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Darknet : les mixeurs de Bitcoin très peu utilisés

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La société Chainalysis est spécialisée dans l’analyse des principales blockchains, et notamment dans le suivi des transactions douteuses. Sa dernière étude sur les services de mixage de bitcoins (BTC) conclut que très peu des fonds ainsi mixés servent en réalité à des activités illicites sur le Darknet.

Venez comme vous êtes

C’est lors d’un webinaire que Chainalysis a présenté ses résultats sur l’analyse de transactions en bitcoins passées par divers services de mixage. Rappelons que ces services consistent à mélanger ensemble des soldes de bitcoins, afin de brouiller leur traçabilité, et ainsi chercher à assurer une meilleure confidentialité de transaction à leurs utilisateurs.

Sur le premier graphique présenté ci-dessous, Chainalysis explique que seulement 2,7 % des BTC arrivant sur des services de mixage proviennent des marchés noirs illégaux du Darknet. En fait, on constate que la source principale de ces transactions mixées est même tout simplement… les crypto-exchanges ! Et ce à hauteur de 40%.

On relèvera toutefois un commentaire de Hannah Curtis, responsable produit chez Chainalysis, qui décrit assez bien la réalité démontrée par ces chiffres :

« Beaucoup de gens utilisent les mixers juste pour protéger leur vie privée. Mais nous savons que beaucoup de fonds illicites terminent dans les mixers ».

Et effectivement, ce sont tout de même 8,1% des fonds en BTC arrivant sur les mixers qui sont issus de vols de cryptos. On notera également que 1,9% des fonds proviennent de sites de jeux d’argent (gambling), parfois interdits dans certaines juridictions.

Par ici la sortie

Du côté des flux sortants, les utilisations illicites sont donc encore moindres, comme l’a remarqué Hannah Curtis. Les résultats de Chainalysis viennent ainsi contre-dire les médias dominants, comme le New York Times, toujours très prompts à venir nous parler de financement du terrorisme, pour saupoudrer d’un peu de FUD le marché et résonner avec la parole de politiques pour le moins sceptiques.

Le graphique ci-dessous indique en effet qu’à peine 0,5% des BTC mixés servent ensuite sur le Darknet. Comme pour les entrées, une très grande majorité des fonds affluant sur le sombre internet proviennent tout simplement de crypto-exchanges : 54,8% issus des plateformes classiques et 23,5% des exchanges peer-to-peer (DEX).

Parmi les moyens disponibles pour tenter de blanchir et d’anonymiser les BTC issus des marchés noirs du net, Chainalysis mentionne également les 4000 bornes automatiques d’échange Bitcoin/fiat réparties à travers le monde.

Chainalysis note également le succès de clients logiciels de mixers intégrés à des wallets Bitcoin, comme Wasabi Wallet qui est nommément cité. Selon la société d’analyse, c’est ce genre de service qui a connu la plus forte croissance, avec 90 millions de dollars en BTC mixés sur le seul mois d’août 2019 (et 250 millions $ depuis le début de l’année).

Il faut dire que la concurrence de la part des services de mixage centralisés s’est fortement contractée, entre la fermeture musclée de BestMixer par Europol et la fermeture volontaire de Bitcoin Blender (probablement pour éviter une fin similaire).

Rappelons également que s’il est bien souvent difficile aux autorités et aux sociétés spécialisées de savoir ce qui se passe au sein d’un service de mixage, mais ce sont bien les mauvaises habitudes ou les erreurs de débutant de certains utilisateurs lorsqu’ils récupèrent leurs fonds en post-mix qui permettent de remonter ensuite jusqu’à eux.

En définitive, Chainalysis nous rappelle une fois de plus que les cryptomonnaies ne sont pas plus “mauvaises” en soi que les monnaies fiduciaires. A l’heure actuelle, les cas extrêmes restent des épiphénomènes, comme celui récent d’un jeune californien risquant la prison à vie pour du blanchiment de l’argent de la drogue par Bitcoin

Rémy R.
Issu d’une formation universitaire en Sciences, je m’intéresse aux blockchains et à Bitcoin depuis 2013 et en ai même miné à l’époque. La bulle qui s'en est suivie m'en a détourné, mais je m'y suis replongé depuis 2017 et les étudie depuis avec passion.

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Chapalo
Invité
Chapalo

Donc en fait la conclusion ultime de cet article c’est que le mixage de Bitcoin ne sert à rien du tout, non ?
Sinon on ne saurait justement pas d’où provienne ces Bitcoins.

Grégory Guittard
Admin

Hello, pas exactement : il n’est pas étonnant que l’on puisse savoir l’origine des fonds qui vont vers un mixeur identifié (service centralisé) ou qui sont mixés selon un pattern identifiable (Wasabi Wallet). Par contre, la question que cela pose réellement c’est : comment récupérer ses bitcoins en post-mix de façon suffisamment intelligente pour ne pas être identifié comme étant celui qui les a envoyé au départ ? Là, ça se complique.