Un pirate affirme avoir récupéré 11 000 fiches de l’AMF : Ce que l’on sait
Une base revendiquée, un piratage non démontré. Un internaute affirme avoir diffusé plus de 11 000 enregistrements associés à l’Autorité des marchés financiers. Selon FrenchBreaches, un des spécialistes de ce genre d’affaires qui rapporte cette publication aujourd’hui, l’échantillon contient surtout des informations sur des fonds et des sociétés de gestion. Une partie de ces données étant normalement publique, leur diffusion ne prouve pas une intrusion dans les systèmes du régulateur.
Points clés
- Un acteur nommé « ChimeraZ » revendique la publication de 11 173 enregistrements liés au domaine de l’AMF.
- L’échantillon décrit principalement des produits financiers, leurs gestionnaires et leurs agréments.
- Les informations visibles pourraient provenir, au moins en partie, de la base publique GECO.
- Aucun élément présenté ne démontre une exposition des comptes ou des placements personnels des épargnants.
AMF : Plus de 11 000 fiches revendiquées sur un forum
D’après FrenchBreaches, la publication apparaît sur un forum sous le titre « [FR] 11K AMF-FRANCE.ORG ». Son auteur, qui utilise le pseudonyme ChimeraZ, annonce un fichier d’environ 49 Mo, contenant 11 173 enregistrements dans un format informatique structuré.
Ces chiffres restent ceux de la revendication. Ils ne correspondent pas nécessairement à autant de personnes, de sociétés ou de fonds distincts : plusieurs lignes peuvent décrire différentes composantes d’un même produit ou d’une même organisation.
L’extrait présenté porte notamment sur le fonds FORTITUDE, sa société de gestion SOGELYM DIXENCE INVESTMENT MANAGEMENT et le dépositaire CACEIS Bank. Il comprend des dénominations, des références réglementaires, des adresses de sièges sociaux, des identifiants d’entités et des dates de mise à jour.
En revanche, FrenchBreaches ne relève dans cet échantillon ni mots de passe, ni coordonnées bancaires personnelles, ni soldes ou transactions d’investisseurs particuliers. La présence du nom d’un fonds ne signifie donc pas que les informations de ses souscripteurs figurent dans le fichier.
La provenance exacte et le contenu intégral de la base restent à déterminer. Les éléments présentés ne suffisent pas à confirmer un accès à un système interne confidentiel de l’AMF. Mais le doute plane.

La base publique GECO constitue une explication possible
Un champ technique contenant la mention « affichageGeco » attire particulièrement l’attention. GECO est la base de consultation de l’AMF consacrée notamment aux produits de placement collectif et aux sociétés de gestion.
Son interface publique affiche déjà des noms, des numéros d’agrément, des adresses et des coordonnées professionnelles. Elle propose également une fonction d’exportation des sociétés de gestion. Le guide officiel décrit l’accès aux activités autorisées et aux produits gérés.
L’hypothèse d’une collecte automatisée d’informations publiques est donc plausible. Elle n’établit toutefois pas que chaque champ du fichier revendiqué était librement accessible. Une comparaison détaillée reste nécessaire pour identifier d’éventuelles informations non publiques.
Cette revendication s’inscrit dans un contexte de multiplication des alertes sur des fuites de données en France, touchant entreprises, associations et administrations. Leur accumulation renforce les inquiétudes sur la protection des informations collectées. Elle souligne aussi l’importance de vérifier chaque cas : intrusion informatique, exposition accidentelle et collecte de données publiques ne présentent ni les mêmes causes ni les mêmes conséquences pour les personnes concernées.