+500% en 24 heures : retour sur la plus grosse IPO chinoise depuis 2010
Battre le fer tant qu’il est chaud. Ce lundi 27 juillet 2026, ChangXin Memory Technologies (CXMT) a fait ses grands débuts sur le STAR Market de Shanghai, la bourse technologique chinoise. Résultat : une envolée de plus de 500% en une seule séance. Le fabricant de puces DRAM (mémoire vive dynamique, celle qui équipe aussi bien un smartphone qu’un serveur d’IA) rejoint d’un coup le club très fermé des géants technologiques les mieux valorisés au monde, porté par une ruée que même les puces d’IA de Nvidia n’avaient pas connue à leurs débuts.
- CXMT a fait une entrée spectaculaire sur le STAR Market de Shanghai avec une hausse de plus de 500% en une seule séance, devenant l’entreprise la mieux valorisée du marché chinois.
- L’augmentation exceptionnelle de la demande de puces mémoire, exacerbée par la course aux data centers d’IA, a propulsé CXMT au rang de champion national stratégique pour la Chine dans le domaine des semiconducteurs.
Une IPO XXL qui rebat les cartes du marché chinois
Basée à Hefei, CXMT a fixé le prix de son introduction à 8,66 yuans par action. Selon CNBC, l’entreprise a ainsi levé 57,92 milliards de yuans, soit environ 8,6 milliards de dollars. De quoi en faire la plus grosse levée de fonds en Chine continentale depuis 2010, et la plus grosse d’Asie sur l’année 2026. À la clôture, le titre culminait autour de 52 yuans. Six fois son prix d’introduction. La capitalisation de l’entreprise avoisine désormais 3,3 à 3,5 trillions de yuans, soit environ 489 milliards de dollars selon le South China Morning Post.
CXMT devient ainsi, du jour au lendemain, l’entreprise cotée la mieux valorisée de tout le marché chinois. Pas mal pour un acteur qui ne détenait encore, fin 2025, que 7,67% du marché mondial du DRAM.
La mémoire, nerf de la guerre de l’intelligence artificielle
Pourquoi un tel emballement ? Parce que la demande de puces mémoire a explosé avec la course aux data centers d’IA, et que l’offre, elle, ne suit pas. Les fondeurs arbitrent leur production en faveur des GPU et des puces IA les plus rentables, laissant le reste du marché à sec. CXMT compte utiliser l’essentiel des fonds levés pour produire en masse ses wafers mémoire, littéralement les tranches de silicium qui donnent naissance aux puces une fois découpées et gravées.
Une façon de répondre à une demande qui dépasse largement les capacités de production disponibles. Pékin ne s’y trompe pas non plus : disposer d’un champion national du DRAM, c’est une carte de plus dans le bras de fer technologique avec Washington sur les semiconducteurs.
Une bulle mémoire qui n’a pas fini de gonfler
Reste que ce genre d’envolée à trois chiffres en une séance a de quoi faire tiquer n’importe quel investisseur qui a déjà vu une bulle se dégonfler. CXMT n’est pas un cas isolé. Le secteur mondial des puces mémoire pèse désormais 4 100 milliards de dollars, un chiffre qui donne le vertige à lui seul. Sauf que la Chine joue sa propre partition, coupée en grande partie de l’écosystème occidental par les restrictions à l’export américaines. CXMT n’a donc pas vraiment le choix : elle doit grandir vite, quitte à afficher des multiples de valorisation qui feraient blêmir n’importe quel analyste de Wall Street.
L’appétit pour les IPO technologiques chinoises ne se limite d’ailleurs pas aux puces. DeepSeek prépare elle aussi son entrée en bourse, avec une valorisation visée à 50 milliards de dollars. Deux signaux qui pointent dans la même direction : Pékin veut ses propres champions cotés de l’intelligence artificielle, du silicium jusqu’au modèle, sans dépendre ni des marchés américains, ni de la technologie taïwanaise ou sud-coréenne.