Bitcoin : Ces 3 risques pourraient faire plonger le BTC
Trois nuages au-dessus du marché. La validation du Clarity Act par la par la Commission bancaire du Sénat la semaine dernière laissait espérer une éclaircie réglementaire pour Bitcoin et l’ensemble des cryptomonnaies. Mais à Wall Street comme à Tokyo, trois forces macroéconomiques se sont mises en mouvement simultanément. Et chacune d’elles a déjà, par le passé, suffi à faire vaciller les actifs à risque.
- La validation du Clarity Act a offert une lueur d’espoir pour Bitcoin, mais trois forces macroéconomiques menacent les actifs à risque.
- La volatilité des rendements des bons du Trésor américain a atteint des sommets inquiétants, impactant les marchés mondiaux.
- Le yen japonais est sous pression, risquant une intervention de la Banque du Japon qui pourrait drainer la liquidité mondiale.
Risque n°1 : La volatilité des bons du Trésor américain
Premier signal d’alerte : la volatilité des rendements des bons du Trésor américain. L’indice ICE BofA MOVE, qui mesure les variations attendues sur la dette souveraine US, a bondi de 14,7 % pour atteindre 79,87, son plus haut niveau depuis le 7 avril. Quand cet indicateur s’emballe, les desks de trading réduisent mécaniquement leur exposition aux actifs risqués, cryptomonnaies comprises.
Les bons du Trésor américain servent de collatéral de référence sur les marchés de prêt mondiaux. Toute secousse sur leur prix se propage en cascade : marges d’appel, deleveraging forcé, ventes sur les actifs périphériques. Bitcoin, malgré sa narrative d’or numérique, reste dans ce schéma classé du côté du risque.
Risque n°2 : Le yen japonais sous pression
Direction Tokyo pour le deuxième front. Le yen s’est affaibli de 155 à près de 159 pour un dollar. Si la glissade se poursuit, la Banque du Japon pourrait être contrainte d’intervenir directement sur le marché des changes pour soutenir sa devise. Une telle opération assèche la liquidité mondiale, et frappe en priorité les actifs à risque.
Le mécanisme à surveiller est ici celui du carry trade : depuis des années, les investisseurs empruntent en yens à taux quasi nul pour acheter des actifs plus rémunérateurs ailleurs. Un débouclage brutal de ces positions reviendrait à siphonner d’un coup une masse colossale de liquidité des marchés mondiaux.
Risque n°3 : Le pétrole au-dessus des 100 dollars
Troisième menace, et non des moindres : le baril. WTI comme Brent ont franchi la barre des 100 dollars, et la trajectoire reste haussière. Un pétrole cher, c’est de l’inflation importée, et donc le retour du spectre d’un resserrement monétaire des banques centrales. Soit l’inverse exact de ce dont les marchés crypto ont besoin pour repartir.
Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie, a alerté sur l’épuisement rapide des stocks commerciaux, en raison du conflit en Iran et de la fermeture du détroit d’Ormuz. Or ce détroit voit transiter près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Toute prolongation du blocage pousserait mécaniquement les prix vers de nouveaux sommets, avec un effet domino sur les anticipations d’inflation.
Si le Clarity Act a apporté un peu de visibilité réglementaire aux acteurs américains du secteur, il ne pèse rien face à la volatilité obligataire, à la fragilité du yen et à la flambée du brut réunies. Bitcoin reste un actif sensible aux conditions de liquidité globales, et trois canaux de stress sont aujourd’hui ouverts en même temps. La prudence est donc de mise pour les semaines à venir.