Memecoin LIBRA : non-lieu pour Javier Milei, la justice argentine ne voit aucune escroquerie
Rideau sur LIBRA. « Si vous allez au casino et que vous perdez de l’argent, quelle est la réclamation ? » Javier Milei balayait ainsi les plaintes en février 2025. Vingt mois plus tard, la justice fédérale argentine lui donne raison et classe l’affaire du memecoin LIBRA sans le moindre procès.
Le non-lieu vise onze personnes, dont le président, sa sœur Karina et l’Américain Hayden Davis. La porte pénale se referme presque entièrement pour les acheteurs lessivés en quelques heures.
- La justice fédérale argentine a classé l’affaire du memecoin LIBRA sans procès, accordant un non-lieu à des personnalités comme le président Javier Milei et sa sœur Karina.
- Le juge a conclu à l’absence de manœuvre frauduleuse, malgré les pertes économiques subies par les investisseurs, considérant que celles-ci ne constituent pas un délit.
LIBRA classé pour « inexistence de délit »
Le juge fédéral Marcelo Martínez de Giorgi a rendu sa décision le vendredi 23 octobre 2026, d’après les pièces judiciaires consultées par Reuters. Il suit le procureur Eduardo Taiano, qui réclamait lui-même le non-lieu général.
Le raisonnement est simple. Une escroquerie suppose une manœuvre trompeuse, une erreur provoquée chez l’acheteur et un préjudice causé par ce mensonge. Or l’enquête n’a identifié aucune affirmation fausse précise ayant poussé les investisseurs à acheter, selon la résolution citée par Infobae.
Et le tweet présidentiel du 14 février 2025 ? Le juge admet que la position de Milei a pu donner au lancement « un impact plus grand ». Mais ces éléments « ne constituent pas, en eux-mêmes, un schéma frauduleux ».
Le magistrat ajoute une phrase que tout trader de memecoins devrait encadrer au-dessus de son écran : une perte économique n’équivaut pas, à elle seule, à un délit.
Le volet politique tombe avec le reste. Le bureau anticorruption argentin avait déjà conclu que le message était parti d’un compte personnel, sans ressources publiques. Aucun accord caché entre Milei et Davis n’a été retrouvé.
Karina Milei et Hayden Davis blanchis eux aussi
Le dossier de Karina Milei tenait à peu de chose. Le seul document direct est une autorisation d’entrée à la Casa Rosada accordée à Hayden Davis en juillet 2024.
Dans le téléphone du trader Mauricio Novelli, les enquêteurs avaient pourtant trouvé un projet d’accord non signé et une note intitulée « accord final », qui mentionnait un certain « H ». Pour le juge, ce document sans signature « est dépourvu de valeur documentaire ». Rien ne prouve qu’il ait été envoyé ni accepté.
Hayden Davis profite du même non-lieu. L’homme d’affaires américain se présentait comme « conseiller au lancement » du token. Il a reconnu détenir près de 100 millions de dollars après le krach, mais nie toute malversation.
Ce montant colle aux analyses on-chain de l’époque. Huit wallets liés au créateur avaient retiré environ 99 millions de dollars du marché de LIBRA. La chambre argentine des fintechs évoquait dès février 2025 un possible rug pull, cette technique où les développeurs gonflent le cours avec l’argent des acheteurs avant de vider leur position.
Memecoin LIBRA : qui peut encore faire appel
Pas le parquet. Eduardo Taiano ne va pas contester une décision qu’il a lui-même demandée.
Les investisseurs constitués parties civiles avaient été écartés de la procédure en cours de route. Leurs recours directs restent pendants devant la Cour fédérale de cassation, selon Infobae. Sans accusation autonome, le dossier part aux archives.
Côté américain, la piste s’est aussi refroidie. Un tribunal fédéral de New York a rejeté en septembre 2026 l’essentiel de la class action visant LIBRA et Kelsier Labs, la société de Hayden Davis.
À Buenos Aires, le camp présidentiel savoure. Milei a salué la décision sur X, et son conseiller Santiago Caputo a promis que l’affaire serait étudiée comme « la plus idiote de l’histoire ». L’opposition, de son côté, dénonce une « impunité totale ».
La justice avait pourtant demandé à accéder aux comptes de Javier Milei et de ses proches. Au bout du compte, aucun des onze mis en cause n’aura été convoqué pour une audition d’inculpé.