Kospi : Goldman Sachs taille 25 % dans son objectif, l’IA ne fait plus rêver Séoul
Volte-face à 3 000 points. Goldman Sachs ramène son objectif à douze mois pour le Kospi de 12 000 à 9 000 points moins de cinq mois après l’avoir relevé en pleine euphorie des puces. Lundi, l’indice de Séoul a terminé la séance sous les 5 500 points.
La banque américaine ne jette pas l’éponge et voit encore plus de 60 % de hausse possible d’ici un an. Le krach coréen du 15 octobre avait entraîné le bitcoin vers 80 000 dollars et il n’en a guère bougé depuis.
- Goldman Sachs a abaissé son objectif pour le Kospi de 12 000 à 9 000 points, après une précédente révision à la hausse en pleine euphorie des puces.
- La banque américaine estime que le marché coréen intègre des perspectives excessivement négatives, tout en anticipant une hausse potentielle de plus de 60 % d’ici un an.
Goldman Sachs efface la prime IA du Kospi
Retour au 3 juin. Goldman relève alors son objectif sur l’indice coréen à 12 000 points, pendant que Samsung Electronics et SK Hynix alignent les records. Le Kospi clôture le 22 juin à 9 114 points, son plus haut historique, puis abandonne près de 40 % jusqu’à vendredi soir (5 550,30 points), comme le montre le graphique ci-dessous.

La note du 25 octobre, cosignée par le stratège Timothy Moe, ramène l’objectif à son niveau d’avant ce relèvement. Petite ironie du calendrier, 9 000 points correspondent à peu de chose près au sommet de juin.
Goldman ne prophétise pas l’apocalypse. La banque estime que « le marché intègre des perspectives fondamentales exagérément négatives », selon le compte rendu publié par le Seoul Economic Daily. Les valorisations des fabricants de semi-conducteurs supposent à ses yeux une chute de 65 % de leurs bénéfices en 2027, un scénario qu’elle juge excessivement pessimiste.
Les chiffres donnent le tournis. Le Kospi se paie environ 4 fois les bénéfices attendus sur douze mois, et Bloomberg n’avait vu aucun des 18 grands marchés qu’il suit tomber aussi bas depuis 2006. Les valeurs hors mémoire, soit à peu près la moitié de l’indice, s’échangent à 7,6 fois leurs profits. La banque garde un faible pour l’énergie, l’industrie, les bénéficiaires de la réforme de la gouvernance et les entreprises portées par la culture pop coréenne.
Samsung et SK Hynix, juges de paix du Kospi cette semaine
Bénéfices records, cours en berne. Samsung a publié le 8 octobre un bénéfice opérationnel préliminaire de 107 400 milliards de wons pour le troisième trimestre, environ 20 % de plus qu’au deuxième. Son action restait pourtant vendredi soir 18,2 % sous son niveau du 1er septembre. SK Hynix accusait 25,4 % de retard sur la même période.
Le marché vend le haut du cycle de la mémoire avant qu’il ne se retourne. Et les rachats d’actions ne sont plus là pour amortir la chute, puisque SK Hynix a bouclé un programme de 40 000 milliards de wons et Samsung un autre de 15 000 milliards.
Réponse en milieu de semaine. SK Hynix publie ses comptes mercredi 28 octobre, Samsung Electronics jeudi 29. Les analystes attendent des deux groupes un bénéfice opérationnel cumulé de 184 400 milliards de wons (environ 139 milliards de dollars) selon le Korea JoongAng Daily.
La Bourse de Séoul n’a pas attendu le verdict. Ouvert en baisse de 0,92 % à 5 499 points, le Kospi est descendu jusqu’à 5 455 points en séance avant de clôturer lundi à 5 469,47 points, en recul de 1,46 %. Samsung Electronics a cédé 1,16 % à 213 000 wons, tandis que SK Hynix a fini quasi stable (+0,08 %) à deux jours de ses résultats.
De Séoul au bitcoin, la dette de l’IA donne le vertige
Le doute qui ronge Séoul vient des États-Unis. Goldman cite les interrogations sur la rentabilité des montagnes d’investissements engloutis dans les infrastructures d’IA, aggravées par la hausse des coûts de financement.
Elon Musk a mis des mots crus sur ce malaise ce week-end. Le patron de SpaceX a confirmé sur X avoir bouclé 40 milliards de dollars de dette pour acheter des processeurs graphiques. Il prévient que les marchés de la dette ont « presque entièrement fermé » le robinet aux sociétés qui n’ont guère de revenus en dehors des data centers IA. Plus de 200 « neoclouds » (des loueurs de puces Nvidia à la demande) vont selon lui disparaître ou se faire racheter.
Le bitcoin n’échappe pas au coup de froid. Il a touché samedi 79 100 dollars, son plus bas depuis cinq semaines, et s’échangeait autour de 80 000 dollars lundi vers 6h (heure de Paris) selon CoinGecko. La Fed tranche mercredi soir. Une nouvelle hausse de taux, que les marchés à terme jugent peu probable cette fois, renchérirait encore l’argent dont l’IA a tant besoin.
NH Investment & Securities table sur une fourchette de 5 100 à 6 400 points pour le Kospi cette semaine. Rejoindre les 9 000 points de Goldman suppose près de 65 % de hausse depuis la clôture de lundi, dans un pays qui compte près de deux comptes en Bourse par habitant.