Droits de douane : Le président Trump repart en guerre contre le monde
Trump remet une pièce. L’administration américaine avec Donald Trump en tête s’apprêterait à fixer une nouvelle grille de droits de douane ciblant une soixantaine de partenaires commerciaux. Cette initiative fait suite à l’expiration imminente du tarif général temporaire de 10 % instauré au premier trimestre. Soutenue par l’invocation de clauses juridiques d’exception, cette offensive protectionniste pourrait évidemment accentuer les tensions commerciales mondiales, en particulier avec les pays proches de la frontière américaine. Il ne manquait que ça…
- L’administration américaine serait sur le point de fixer de nouveaux droits de douane, touchant une soixantaine de partenaires commerciaux après l’expiration d’un tarif général temporaire.
- Des surtaxes de 10 % à 12,5 % ont été prévues, mais des exemptions significatives existent pour certains produits et partenaires.
Jusqu’à 12,5 % de droits de douane contre 60 partenaires
La principale mesure repose sur la section 301 du Trade Act de 1974. À l’issue d’une enquête lancée au nom de la lutte contre le travail forcé, l’administration américaine a accusé 60 partenaires de ne pas suffisamment empêcher l’importation de marchandises produites dans ces conditions.
Le projet prévoit des droits additionnels de 10 % sur les importations provenant de 15 économies, parmi lesquelles l’Union européenne, le Royaume-Uni, le Canada, le Mexique, l’Indonésie et Taïwan. Un taux de 12,5 % viserait les 45 autres partenaires concernés, dont la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, le Vietnam et l’Australie.
Ces prélèvements comporteraient toutefois de nombreuses exceptions. Les produits déjà frappés par les droits sectoriels de la section 232, notamment l’acier, l’aluminium, le cuivre et l’automobile, ne seraient pas concernés.
Le pétrole, les terres rares, certains produits agricoles, les médicaments et les pièces aéronautiques figurent également parmi les exemptions proposées. Les marchandises canadiennes et mexicaines respectant les règles d’origine de l’accord USMCA seraient elles aussi épargnées par ce volet.
Le dispositif a été soumis à consultation publique en juin et juillet. Selon le Financial Times, l’administration pourrait désormais arrêter sa décision définitive, avec des taux proches des 10 % actuellement en vigueur.
En parallèle, Donald Trump a ouvert un front spécifique contre le Canada. Le président américain a invoqué la section 338 du Tariff Act de 1930, un mécanisme qui n’avait encore jamais été utilisé à cette échelle, pour imposer une surtaxe de 50 % sur certains produits canadiens à compter du 19 août.

Le Canada frappé à 50 %, le Brésil taxé à 25 % par la président Trump
Contrairement à ce que pourrait laisser penser le taux annoncé, la mesure ne concerne pas la majorité des importations canadiennes. Elle vise près de 20 milliards de dollars de marchandises, soit environ 5,2 % des 382 milliards de dollars importés du Canada par les États-Unis en 2025.
Le vin, les produits laitiers, le ciment, les meubles, les vêtements ou encore les équipements de hockey figurent parmi les catégories concernées. L’énergie, la potasse, le poisson, les minéraux critiques ainsi que les produits déjà soumis aux droits de la section 232 sont exclus. En revanche, certains biens jusqu’ici éligibles au traitement préférentiel de l’USMCA pourront être taxés.
Washington justifie cette décision par les restrictions canadiennes visant les voitures, les produits laitiers et les alcools américains. Le Premier ministre Mark Carney conteste cette analyse et affirme que les précédentes mesures canadiennes répondaient elles-mêmes aux tarifs imposés par les États-Unis.
Le Brésil fait l’objet d’un troisième dispositif. L’USTR a officialisé un tarif additionnel de 25 % sur la plupart des importations brésiliennes, au terme d’une enquête portant notamment sur les barrières numériques, la propriété intellectuelle, l’éthanol et certains traitements tarifaires préférentiels. Le bœuf, le jus d’orange, les produits énergétiques et l’aéronautique bénéficient cependant d’exemptions.
Cette accumulation de droits de douane renforce les risques de représailles et de hausse des coûts pour les entreprises américaines. Les importateurs pouvant répercuter une partie des taxes sur leurs clients, la stratégie de Donald Trump pourrait également alimenter l’inflation à quelques mois des élections de mi-mandat. Sa portée dépendra toutefois des exemptions accordées, des recours juridiques et des négociations engagées avec les pays concernés.