations varie peu : l’indice précède les produits. Le S&P 500 a existé bien avant les fonds indiciels qui pèsent aujourd’hui des billions de dollars. Si les discussions engagées par Pantera aboutissent, les altcoins générateurs de revenus disposeront de leur premier véhicule institutionnel diversifié, avec le tampon S&P sur l’étiquette.