Bitcoin sous pression : Les obligations américaines deviennent son nouveau rival
L’épreuve du feu. Après son décrochage sous les 58 000 dollars début juillet, Bitcoin a rebondi vers 65 500 dollars. Mais un obstacle inédit se dresse devant les acheteurs : les obligations américaines protégées contre l’inflation offrent désormais un rendement réel proche de 3 %. Pour la première fois de son histoire, le BTC doit défendre son statut de réserve de valeur face à un placement souverain aussi rémunérateur.
Points clés
- Le rendement réel des TIPS américains à 30 ans approche 3 %, un sommet inédit depuis environ 17 ans.
- Bitcoin consolide autour de 65 500 dollars après son rebond de juillet.
- Les ETF Bitcoin spot ont attiré près d’un milliard de dollars en sept séances consécutives.
- Les tensions pétrolières et les taux élevés pourraient favoriser une rotation vers les obligations.
Près de 3 % au-dessus de l’inflation : Le nouveau rival de Bitcoin
Le véritable test ne se situe pas uniquement sous la résistance des 67 000 ou 68 000 dollars. Il vient du marché obligataire. Le rendement réel des TIPS américains à 30 ans – des obligations dont le principal évolue avec l’inflation – approche désormais 3 %, son plus haut niveau depuis environ 17 ans. Les données de la Réserve fédérale de Saint-Louis le situaient autour de 2,9 % à la mi-juillet.
Pour les investisseurs de long terme, la proposition est difficile à ignorer : préserver son capital contre l’inflation tout en percevant un rendement réel, avec la garantie de crédit du gouvernement américain. Bitcoin, comme l’or, ne verse aucun revenu. Lorsque les rendements réels montent, le coût d’opportunité lié à sa détention augmente mécaniquement.
La comparaison doit toutefois être nuancée. Une obligation à 30 ans reste exposée aux variations de taux si elle est revendue avant son échéance. Bitcoin offre de son côté une liquidité permanente, une offre plafonnée et un potentiel d’appréciation bien supérieur, au prix d’une volatilité autrement plus brutale.
Et le pétrole renforce encore la pression. Sa remontée, alimentée par les tensions entre les États-Unis et l’Iran, ravive les anticipations d’inflation et pourrait maintenir les taux américains à un niveau élevé. Dans ce contexte, une rotation des valeurs technologiques et des actifs risqués vers les obligations provoquerait probablement un regain de volatilité sur le marché crypto.

Les ETF Bitcoin tiennent encore la ligne
Pour l’instant, les investisseurs institutionnels ne désertent pas. Les ETF Bitcoin spot américains ont enregistré sept séances consécutives de collecte positive, pour environ 981 millions de dollars d’entrées cumulées. Cette demande contribue à maintenir le cours autour de 65 000 dollars malgré la concurrence accrue du marché obligataire.
Le signal reste encourageant, mais ne suffit pas encore à valider un retournement durable. Bitcoin consolide sous les 67 000 dollars, dans des volumes estivaux réduits, après deux mois marqués par d’importantes sorties des ETF. Le rebond repose donc encore largement sur la capacité de ces fonds à prolonger leur collecte.
Le déclin annoncé de BitMEX, qui fermera en septembre, illustre parallèlement la transformation du secteur. L’ancien géant des produits dérivés laisse derrière lui un marché plus institutionnalisé, dominé par les ETF, les grandes plateformes et les acteurs réglementés.
Bitcoin résiste donc mieux que ne le laisserait penser l’environnement macroéconomique. Mais le prochain test ne ressemble pas aux précédents : il ne s’agit plus seulement de survivre à une faillite crypto ou d’attendre un halving. Le BTC doit désormais convaincre face à une dette américaine qui protège de l’inflation tout en rapportant près de 3 % par an en termes réels.