SpaceXAI veut devenir SpaceXSI ? Elon Musk charmé par la « Super Intelligence » de Trump
Trois mois d’existence, et déjà un nouveau nom. Ce dimanche 4 octobre 2026, Elon Musk a confirmé sur X que SpaceXAI, la branche née de la disparition de xAI au profit de SpaceXAI, s’appellera bientôt SpaceXSI. Deux lettres changent. Elles arrivent tout droit de la Maison-Blanche, où Donald Trump a décidé que l’intelligence n’avait plus rien d’artificiel. Derrière le coup de peinture se trouve une entreprise cotée plus de 2 000 milliards de dollars, et un trésor en bitcoins dont on vous reparle plus bas.
- SpaceXAI va être renommée SpaceXSI, marquant un tournant inspiré par un décret de Donald Trump.
- SpaceXSI, valorisée à 2 160 milliards de dollars, illustre l’influence croissante de Musk et sa stratégie audacieuse sur les marchés.
SpaceXSI : Musk adopte la Super Intelligence en deux messages
La scène tient en deux publications. Dimanche, Musk poste sur X une formule lapidaire : « Plus d’IA. SI. C’est mieux. » Un abonné lui demande alors si SpaceXAI suivra le mouvement. Réponse du patron, traduite de l’anglais, « oui, nous ferons ce changement ». Spoiler alerte ici : Aucun calendrier n’accompagne la promesse.
Pour mesurer l’ironie, il faut remonter le fil. Le 2 février 2026, SpaceX avale xAI, le laboratoire qui développe le chatbot Grok, dans une opération en actions qui valorise la cible 250 milliards de dollars. En juillet, xAI disparaît au profit de SpaceXAI. Un mois plus tard, la nouvelle entité s’offre l’éditeur de code Cursor pour 60 milliards de dollars. Voici donc venir une troisième identité en huit mois. Les graphistes maison ne chôment pas.
Super Intelligence : ce que le décret de Trump change, et ce qu’il laisse intact
Tout part de New York. Le 22 septembre, à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump explique que le mot « artificielle » donne à cette technologie un air de toc, alors qu’elle n’a selon lui rien de faux. Une semaine plus tard, le 29 septembre, il signe un décret baptisé « Inaugurer l’ère de la Super Intelligence ». D’après la fiche publiée par la Maison-Blanche, les agences fédérales doivent désormais écrire « Super Intelligence » et « SI » dans leurs courriers, leurs communications publiques et leurs documents de politique. Le conseiller scientifique du président est chargé de proposer une définition fédérale du terme.
Le texte ne s’adresse qu’à l’administration. OpenAI, Google ou Nvidia restent libres de leur vocabulaire, et les lois déjà votées gardent le leur. Musk est donc volontaire. Petit détail gênant, les chercheurs emploient « superintelligence » depuis des années pour désigner une machine qui dépasserait l’humain dans tous les domaines, un stade qu’aucun modèle n’a atteint. Le public, lui, boude. Dans un sondage YouGov du 28 septembre mené auprès de 21 449 adultes, 53 % préfèrent « intelligence artificielle » et seuls 9 % des Américains choisissent la version présidentielle. Et la machine continue de tourner. Ce dimanche, Donald Trump a annoncé la création d’une « Super Intelligence Force », chargée de coordonner l’action fédérale après un accord signé à la Maison-Blanche par les géants du secteur, SpaceXAI compris.
SpaceXSI en Bourse : un changement de nom à 2 160 milliards de dollars
Les habitués des marchés crypto connaissent la musique. En décembre 2017, le vendeur de thé glacé Long Island Iced Tea s’est rebaptisé Long Blockchain, et son action a bondi de près de 300 % en séance avant une radiation du Nasdaq l’année suivante. Un mot à la mode peut-il encore déplacer des milliards ? Le cas présent diffère par l’échelle. SpaceX est entrée au Nasdaq le 12 juin 2026 sous le ticker SPCX en levant 75 milliards de dollars, un record. Le titre a clôturé à 158,96 dollars vendredi 2 octobre, ce qui valorise le groupe environ 2 160 milliards de dollars.
Sous l’étiquette, les comptes restent ceux d’une entreprise qui brûle du cash. Sur douze mois, le groupe affiche 23 milliards de dollars de revenus pour une perte nette de 8,9 milliards. En 2025, l’intelligence artificielle a absorbé 12,7 milliards de dollars d’investissements, soit 61 % des dépenses du groupe et plus de trois fois le budget du spatial comme celui de Starlink. Rebaptiser une filiale coûte quelques logos. Les puces de Grok, elles, se paient en milliards.
L’épisode dépasse la querelle de vocabulaire. En s’alignant en cinq jours sur un décret qui ne l’y obligeait pas, Musk affiche sa proximité avec Washington au moment où son groupe vaut plus de 2 000 milliards de dollars en Bourse. Les détenteurs de cryptos ont une raison de suivre le feuilleton, puisque SpaceX déclarait 18 712 bitcoins dans son dossier d’introduction en bourse. Prochaine échéance connue, la définition fédérale de la « Super Intelligence » est attendue sous 60 jours, soit avant la fin novembre 2026.