Bitcoin consolide près de 79 000 $ avant le PCE américain
Pause technique, en attendant le verdict. Vingt-quatre heures après avoir franchi les 80 000 dollars pour la première fois depuis mai, Bitcoin reprend son souffle. Le cours oscille autour de 79 000 dollars ce mercredi matin, sans direction franche. Rien d’étonnant. Le marché a les yeux rivés sur deux rendez-vous qui vont trancher la suite, pas sur le graphique du jour.
- Bitcoin a franchi le seuil des 80 000 dollars, avant de redescendre autour de 79 000 dollars, alors que le marché attend le verdict de l’indice PCE et le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole.
- La structure du marché à terme Bitcoin a évolué avec une diminution de l’utilisation de collatéral en cryptomonnaie, ce qui pourrait réduire les risques de liquidations en chaîne.
Bitcoin sous respiration avant le verdict du PCE
Premier étage de la fusée : l’indice PCE. Le Bureau of Economic Analysis publiera ce mercredi 26 août à 14h30 (heure française) l’indice PCE, la jauge d’inflation préférée de la Fed, pour le mois de juillet.
Sa dernière estimation connue, publiée fin juillet pour le mois de juin, donnait un PCE core à 3,3% sur un an. Toujours au-dessus de la cible de 2% fixée par la banque centrale. Un chiffre qui déçoit, et la piste d’une baisse de taux s’éloigne d’un cran. Un chiffre qui rassure, et le marché tient une excuse de plus pour prolonger le rebond entamé la semaine dernière.
Une lecture chaude deux jours avant Jackson Hole mettrait Kevin Warsh dans une position inconfortable dès sa première sortie publique. Difficile de vanter l’innovation financière en ouverture d’un cycle de baisse de taux si l’inflation refuse de coopérer.
Bitcoin suspendu au discours de Kevin Warsh à Jackson Hole
Deuxième étage, plus lointain mais tout aussi surveillé dans notre fusée. Le symposium de Jackson Hole s’ouvre jeudi dans le Wyoming, sur le thème « Financial Innovation: Implications for Payments and Policy » (l’innovation financière et ses implications pour les paiements et la politique monétaire).
Vendredi matin aux États-Unis, en tout début d’après-midi côté français (autour de 16h, heure française, selon l’horaire le plus cité), Kevin Warsh livrera donc son tout premier discours en tant que président de la Fed. Warsh a pris ses fonctions en mai. Sa priorité affichée reste de muscler la communication de l’institution avec les marchés, un chantier qui vaut bien un œil attentif sur chaque mot prononcé vendredi, pas seulement sur chaque chiffre publié aujourd’hui.
Sur le marché à terme Bitcoin, le levier a changé de visage
Autre signal qui mérite qu’on s’y arrête. Dernière étage de notre fusée. La structure même du marché a bougé sous le short squeeze des derniers jours.
La part de l’open interest (les positions ouvertes) Bitcoin adossée à du collatéral en cryptomonnaie plutôt qu’en stablecoin est tombée à environ 12% toutes plateformes confondues. Contre près de 100% en 2019-2020, selon une analyse de Decrypt. Les traders empruntent désormais en dollars pour parier sur Bitcoin, pas en bitcoin lui-même. Ça change la mécanique des liquidations en cascade qui ont rythmé le marché ces dernières années.
Mi-août, les futures Bitcoin pesaient environ 24 milliards de dollars sur un open interest crypto total de 48 à 51 milliards : près de la moitié du marché à terme repose encore sur du collatéral crypto natif, l’autre moitié a déjà basculé vers le dollar. Moins de collatéral volatil sur la table, c’est mécaniquement moins de liquidations en chaîne quand le cours tangue, un vrai changement de terrain par rapport aux purges à répétition de 2024 et 2025.
Deux catalyseurs à venir, une structure de marché qui se transforme en silence : la pause du jour n’a rien d’un simple entracte. Elle prolonge un changement structurel de l’open interest suivi de près depuis des mois par les acteurs du marché à terme. La prochaine secousse, qu’elle vienne de Washington ou du Wyoming, trouvera un carnet d’ordres différent de celui d’il y a un an.