Crypto : le Brésil devance les États-Unis, la France hors du top 20
Le pays le plus crypto du monde parle portugais. Dans son indice 2026 d’adoption crypto par le grand public, publié le 23 septembre, Chainalysis classe le Brésil 1er, devant les États-Unis. Sur la même période, le marché a perdu la moitié de sa valeur, et l’activité crypto latino-américaine a progressé de 9,8 %. La crypto qui séduit la région ne bouge pas d’un centime.

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Le Brésil en tête, l’Allemagne seule européenne du top 20
L’indice « grassroots » de Chainalysis, qui mesure l’adoption de la crypto par le grand public, place le Brésil devant les États-Unis, le Nigeria, le Japon et la Corée du Sud. L’économie crypto brésilienne atteint 252,5 milliards de dollars entre juillet 2025 et juin 2026.
Le classement croise 4 critères : les flux vers les plateformes, les échanges entre particuliers, les transferts entre pays et les avoirs conservés on-chain. Le Brésil n’est 1er sur aucun d’eux, mais il figure dans le top 4 mondial sur chacun.
Le Mexique complète la présence latino-américaine, à la 11e place. Côté européen, l’Allemagne, 13e, est le seul pays de l’Union européenne dans le top 20. La France n’y figure pas.

Au Brésil, les wallets à 10 000 dollars en stablecoins ont bondi de 347 %
Depuis juillet 2024, le nombre de wallets brésiliens détenant au moins 10 000 dollars en stablecoins a progressé de 347 %. La hausse atteint 91 % au Mexique et 82 % en Argentine.

Au Mexique, 61 % des flux crypto passent par des stablecoins, soit plus de 47 milliards de dollars. Au Venezuela, des commerçants interrogés pour le rapport de Chainalysis disent recevoir près de 40 % de leurs revenus en USDT.
Chainalysis relie cette demande à des années d’inflation, de dépréciation des monnaies locales et d’accès limité au dollar. Depuis un smartphone, un stablecoin adossé au dollar donne accès à une monnaie plus stable que le peso ou le bolivar.
« La crypto, et les stablecoins en particulier, ont dépassé le stade des premiers adoptants pour devenir une composante à part entière du paysage financier latino-américain », observe Ben Reid, responsable stablecoins chez l’exchange mexicain Bitso.
Le marché divisé par deux, l’activité crypto quasi intacte
Le classement 2026 raconte une année à deux vitesses. La capitalisation du marché crypto a fondu d’environ 50 %, soit 2 100 milliards de dollars effacés.
L’activité on-chain mondiale a seulement reculé de 1,6 %, de 9 500 à 9 400 milliards de dollars. Les transferts de stablecoins entre pays ont même bondi de 77,5 %, de 124,2 à 220,3 milliards de dollars.
Pendant que les cours chutaient, les stablecoins ont fait circuler toujours plus de dollars d’un pays à l’autre.
Après l’adoption, l’étape du rendement
Le Brésilien qui garde 10 000 dollars en stablecoins a mis son épargne à l’abri des variations du real et du marché crypto. Un an plus tard, il a toujours 10 000 dollars, ni plus ni moins.
Ces mêmes stablecoins peuvent aussi être prêtés en DeFi, à des emprunteurs qui paient des intérêts pour les utiliser. Leur détenteur peut alors viser un rendement à deux chiffres, sans dépendre du cours des cryptos.
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Pendant que le Brésil épargne en stablecoins, la France attend toujours d’entrer dans le top 20.