Bitcoin franchit 80 000 $ pour la première fois depuis mai
Franchie, enfin, la ligne des 80 000 dollars. Trois jours après avoir tenu tant bien que mal près de 80 000 dollars sans oser franchir la ligne, Bitcoin a fini par la traverser dans la nuit du 24 au 25 août. Le seuil symbolique tombe pour la première fois depuis la mi-mai, plus haut à trois mois, sur fond de liquidations massives de positions vendeuses. La mèche allumée vendredi avec le short squeeze autour d’Hyperliquid n’a jamais cessé de brûler.
- Bitcoin a franchi la barre symbolique des 80 000 dollars pour la première fois depuis mai, propulsé par des liquidations massives de positions vendeuses.
- Un geste monétaire discret du Trésor américain, doublant le programme de rachat d’obligations, a contribué à cette ascension en incitant les investisseurs à se tourner vers des actifs rares comme le Bitcoin.
Bitcoin à 80 000 $ : la mécanique du short squeeze tourne à plein régime
Le compteur ne s’arrête plus.
Plus de 240 millions de dollars de positions courtes (short en anglais) ont sauté en une seule heure dans la nuit. Cela a propulsé le cours du BTC jusqu’à environ 81 000 dollars avant un léger reflux. Dix minutes avaient suffi, un peu plus tôt, pour liquider 225 millions de dollars supplémentaires.
Chaque vague de rachats forcés en déclenche une nouvelle, dans une spirale que les traders connaissent bien et redoutent tout autant. Sur la seule semaine du 17 au 23 août, le Bitcoin a gagné environ 23 %, sa plus forte progression hebdomadaire depuis 2023, selon Bloomberg, qui date ce nouveau plus haut à trois mois du 25 août.
La cryptomonnaie reste malgré tout à bonne distance de son record annuel, autour de 126 000 dollars, jamais revu depuis l’automne dernier.

Le Trésor américain, complice discret de la remontée
Rien de tout cela ne serait arrivé sans un geste de politique monétaire passé presque inaperçu du grand public.
Washington a doublé son programme de rachat d’obligations longues, et veut désormais de mobiliser jusqu’à 950 milliards de dollars de son compte général pour intensifier la manœuvre. L’objectif affiché est de faire redescendre des taux longs devenus insoutenables pour le budget fédéral.
L’effet secondaire, lui, se lit sur les cours. Les investisseurs y voient une forme de répression financière, ce mécanisme par lequel un État maintient artificiellement les taux sous l’inflation pour éroder le poids de sa dette. Les épargnants qui craignent d’en faire les frais se replient sur les actifs rares.
L’or grimpe. Bitcoin aussi. Les ETF spot Bitcoin ont capté 1,92 milliard de dollars de flux nets entre le 17 et le 21 août, leur meilleure semaine depuis octobre dernier.
Prochain test : le grand oral de Kevin Warsh
La fête n’est pas terminée, mais la table est déjà mise pour le prochain rendez-vous qui compte.
Kevin Warsh prononcera vendredi 28 août son tout premier discours de président de la Fed à Jackson Hole, sur le thème de l’innovation financière. Les rendements du Trésor à 30 ans frôlent 5,2 %, l’inflation dépasse la cible fixée depuis cinq ans, et Warsh a déjà réuni quinze experts externes pour repenser le cadre de politique monétaire de l’institution.
Un mot mal choisi, et la mécanique de la répression financière pourrait se gripper aussi vite qu’elle s’est enclenchée.
Bitcoin a déjà prouvé cet été qu’il pouvait grimper de 20 % en une semaine sur une simple annonce du Trésor. Entre le short squeeze qui continue de purger les positions vendeuses et le discours de Warsh vendredi, le marché a deux catalyseurs distincts braqués sur les mêmes 80 000 dollars fraîchement conquis.