Le marché du Bitcoin ressemble-t-il vraiment aux crashs de 2018 et 2022 ?
Spoiler : non. Le récent échec du bitcoin à franchir sa moyenne mobile à 200 jours, située autour de 83 000 dollars, ravive les craintes d’une nouvelle correction sur les marchés financiers. Pourtant, une étude publiée par le cabinet K33 Research indique que la structure actuelle du marché Bitcoin se distingue nettement des phases baissières observées lors des cycles précédents. Les indicateurs financiers révèlent en effet un comportement des opérateurs caractérisé par une prudence historique, qui s’apparente davantage à la construction d’un point bas technique qu’à un rebond temporaire.
- Le bitcoin a échoué à dépasser sa moyenne mobile à 200 jours, ce qui pourrait annoncer une nouvelle correction sur les marchés financiers.
- Une étude de K33 Research a révélé que la prudence actuelle sur le marché Bitcoin est inédite, se distinguant des cycles baissiers précédents.
Bitcoin : Une structure de marché dictée par une prudence persistante
Selon les équipes de K33, le comportement actuel des produits dérivés montre une configuration différente de celle des marchés baissiers de 2014, 2018 et 2022. Durant ces périodes, les rebonds vers la moyenne mobile à 200 jours s’accompagnaient d’une reconstruction rapide du levier financier et d’un optimisme excessif des traders, entraînant ensuite une rechute brutale.
À l’inverse, l’évolution récente des cours se traduit par une progression lente sans emballement spéculatif. Les données sur les dérivés mettent en évidence un sentiment de pessimisme unique, illustré par un taux de financement moyen à 30 jours resté négatif pendant 81 jours consécutifs. Cette configuration approche un record de durée et confirme que les vendeurs maintiennent leur pression malgré la reprise amorcée depuis les plus bas de février.
En parallèle, la base annualisée sur les contrats à terme du CME a récemment fléchi sous le seuil des 2,5 %, un niveau qui caractérise généralement les phases d’extrême vigilance. Toutefois, certains signaux incitent à la réserve, notamment le maintien d’un intérêt ouvert élevé sur les dérivés, ce qui accroît le risque de volatilité en cas de faiblesse prolongée des cours.
De plus, les fonds indiciels (ETF) au comptant basés aux États-Unis ont enregistré des sorties nettes de 1,6 milliard de dollars en l’espace de cinq jours. Ce mouvement de vente s’est intensifié à l’approche de la zone des 83 000 dollars, un niveau proche du prix de revient moyen de nombreux porteurs. L’histoire des marchés montre que les investisseurs ont tendance à liquider leurs positions pour retrouver leur point d’équilibre après des corrections prolongées.

Des indicateurs techniques favorables à la stabilisation des cours
Malgré ces prises de bénéfices à court terme, les indicateurs propriétaires de K33 Research conservent une structure comparable aux périodes de force du marché. La situation actuelle présente des similitudes avec la phase de mars-avril 2025, lorsque l’actif avait établi un plancher technique lors de l’annonce des droits de douanepar l’administration Trump, avant de progresser vers de nouveaux sommets.
Cette dynamique s’éloigne des faux rebonds qui caractérisaient les cycles baissiers antérieurs. Les analystes estiment ainsi que la baisse enregistrée en février vers les 60 000 dollars constitue probablement la correction la plus profonde de ce cycle.
Cette résilience s’explique en partie par la nature de la hausse observée l’année précédente. Les équipes de recherche précisent qu’un marché haussier moins agressif en 2025 prépare le terrain pour un marché baissier plus modéré au cours de l’année 2026. Le scénario de référence du cabinet repose sur l’idée que le seuil des 60 000 dollars atteint en février représente bien le niveau de baisse maximale pour la période actuelle.
Bien que la pression technique à court terme reste visible sous la moyenne mobile clé, l’absence d’un effet de levier excessif protège le marché contre les risques de liquidation en cascade qui ont pénalisé les cycles financiers précédents.
La confrontation du cours avec sa moyenne mobile à 200 jours valide l’existence d’une résistance technique majeure pour l’actif. Néanmoins, l’analyse des données de marché montre que le pessimisme ambiant et la réduction du levier financier limitent le risque d’un effondrement systémique comparable aux crises passées.