Arnaque crypto à Hong Kong : Un faux amour, une fausse app et 3,3 millions de dollars évaporés
L’amour peut coûter cher. Une relation amoureuse en ligne, une fausse application de trading crypto et 800 % de bénéfices imaginaires. Une professionnelle de l’assurance âgée d’une cinquantaine d’années a perdu plus de 26 millions de dollars hongkongais, soit environ 3,3 millions de dollars, dans une escroquerie à l’investissement présentée comme liée aux cryptomonnaies. Il s’agit du plus lourd des 25 dossiers d’arnaques sentimentales recensés par la police de Hong Kong entre le 24 et le 30 juillet. Leur préjudice cumulé approche 70 millions de dollars hongkongais, soit 8,9 millions de dollars.
Points clés
- Une Hongkongaise de 50 ans a perdu 26 millions de dollars hongkongais (3,3 millions de dollars) en six mois, séduite en ligne puis orientée vers une fausse application de trading crypto
- L’essentiel des fonds est parti en espèces remises à des complices et en virements vers des comptes mules, les cryptomonnaies ne servant que de décor
- Les pertes liées aux cryptos ont atteint 11,4 milliards de dollars l’an dernier selon le FBI, plus de la moitié du préjudice cybercriminel total
- La SFC hongkongaise impose aux plateformes licenciées d’abandonner les mots de passe à usage unique sous douze mois au profit d’une authentification résistante au hameçonnage
Une romance fabriquée pour détourner 3,3 millions de dollars
L’affaire débute lorsqu’une connaissance présente à la victime une femme prétendument intéressée par la souscription d’une assurance. Celle-ci affirme ne pas maîtriser le sujet et la met en relation avec « Uncle », un homme disant travailler dans le commerce automobile.
Les échanges professionnels sur WhatsApp deviennent rapidement personnels. Présenté comme raffiné et attentionné, « Uncle » instaure une relation amoureuse avant de vanter ses compétences en matière d’investissement. Il recommande alors une application de trading crypto et présente à la victime un prétendu propriétaire de la plateforme, chargé de l’aider à gérer son portefeuille numérique.
Pendant environ six mois, la victime remet plus de 4 millions de dollars hongkongais en espèces à des complices dans différents quartiers de la ville. Elle effectue également plusieurs virements, pour près de 22 millions de dollars hongkongais, vers des comptes bancaires fournis par les escrocs.
L’application finit par afficher une plus-value supérieure à 800 %. Lorsque la victime demande à retirer son argent, l’opération est refusée. « Uncle », l’expert et leurs complices disparaissent alors simultanément.
Rien ne permet d’ailleurs d’affirmer que les fonds ont réellement été convertis en cryptomonnaies. L’essentiel de l’argent a circulé sous forme d’espèces et de virements bancaires : la crypto servait principalement de décor au faux investissement.

Sur fond de crypto, le « pig butchering » devient une industrie mondiale
Cette méthode appartient à la famille des escroqueries dites de « pig butchering ». Les criminels construisent progressivement une relation de confiance, affichent des profits fictifs puis s’emparent de sommes de plus en plus importantes.
Selon le rapport 2025 du FBI, les plaintes impliquant les cryptomonnaies ont représenté 11,37 milliards de dollars de pertes, sur un total de 20,88 milliards recensé par l’IC3. En avril 2026, une opération internationale a conduit à 276 arrestations et au démantèlement de neuf centres spécialisés dans les faux investissements crypto.
Hong Kong renforce parallèlement la sécurité des acteurs réglementés. La SFC leur donne jusqu’au 8 juillet 2027 pour remplacer les mots de passe à usage unique lors des connexions et de l’enregistrement des appareils par des passkeys ou des dispositifs liés cryptographiquement aux comptes.
Cette mesure peut limiter les prises de contrôle de comptes, mais pas une escroquerie fondée sur une relation fabriquée et une fausse plateforme. Le principal signal d’alerte reste l’association soudaine entre séduction en ligne, promesse de rendement exceptionnel et demande de paiement vers des comptes appartenant à des tiers. Drôle de monde où même l’amour devient suspect…